Chronique des matières premières

Nouveau revers des gaz de schiste en Pologne

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Un forage de gaz de schiste dans le village de Grzebowilk, dans l'est de la Pologne.
Un forage de gaz de schiste dans le village de Grzebowilk, dans l'est de la Pologne. AFP/JANEK SKARZYNSKI

La compagnie américaine Chevron stoppe l'exploration des gaz de schiste en Pologne. Décevants dans ce pays, les gaz de schiste connaissent pourtant un regain d'intérêt, de l'Europe au Maghreb et au Moyen-Orient.

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Les gaz de schiste enregistrent un nouveau revers en Pologne, avec le départ de Chevron. Contraint comme toutes les majors à tailler dans ses dépenses, depuis la chute des prix du pétrole, le géant américain estime que le gaz de schiste polonais n'est plus prioritaire, parce que pas assez rentable.

Les autorités de Varsovie, trop pressées de s'affranchir du gaz russe, ont « survendu » les réserves polonaises, non seulement moins abondantes que prévu mais difficiles d'accès : la roche-mère en Pologne est très meuble, fracturer le sous-sol c'est aussi difficile que de casser une balle de mousse, résume l'IFP-En !

Les gaz de schiste n'en connaissent pas moins un regain d'intérêt en Europe : la Grande-Bretagne vient d'aménager un cadre fiscal très favorable à cette énergie, qui pourrait prendre le relais du gaz conventionnel de la mer du Nord, en déclin. L'Espagne veut aussi en produire et l'Allemagne relance le débat : une commission parlementaire doit évaluer l'impact sur l'environnement dans les six mois qui viennent. C'est toujours l'interdiction de la fracturation hydraulique qui prévaut en Bulgarie et en France, mais l'Union française de l'industrie pétrolière n'a pas renoncé aux réserves du Bassin parisien, elle lancera dans quelques jours un Centre des hydrocarbures non conventionnels.

Au Maghreb et au Moyen-Orient, les projets d'explorer les gaz de schiste n'ont pas été découragés par la chute des cours. Au contraire. L'Algérie souhaite compenser la baisse des revenus au m3 par une augmentation des volumes par euro investi. Quant à l'Arabie saoudite, elle souhaite exploiter le gaz de schiste à sa frontière nord pour répondre à la demande insatiable d'électricité. Pour l'instant les Saoudiens consacrent 600 000 barils de pétrole par jour, soit 5 à 10 % de leur production totale rien que pour dessaler l'eau de mer.

 

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