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Aujourd'hui l'économie

Le commerce extérieur ralentit sauf en Allemagne

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Des conteneurs sur le port d'Hambourg, en Allemagne. L'excédent du commerce extérieur allemand atteint des records et s'élève à 217 milliards d'euros pour l'année 2014.
Des conteneurs sur le port d'Hambourg, en Allemagne. L'excédent du commerce extérieur allemand atteint des records et s'élève à 217 milliards d'euros pour l'année 2014. Getty Images/Jorg Greuel

Nouveau record pour le commerce extérieur allemand. En 2014 l'excédent s'est élevé à 217 milliards d'euros, du jamais vu selon l'Office fédéral des statistiques.

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Une nouvelle fois, l'Allemagne confirme son excellence commerciale et cela au moment où les échanges mondiaux donnent des signes de faiblesse. Revenons d'abord à l'exception allemande : l'année dernière ses exportations ont augmenté à un niveau historique, ses importations elles ont progressé, mais plus lentement, d'où ce solde record. Cette insolente santé du commerce extérieur allemand reflète la solidité structurelle de l'économie. En Allemagne l'industrie conserve un poids constant dans le produit intérieur brut depuis 2000 alors qu'elle s'érode dans la plupart des autres pays européens. C'est un pays qui continue à créer des emplois industriels quand l'Espagne, l'Italie et la France en détruisent toujours plus. Ces divergences se retrouvent dans la balance commerciale.

La France se réjouit cette année d'avoir réduit son déficit, mais c'est encore un déficit, et sa diminution est trompeuse, c'est surtout la baisse du pétrole qui allège la facture des importations et par conséquent abaisse le déficit, car les exportations françaises, progressent péniblement. Autre exemple de ratés dans le commerce extérieur, le Royaume-Uni où David Cameron plastronne avec une croissance à 2,6 %. Le déficit de la balance commerciale s'est aggravé, et cela, là encore à cause de la défaillance de l'industrie.

Ce ralentissement de l'industrie concerne-t-il d'autres pays ?

C'est un phénomène global. Depuis 2007 la production industrielle progresse moins vite que le produit intérieur mondial, cette perte de vitesse se répercute dans les échanges de marchandises. Le ralentissement des échanges, ce que certains appellent déjà la « démondialisation », s'explique aussi par la baisse générale de la demande, celle de la zone euro encalminée dans l'anémie depuis la crise financière. Et celle des deux grands acteurs du commerce, les États-Unis et la Chine.

Ces deux pays sont en phase de repli, les États-Unis grâce à la prospérité et la compétitivité retrouvées. La Chine parce qu'elle accomplit sa bascule vers la demande intérieure. Les derniers chiffres du commerce extérieur chinois affolent d'ailleurs les marchés aujourd'hui. En janvier les exportations ont légèrement reculé et les importations ont carrément chuté de 20 %.

Dans les pays déficitaires quelles sont les pistes pour redresser le commerce extérieur ?

D'abord en prospectant les pays où la demande est forte, c'est-à-dire dans les pays émergents. L'Allemagne, les États-Unis et surtout le Japon exportent au moins à hauteur de 10 % vers les BRICS. Ensuite en revoyant l'accompagnement des entreprises exportatrices. Pour percer dans ces pays, il faut proposer un financement intéressant. On le voit en ce moment avec le contrat des rafales que Dassault pourrait signer avec l’Égypte, ce que demande Le Caire ce sont des garanties sur le financement. Avec le lancement d'une nouvelle banque d'exportation annoncée vendredi lors du forum France-Afrique, Paris se dote d'un instrument à même de l'aider dans la conclusion des grands contrats internationaux. Quant à réduire le différentiel avec l'Allemagne, c'est une autre affaire. Un changement qui relève plus d'une politique européenne que nationale.


♦ En bref dans l'actualité économique :

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