Chronique des matières premières

Etats-Unis: à qui profite la baisse du prix du baril de pétrole ?

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Prix de l'essence à la pompe, dans le Colorado, en décembre 2014.
Prix de l'essence à la pompe, dans le Colorado, en décembre 2014. REUTERS/Rick Wilking

Le prix du baril de pétrole a perdu 50 % de sa valeur, pour arriver aujourd’hui sur le marché autour de 50 $. Aux Etats-Unis, l’économie ne s’est pas aussi bien portée depuis la crise de 2008, la croissance a atteint 5 % en 2014, et la baisse du prix du baril fait partie des facteurs dopants. Mais cette situation n’est pas bonne pour tout le monde…

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Aux États-Unis, les bénéfices sont visibles. Le prix à la pompe a été divisé par 2 dans certains états, entrainant une augmentation de la consommation, on hésite moins à faire le plein de son réservoir pour parcourir de longues distances. Les ventes de grosses cylindrées étaient en hausse l’an dernier de 8 à 13 % selon les marques, et les concessionnaires automobiles s’attendent à une année record pour 2015. Le budget chauffage des familles a fondu, l’industrie produit à bas cout. Les instituts estiment à près de 800 $ par famille, les économies réalisées. Des économies qui dopent la consommation.

Quant aux compagnies aériennes, elles engrangent les bénéfices. Le poste carburant représente 20 à 40 % de leur budget. Cette manne n’a pas encore fait baisser le prix des billets d’avion, les compagnies remettent leurs comptes au vert et redistribuent aux actionnaires.

Dans certains secteurs de l’économie américaine au contraire, on voit avec inquiétude le prix du baril chuter. Des états comme le Texas et le Dakota du Nord en subissent déjà les effets. Le Dakota où l’extraction du pétrole issu des sables bitumineux revient à 70 $ par baril, la production n’est pas rentable lorsque ce même baril est sur le marché à 50 $. On se donne le temps de réfléchir, mais le risque de licenciement est là.

Dans le golfe du Mexique, l’économie est plus diverse, un taux de chômage à 2,5 % au Texas fait dire aux opérateurs qu’ils se sortiront de cette crise, mais par ricochet c’est toute l’économie de la région qui peut être touchée. En Alaska enfin, le budget de l’état dépend à 90 % des taxes pétrolières. Lorsque les revenus de l’État sont divisés par deux c’est une catastrophe. Le gouverneur, récemment élu, revoit sa copie. Le facteur qui peut permettre à l’Alaska de s’en sortir est la bonne gestion des années précédentes. Un fonds pétrolier a été créé, 14 milliards d’économies qui vont permettre de réfléchir plus sereinement.

Les écologistes tentent de se faire entendre dans ce débat, ils estiment que l’administration américaine, et les grandes compagnies sont responsables de cette chute du prix du baril de pétrole, notamment par la course vers l’indépendance énergétique, et par un refus de ralentir la production. Car un pétrole moins cher, et une plus grande consommation, c’est certes bon pour la plupart des secteurs de l’économie, mais sans doute pas pour l’environnement, c’est un serpent qui se mord la queue.

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