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Aujourd'hui l'économie

Les banques sont-elles incorrigibles?

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Malgré les accusations qui se multiplient depuis 2008, les scandales bancaires perdurent.
Malgré les accusations qui se multiplient depuis 2008, les scandales bancaires perdurent. REUTERS/Pierre Albouy

L'évasion fiscale à grande échelle pratiquée par la banque HSBC en faveur de ses clients s'ajoute à la longue liste des crimes et délits commis par les banquiers. Depuis 2008, les accusations se multiplient, mais les comportements perdurent.

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Accusés en 2008 d'avoir fermé les yeux sur les subprimes, des prêts à risque, et d'avoir ainsi précipité l'économie mondiale dans une crise dont elle n'est pas encore tout à fait remise, les banquiers ont promis de s'amender, d'améliorer la gouvernance, et pourtant depuis, les affaires mes concernant semblent au contraire se multiplier. Il y a eu le scandale du Libor, c'est-à-dire la manipulation du taux directeur déterminant le loyer de l'argent sur le marché européen, puis la manipulation des taux de change impliquant plusieurs établissements. Sans parler des traders voyous ou des poursuites menées par les États contre certaines banques.

La Française BNP Paribas a été ainsi accusée et sanctionnée par la justice américaine. HSBC a également été reconnue coupable de blanchiment d'argent de la drogue au Mexique et en Colombie. L'émergence de ces affaires devant la justice, grâce aux lanceurs d'alerte et à la presse démontrent qu'il y a une volonté d'en finir avec ces dérives, mais aussi que la répression ne marche pas.

Les sanctions sont insuffisantes ?

Les poursuites engagées contre les personnes font grand bruit, mais les peines prononcées sont assez rares et ne concernent au final qu'une poignée d'accusés très médiatisés. Quant aux amendes payées aux États-Unis pour éviter des procédures au pénal, leurs montants sont de plus en plus exorbitants. Au regard des profits des banques, c'est presque négligeable. Un exemple avec l'amende de 1 milliard 900 millions de dollars versée par HSBC dans l'affaire de blanchiment d'argent de la drogue. Cela représente un dixième de son bénéfice pour l'année 2012, autant dire que la banque a payé sans barguigner.

Le risque de sanctions financières est même intégré dans l'évaluation des établissements, comme si cette éventualité n'était qu'un mauvais moment à passer. Avant de punir, les Pays-Bas ont choisi de prévenir en obligeant les cadres dirigeants ainsi que les employés du secteur bancaire à prêter serment sur la bible. Une mesure en vigueur depuis une année. En cas de délit, les contrevenants s'exposent à de très lourdes sanctions.

La déontologie serait la planche de salut pour en finir avec les déviances des banques ?

Rien n'est moins sûr. Là encore l'exemple d'HSBC est à méditer. L'ex-dirigeant de la banque, Stephen Green, en poste au moment du SwissLeak, est aussi un vertueux pasteur, féru de bonne gouvernance. La commission parlementaire britannique chargée des comptes publics a d'ailleurs exprimé le souhait de l'entendre. Il a publié en 2009 un ouvrage remarqué intitulé Valeur sûre: réflexions sur l'argent et la morale dans un monde incertain. Peut-être que la valeur sûre qui guide les banquiers et les pousse à chercher le profit à n'importe quel prix, c'est celle qu'escomptent leurs actionnaires. Pour échapper à cette contrainte, la solution serait la nationalisation prônent les partis de gauche comme Syriza ou Die Linke en Allemagne. Les gouvernements, eux, semblent de plus en plus déterminés à sévir, parce qu'avec cette affaire d'évasion fiscale à grande échelle, c'est la survie des États qui est en jeu.
 


♦ En bref dans l'actualité économique :

Les grands vins de Bordeaux ont à nouveau la cote

Après plusieurs années de déclin, les prix sont remontés au niveau de 2010 selon l'indice Bordeaux qui suit les cours des grands crus. L'offre surabondante qui avait fait chuter les marchés a été absorbée et la demande est repartie de plus belle, notamment des collectionneurs, voire de spéculateurs, basés à Hong Kong.

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