Revue de presse française

A la Une: Grèce: que va faire Tsipras ?

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AFP

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Alexis Tsipras « provoquera-t-il la rupture ? », se demande Le Journal du Dimanche. Etant rappelé qu’avant-hier, le nouveau gouvernement grec et les dirigeants de la zone euro ont annoncé un compromis financier de quatre mois seulement et que demain, Athènes, qui a ainsi gagné du temps, doit annoncer un plan de réforme, la presse, à bon droit, peut en effet se demander ce que va faire le Premier ministre grec.

« Provoquera-t-il la rupture ? », se demande Le Journal du Dimanche. Sans vouloir aller trop vite en besogne, l’hebdomadaire note qu’à Athènes, « l’idée d’un référendum affleure si les négociations à venir sur la dette devaient échouer ».

Un référendum ? Compte tenu de l’immense popularité dont jouit en son pays le nouveau gouvernement grec, cette hypothèse à haut risque est à présent posée.

Pendant ce temps, que fait la France de François Hollande pour aider le gouvernement grec, pourtant porté au pouvoir par la volonté du peuple au pays berceau de la démocratie ? Et bien justement pas grand-chose, regrette Politis, qui compare François Hollande à Ponce Pilate, procurateur de Jérusalem. Lequel, rappelons-le, entérina, selon les Ecritures, la condamnation à mort du Christ en s’en lavant les mains.

Pour l’hebdomadaire d’extrême-gauche, le président français est un « Ponce Pilate contemporain installé à l’Elysée par la nouvelle Rome sise à Bruxelles, [et qui] se contente de rappeler que le vote des Grecs doit être entendu, mais que les règles européennes doivent aussi être respectées » !

Macron : victoire à la Pyrrhus

Il faut dire que François Hollande, cette semaine, avait beaucoup à faire pour l’adoption laborieuse de la loi Macron. Adoption aux forceps via l’article 49-3 de la Constitution, qui va laisser des traces dans la majorité. Manuel Valls est « passé en force », regrette Marianne, c’est tout à la fois un « aveu de faiblesse » et un « acte d’autorité ».

Mais le journal en rend aussi responsables les « frondeurs » du Parti socialiste, dont l’attitude « à contre courant de l’opinion publique a quelque chose de suicidaire », énonce-t-il. Commentaire de Marianne : « Si le gouvernement n’a plus guère de majorité au Parlement, le Parlement n’a plus guère de majorité dans le pays ». Pour le Parti socialiste, en tout cas, « l’avenir se dessine dans le passé », formule l’hebdomadaire.

Tout ça pour ça, soupire, en évoquant l’adoption en force de la loi Macron Le Figaro Magazine. Comme aurait pu dire Shakespeare, ce fut «beaucoup de bruit pour [presque] rien », lance Le Fig Mag.

Que va faire à présent Emmanuel Macron ? Ce matin, dans Le Journal du Dimanche, l’intéressé relance la boule. « De nouvelles réformes sociales arrivent », annonce le ministre de l’Economie. Sans préciser lesquelles.

Tapie : rendez l’argent !

Semaine exécrable également pour Bernard Tapie. La justice a annulé l’arbitrage en sa faveur qui lui avait valu 400 millions d’euros. La vente du groupe Adidas par la banque Crédit Lyonnais avait tourné à l’aubaine pour l’homme d’affaires et ancien ministre français. Mais la justice annule tout. Et Bernard Tapie est « bel est bien KO. KO debout. Sonné. Comme un boxeur étendu sur le ring », constate Le Journal du Dimanche. Alors, que va-t-il faire ? Un tapis à terre, quoi de plus logique ?! Mais un expert le martèle dans le JDD. « Une indemnité annulée, il faut la restituer ».

Copenhague : positions démissionnaires

Les hebdomadaires reviennent bien sûr longuement sur le double attentat de Copenhague il y a pile une semaine. Pour mieux défendre la liberté d’expression. Et parmi eux, deux magazines dénoncent les voix dissonantes dans le concert de réactions ayant suivi les attentats de Paris, le fameux « esprit du 11-Janvier » et le non moins fameux « Je suis Charlie ». Car le double attentat de Copenhague est venu interpeller les consciences.

« Dans le café de Copenhague, remarque ainsi L’Obs, Inna Shevchenko, la porte-parole des Femen, s’exprimait à la tribune : elle soulignait que lorsqu’on évoque les caricaturistes, on entend souvent "oui, il y a la liberté d’expression, mais…". Elle ajoutait : « Pourquoi y a-t-il toujours un "mais" ? C’est à ce moment précis que les détonations ont éclaté et que le débat a cessé ».

Mais alors à qui sont ces voix dissonantes qui disaient « mais » après l’attentat contre Charlie Hebdo, qui sont celles qui, tout en dénonçant l’assassinat des caricaturistes français, trouvaient que Charlie Hebdo, sous leurs crayons et leurs feutres, avait poussé le trait un peu loin.

L’hebdomadaire Marianne en dresse l’inventaire. En commençant par Delfeil de Ton. Ici même, nous avions évoqué les réserves exprimées dans L’Obs par l’ancien collaborateur d’Hara Kiri et de Charlie Hebdo qui se demandait « quel besoin avait [Charb] d’entraîner l’équipe [de Charlie] dans la surenchère ».

Dénonçant les « positions démissionnaires », (entendez par là les positions non pas de résistance face à la barbarie, mais de démission), Marianne épingle aussi le Prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio, les écrivaines Virginie Despentes et Nancy Huston, les philosophes et sociologues Alain Badiou, Etienne Balibar et Emmanuel Todd ainsi que l’islamologue Tariq Ramadan. Non pas que tous ces grands esprits aient publiquement absous les tueurs de Charlie Hebdo, mais qu’en quelque sorte, le combat pour la défense de la liberté d’expression ne saurait supporter le débat. Comme le remarque L’Obs, « On ne débat pas avec une kalachnikov. »

Charlie Hebdo : la fin de l’innocence

Pendant ce temps, pour Charlie hebdo, l’heure est à son nouveau départ. Après son numéro exceptionnel post-attentats, l’hebdomadaire, mercredi prochain, va sortir son nouveau numéro. Pas si simple, constate « M », le magazine du journal Le Monde. « Encore occupée à panser ses plaies, l’équipe doit faire face à de multiples défis : convaincre de nouvelles plumes de rejoindre un journal sous menace constante, assumer la soudaine prospérité financière issue des ventes exceptionnelles du dernier numéro, gérer les conflits anciens qui affleurent. Le véritable « esprit Charlie », ce mélange d’impertinence, d’humour, d’engagement et d’insouciance, semble bien loin », souligne « M », car en venant assassiner l’équipe de Charlie, les frères Kouachi ont aussi « tué son innocence ».

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