Revue de presse Afrique

A la Une: FARDC contre FDLR

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Nord-Kivu, RDC, le 05 février 2015. Patrouille conjointe Monusco et FARDC dans la forêt de Kahumiro.
Nord-Kivu, RDC, le 05 février 2015. Patrouille conjointe Monusco et FARDC dans la forêt de Kahumiro. MONUSCO/Force

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Les FARDC, les Forces armées de la RDC, sont entrées en action hier contre les FDLR, les Forces démocratiques de libération du Rwanda, ces rebelles hutus rwandais présents dans l’est de la RDC depuis vingt ans et qui sont accusés par Kigali de crimes durant le génocide de 1994 contre les Tutsis.

« Tapies dans les forêts du Massissi ou les montagnes du Mulengue, relate le site d’information Guinée Conakry Infos, les FDLR comptent entre 1 500 et 2 000 hommes dans leurs rangs. Des miliciens armés et aguerris qui ne sont point des proies faciles. Officiellement, depuis environ une année, ces miliciens affirment à qui veut l’entendre qu’ils ont déjà déposé les armes, mais tous les observateurs sont unanimes pour dire qu’ils sont impliqués dans divers trafics d’or, de cassitérite, de bois et même de diamants, pensent certains. »

Alors, la RDC a donc décidé de passer à l’action… Mais ce sera long et difficile, et ce pour deux raisons, explique Guinée Conakry Infos. « Déclencher une traque contre ces hommes va exiger des forces congolaises de la détermination, et plus, une meilleure connaissance du terrain. Car les deux Kivu (Nord et Sud) sont des provinces couvertes de forêts, de volcans, de lacs, où la nature sauvage est souvent la première ennemie du soldat. »

Autre écueil : les FARDC ne pourront pas compter sur la logistique de la Monusco, la Mission des Nations unies au Congo. Pourquoi ? Eh bien parce que deux généraux congolais, Bruno Mandevu et Sikabwe Fall, sont suspectés par l’ONU de graves violations des droits de l’homme… Résultat, commente Guinée Conakry Infos : « On réalise plus objectivement que la partie ne sera pas une sinécure. Bien au contraire, ces opérations militaires contre les FDLR vont montrer les limites des souveraines ambitions congolaises. A moins d'un miracle militaire… »

Ingérence ?

La presse congolaise crie pour sa part à l’ingérence des Nations unies. Ainsi, dénonce L’Observateur à Kinshasa, « de fil en aiguille, de chantage en diktat, la Monusco clamait qu’elle conditionnait sa coopération avec les FARDC dans le dossier de la traque des FDLR en exigeant purement et simplement la mise à l’écart, dans la province du Nord-Kivu, des généraux Sikabwe Fall et Bruno Mandevu. Lorsqu’on veut avoir un exemple type d’ingérence, en voici un ! Qu’est-ce que la Monusco reprochait à ces deux généraux ? Des violations des droits humains, selon elle. » Faux, répond le quotidien kinois : « Ces accusations sont infondées. Et à aucun moment, les autorités congolaises n’ont été informées d’une quelconque liste noire. »

Agir avant qu’il ne soit trop tard

Autre combat, autre front : la lutte contre Boko Haram, aux confins du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Niger. La secte islamiste poursuit sa politique de la terreur, constate L’Observateur Paalga au Burkina : « Déflagration d’une bombe par-ci, explosion d’une jeune kamikaze par-là, Boko Haram semble avoir opté pour la tactique de la terre brûlée. Dernière folie meurtrière en date de la secte islamiste nigériane : la détonation survenue, hier mardi, dans une gare routière de la ville de Potiskum, dans le nord-est du pays. Bilan : au moins 17 personnes tuées et une trentaine de blessés. C’est à croire que, sentant venir la fin, le Chacal, ainsi que l’on nomme le chef du groupe jihadiste, a choisi de frapper dans le tas pour semer la terreur et la psychose dans tout le pays. »

Il faut « agir avant qu’il ne soit trop tard », s’exclame pour sa part le site Fasozine : « La force régionale de 8 700 hommes doit entrer en action (…). Il est simplement inadmissible et très inquiétant de constater que la secte d’Abubakar Shekau occupe officiellement environ 20 000 km² du territoire nigérian. Ses incursions meurtrières au Cameroun, au Tchad et au Niger sont autant de motivations supplémentaires pour déclencher cette guerre qui n’a que trop traîné. »

De son côté, « le Nigeria, concerné au premier chef, commence certes à se réveiller, mais il doit encore s’activer davantage, estime le quotidien Aujourd’hui, toujours au Burkina. Un changement d’attitude impératif dans la perspective de la présidentielle qui approche, car Boko Haram pourrait faire basculer les résultats de régions entières, notamment celles du Nord. »

Twitter coupé !

Enfin, le site d’information Afrik.com note que le réseau social Twitter a suspendu le compte de Boko Haram… Un compte qui « avait été ouvert le 1er février dernier et qui comptait quelque 5 000 abonnés à sa fermeture. Boko Haram avait posté sur son fil une vingtaine de tweets, rédigés en arabe et en anglais, ainsi qu’un message en français. Le groupe armé y avait notamment diffusé, le 17 février, une vidéo de son leader Abubakar Shekau, dans laquelle ce dernier promettait d’empêcher la tenue des élections présidentielle et législatives, le 28 mars, au Nigeria. »

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