Revue de presse française

A la Une : jusqu’où ira Poutine ?

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AFP

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Interrogation en première page du Parisien ce matin, après l’assassinat vendredi à Moscou de l’opposant Boris Nemtsov. « Ce meurtre jette un peu plus le trouble sur le pouvoir russe. Et renforce le malaise des Occidentaux face à son expansionnisme. » En effet, constate Le Parisien, « nous revoilà dans une confrontation Est-Ouest aux allures de guerre froide. Tous les ingrédients y sont : l’agitation diplomatique, les menaces, les bruits des bottes. Et même, avec la mort de Boris Nemtsov, l’assassinat des opposants politiques. »

Certes, rien n’accuse directement le leader du Kremlin. Mais, relève Libération, « même s’il n’avait pas commandité l’assassinat de l’opposant russe, Vladimir Poutine resterait responsable d’avoir encouragé l’hystérie patriotique qui prend pour cible les opposants. » En effet, analyse le journal, « jour après jour, la machine de propagande du pouvoir pourfend les adversaires de l’agression russe dans le Donbass ukrainien comme des traîtres et des agents de l’étranger, donc des ennemis à éliminer. Ce climat de licence de tuer explique l’acte des sicaires. »

Et finalement, on assiste à la « dérive d’un continent », selon l’expression du Figaro. « Après avoir nourri les régimes les plus brutaux, on a cru, soupire le journal, que ce géant si proche allait enfin s’apaiser, rentrer dans le rang de la mondialisation, y domestiquer ses démons. Les premières années du règne de Vladimir Poutine, déjà là depuis quinze ans, semblaient mener les Russes vers la prospérité économique et la démocratisation. Retournement de l’histoire, s’exclame Le Figaro. Vingt-cinq ans après la fin du communisme, une infime minorité s’est enrichie sans partage, par la vertu de ses connexions politiques. »

Et Le Figaro de continuer : « Après les manifestations anti-Poutine de l’hiver 2011, la démocratie a rétropédalé vers l’autoritarisme. Les médias sont purgés de toute voix dissidente, les opposants muselés, emprisonnés et parfois assassinés. Un nationalisme agressif porte le fer et la discorde dans les pays voisins - Géorgie, Moldavie, Ukraine - sans considération pour leur souveraineté. Le meurtre de Boris Nemtsov s’inscrit dans ce climat, constate encore Le Figaro. Rien ne permet d’accuser le régime ou ses affidés. Reste que l’ancien ministre défiait Poutine, dénonçait l’agression russe en Ukraine et avait exprimé son soutien à Charlie Hebdo. Dans la Russie d’aujourd’hui, chacun de ces crimes peut valoir quatre balles dans le dos. »

Ouvrons les yeux !

Alors, va-t-on se réveiller ?, s’interroge L’Opinion : « Le meurtre de Nemtsov, qui n’est que le dernier d’une longue série, révèle une image profondément préoccupante et attristante de la politique russe, une image qui devrait faire réfléchir tous ceux qui, chez nous, à droite comme à gauche, font preuve à l’égard de la Russie et de ses intérêts de sécurité d’une compréhension qui s’apparente parfois à une indulgence coupable. »

Sud Ouest précise : « Poutine promet une enquête, mais il n’y a que Marine Le Pen pour faire confiance à la justice russe (comme elle fait confiance aux banques de Moscou…) et pour ne pas voir que ladite enquête a été confiée aux services secrets. (…) Il faut au moins espérer, pointe Sud Ouest, que ce meurtre dessille enfin les yeux de ces dirigeants politiques, français et européens, de droite comme de gauche. Tous fascinés par le maitre du Kremlin et sa brutalité qu’ils prennent pour de la force, son agressivité qu’ils habillent de nostalgie, sa roublardise qui prospère sur leur naïveté. »

En attendant, constate La Voix du Nord, « Poutine semble chaque jour aller un peu plus loin. Et chaque jour, le reste du monde semble incapable d’arrêter son audace. Vladimir Poutine est maître chez lui et au-delà. L’assassinat de l'opposant Boris Nemtsov montre combien il est dangereux de s’opposer au " tsar ". Pour une démocratie, ce meurtre est insupportable. »

Hier, conclut Ouest France, « ils étaient des dizaines de milliers dans les rues de Moscou venus saluer la mémoire de Boris Nemtsov. La foule était minoritaire. Elle est venue dire néanmoins au pouvoir que, près du Kremlin, beaucoup espèrent encore en une autre Russie. Une Russie où les opposants, comme feue Anna Politkovskaïa et maintenant Boris Nemtsov, ne seraient plus condamnés à choisir entre l’exil, la prison ou la mort. »

Attention danger ?

Dans les journaux également ce matin… Longue interview dans Le Figaro de Nicolas Sarkozy. L’ancien président dénonce le bilan de François Hollande. « Il y a une politique alternative », dit-il, en défendant le rôle clé de l’entreprise et en prônant une réduction simultanée des dépenses publiques et des impôts.

Et puis à trois semaines des élections départementales, encore un sondage qui donne le FN gagnant. Sondage publié par Le Parisien. Le parti de Marine Le Pen recueille 33% des intentions de vote, loin devant l’UMP et l’UDI (27%) et le PS (19%).

Et Libération de prévenir : « Selon les projections les plus raisonnables, dans plus d’un millier de cantons, la gauche sera effacée d’emblée ; seuls le FN et l’UMP s’affronteront une semaine plus tard, comme dans un vaste 21-Avril réparti sur tout le territoire. Comment éviter ce désastreux effet de la division ? A question compliquée, réponse simple, répond Libération : en s’unissant, pardi ! Cette fois, il ne s’agit pas d’une incantation sympathique mais d’un cas de force majeure. La logique de fer des élections à deux tours mène irrésistiblement à une gauche dispersée, ventilée, éparpillée façon puzzle. Attention danger ! »

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