Revue de presse française

A la Une: le Front national en embuscade

Audio 06:42
AFP

Publicité

 

Après les récents sondages donnant le FN en tête aux prochaines cantonales, de nombreux journaux s’inquiètent ce matin de la poussée du parti de Marine Le Pen.

« D’abord, un constat, lance La Presse de la Manche : un grand nombre de Françaises et de Français ignorent que des élections dans toute la France vont avoir lieu les 22 et 29 mars. Elections cantonales donc. Pour le Front national, devenu un acteur important dans ce scrutin, il s’agit, tout à la fois, de gagner des sièges un peu partout, si possible quelques départements, mais surtout, en présentant le plus grand nombre de candidats, de totaliser un maximum de voix, pour obtenir un effet d’affichage et s’affirmer, comme aux Européennes, premier parti de France. Cela veut dire que ce sera un exercice démonstratif du passage au tripartisme, alors que par le passé, les scrutins se réduisaient à une opposition droite-gauche. »

Du coup, « petit à petit et de manière tout à fait insidieuse, les élections départementales sont en train de se transformer en une sorte de référendum clandestin sur le Front national, pointe L’Alsace. Tétanisés comme des lapins face à un boa, le PS et l’UMP concentrent leur campagne sur le danger du FN, oubliant propositions et explications sur cet événement. Les électeurs auraient pourtant bien besoin de connaître les enjeux du scrutin des 22 et 29 mars prochains. Les Départementales sont un mystère pour un tiers des jeunes électeurs alors qu’une majorité de Français concernés, quel que soit leur âge, ont décidé de bouder les urnes. La démocratie française aura rarement connu un tel désintérêt. »

Résultat, soupire L’Alsace, « tout semble désormais réuni pour faire de cette élection un record en matière d’abstention. À l’origine, il y a une réforme territoriale calamiteuse. Le redécoupage de la France et la naissance de méga régions, qui enlèveraient aux futurs conseils départementaux une partie de leurs prérogatives, rendent leur utilité aléatoire. Pour être clair, les Français craignent de voter pour ce qui risque de devenir une coquille vide. »

Sursaut ?

Comment contrer le FN ? « Aujourd’hui, les formations républicaines ont perdu leur crédibilité, constate L’Eclair des Pyrénées. PS, centristes et UMP se trompent de stratégie. Ils dénoncent le FN pour ce qu’il était, pas pour ce qu’il est devenu. La bonne réponse consisterait à élaborer un projet pour permettre à la France de retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi. Mais c’est précisément ce qu’ils sont incapables de produire. La montée en puissance de Marine Le Pen n’est certainement pas inéluctable. Encore faut-il que les partis traditionnels présentent à nos concitoyens un programme crédible de redressement. »

Enfin, L’Humanité veut encore croire à un sursaut de la gauche : « d’élections en élections, jouant à “cache-cache” avec ceux qui sèment le désespoir, le FN continue de faire illusion et parvient à capter une partie de la colère sociale. Mais les forces du progrès ne sont pas condamnées à attendre les bras ballants qu’une alliance des droites autoritaires n’arrive au pouvoir dans deux ans, estime le quotidien communiste. Le temps presse pour montrer au grand jour l’imposture et la schizophrénie du programme du FN, qui change au gré des impératifs démagogiques de sa présidente. L’imposture a assez duré. Les progressistes peuvent faire craquer le vernis social dont se pare l’héritière Le Pen, gardienne du temple financier et garante assumée d’une Ve République agonisante. »

Paralysie

Pour sa part, Le Figaro, dans la foulée des propos de Nicolas Sarkozy hier plaçant l’entreprise au cœur de son projet, Le Figaro lance un avertissement au gouvernement… « Vous avez dit confiance ? », s’exclame le quotidien d’opposition. Et bien, elle ne se décrète pas. « Les chefs d’entreprise sont des hommes comme les autres, pointe le journal : aux mots d’amour, ils préfèrent les preuves d’amour. Depuis la conversion sociale-démocrate présidentielle, et plus encore depuis l’arrivée de Manuel Valls puis d’Emmanuel Macron au gouvernement, il faut bien reconnaître que le discours à leur endroit a changé. Ceux que l’on considérait comme des profiteurs qu’il était urgent de surtaxer sont désormais propulsés aux avant-postes de la bataille pour la reconquête économique. Hors l’entreprise, découvre-t-on à la droite de la gauche, point de croissance et point d’emploi. »

Mais les « dérives typiquement françaises » sont toujours là, s’insurge Le Figaro : le compte-pénibilité ou encore la loi Hamon sur les cessions d’entreprises. Et avec ces freins, « c’est évidemment tout l’édifice de la confiance qui s’effondre, estime le journal. Privés de visibilité fiscale et réglementaire, flairant un nouveau piège dans chaque débat parlementaire, les chefs d’entreprise préfèrent s’abstenir d’investir et d’embaucher et se gardent de prendre le moindre risque. »

Très exposés !

Libération s’intéresse ce matin aux lanceurs d’alerte… Il s’agit d’employés, de salariés, de fonctionnaires, qui, par conviction, décident un jour de dénoncer des affaires de malversation financière, de corruption, de maltraitance… Evidemment, il y a les lanceurs d’alerte très connus, comme Edward Snowden qui a révélé des programmes de surveillance massive aux Etats-Unis. Il y a aussi Julian Assange et son site WikiLeaks. Mais il y a aussi de nombreux anonymes, pointe Libération, « qui dévoilent des informations jugées sensibles et qui se retrouvent souvent seuls et mal protégés. […] Leurs histoires se ressemblent. Un jour, pour des raisons très variées, et parfois après avoir été impliqués, ils se décident à l’ouvrir. Ils balancent. Certains se prennent un mur, parce qu’ils se sont confiés à la mauvaise personne ou qu’ils n’ont pas suffisamment de preuves. D’autres parviennent à faire éclater des scandales et changer le cours des choses, pour l’intérêt général. Mais ces Zorro d’un jour se retrouvent souvent seuls le lendemain. Sans boulot, quelque fois “grillés” dans leur secteur d’activité, et sur la paille. »

Libération donne plusieurs exemples, notamment celui de Nicole Marie Meyer, au service de l’Etat pendant vingt-six ans, qui a dénoncé en interne des soupçons de corruption au Quai d’Orsay : elle se retrouve mutée et pour finir, au chômage, son contrat n’étant pas renouvelé… « Jusqu’à cette audience, en mars 2007, où le juge lui donne raison. Elle commence à se reconstruire, s’engage à Transparency “pour faire d’un mal un bien” : ouvrir une maison des lanceurs d’alerte. »

Et il y a du boulot, car « en France, dénonce Libération, la procédure de protection des lanceurs d’alerte est complexe et incomplète. Elle se heurte à des réticences, notamment le respect du droit des affaires, rempart pratique pour la délinquance en col blanc. Alors que ce devoir d’alerte ‑ auquel n’importe quel salarié peut être confronté ‑ ne souffre pas d’exception, pointe le journal : à l’image de la liberté d’expression, le “oui, mais” n’existe pas. »

Beau oui, comme Bowie…

Enfin l’expo Bowie débarque à Paris… Le Figaro lui consacre une pleine page. « Dévoilée à Londres en mars 2013, l’exposition David Bowie ouvre ce mardi à la Philharmonie de Paris, dans un espace dédié du bâtiment de Jean Nouvel, après avoir été montée à Toronto, Sao Paulo, Berlin et Chicago. » Costumes de scène, écrits, peintures, vidéos mais aussi et surtout beaucoup de décibels ! « L’exposition s’achève dans un déluge de musique, relève en effet Le Figaro. Large de 90 mètres carrés, dans un montage qui rassemble quelques-unes de ses prestations les plus marquantes, la dernière salle permet de retrouver l’énergie des concerts du grand David Bowie. »

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail