Revue de presse Afrique

A la Une: un revers pour Boko Haram

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Encore une cinglante débâcle pour la secte islamiste Boko Haram, s’exclameLa Nouvelle Tribune au Bénin. Pourchassée désormais dans ses derniers retranchements, la secte terroriste nigériane a été surprise par une offensive de l’armée tchadienne qui a pu reprendre la ville de Dikwa dans le nord-est du Nigeria. […] Il s’agit d’une grande victoire qui donne raison au président tchadien Idriss Deby qui déclarait récemment : “Boko Haram fuit, il n’est plus le même qu’en janvier” ».

« Beaucoup les croyaient vraiment invincibles, ces terroristes jihadistes de Boko Haram, pointe le site Guinée Conakry Infos. Ceux qui sèment terreur et désolation, blessés et morts, partout où ils pénètrent. Des femmes kamikazes et des fillettes devenues bombes humaines, l’horreur en somme jonche leurs parcours criminels et sanglants. Les soldats nigérians les fuyant, ou trichant avec eux, avaient fini par amplifier leur légende de forces brutales et de prédateurs invétérés. Mais, voilà que les militaires tchadiens, relève le site guinéen, les démythifient en enchainant les victoires qui sonnent comme la fin prochaine de Boko Haram. Dernière en date, celle de Dikwa… […] En occupant cette localité, point névralgique pour Boko Haram, après plusieurs heures d’intenses combats, les Tchadiens démontrent pleinement leurs capacités combatives. Ils se montrent à la hauteur du “boulot”. Et en enchaînant les victoires de Gamburu et de Dikwa, l’armée tchadienne prouve qu’elle est désormais le fer de lance de la coalition pour la reconquête des territoires sous domination “haram”. Cette guerre asymétrique ne sera certes pas facile, mais l’élan pris est rassurant quant à la victoire finale. »

Le quotidien Aujourd’hui, au Burkina, affiche également sa confiance : « la reprise de cette ville par l’armée d’Idriss Deby est un signe patent qu’on peut vaincre l’hydre à plusieurs têtes, pour peu que les 8 700 hommes de la force multinationale soient aussi compétents que ces Tchadiens-là. On attend en tout cas, des Nigériens, des Camerounais, des Nigérians, et peut-être des Burkinabè, notamment avec le Régiment de sécurité présidentielle, l’ex-garde prétorienne de Blaise Compaoré, qu’ils fassent preuve de la même hardiesse et du même courage, et d’ici à quelques mois, Boko Haram pourrait être réduite à sa plus simple expression. […] On se rend compte que les fanatisés du Chacal ne sont pas si invincibles que ça, estime encore Aujourd’hui. Déjà, en les empêchant de franchir le pont de Diffa, il y a quelques semaines de cela, les Nigériens avaient aussi prouvé que cette cuirasse de la secte comportait des brèches : face à une résistance, ils battaient en retraite. Les guerriers du Tchad l’ont compris depuis longtemps, et pour peu que leurs collègues du Nigeria, par exemple, régulièrement accusés de poltronnerie, leur emboîtent le pas, Boko Haram sera défait. »

Désordres et couacs…

Dans les médias ouest-africains également : les 100 jours de la transition au Burkina… Pour L’Observateur Paalga, il est un peu tôt pour faire un bilan. Le journal relève toutefois un certain désordre dans le pays : « tout se passe comme si la Transition était l’occasion rêvée pour solder de vieux comptes avec l’Etat, ses démembrements ou des sociétés industrielles accusées, à tort ou à raison, du mal-être qui enserre nombre de Burkinabè. Même du côté de certains partenaires sociaux traditionnels comme les syndicats, l’impatience a parfois pris le dessus puisque la Transition a connu ses premières 48 heures de grève les 17 et 18 février dernier. On ne cessera pas de l’écrire, pointe le journal, les attentes au niveau de la justice sociale, de la traque des biens mal acquis et tutti quanti sont toutes aussi longues que légitimes. Mais, c’est un truisme que de le dire, elles ne peuvent pas toutes avoir réponses dans le cadre d’un gouvernement de transition. »

Patience, donc… d’autant, remarque encore L’Observateur Paalga, que « si on recadre les choses dans les limites de la feuille de route tracée par la Charte et adoubée par la communauté internationale, on se rend vite compte que le plus grand défi est en passe d’être relevé. A savoir l’organisation d’élections libres, transparentes et équitables dans les délais requis. Puisque tel est, en effet, l’objectif final et sur lequel la Transition devra être jugée. »

Reste qu’il y a de nombreux couacs, estime pour sa part le site d’information Fasozine : « le processus de la transition est loin d’être un long fleuve tranquille. Il a même failli basculer, il y a quelques semaines à cause d’une grogne des militaires du Régiment de sécurité présidentielle qui a donné des sueurs froides à tout le Pays des hommes intègres. […] Il y a également le passif judiciaire de l’ancien régime. Pendant que les Burkinabè attendent toujours que la vérité éclate enfin sur les dossiers Norbert Zongo et Thomas Sankara, les autorités de transition tournent en rond. Une tragi-comédie qui ne semble pas prête d’entonner le requiem de l’impunité. Toutes choses, conclut Fasozine, qui montrent que les nuages de l’incertitude ne sont pas tout à fait dissipés du ciel de la transition burkinabè. »

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