Chronique des matières premières

Les Etats-Unis lorgnent déjà le marché cubain des céréales

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Des paysans au travail dans un champ, à La Havane.
Des paysans au travail dans un champ, à La Havane. AFP / Adalberto Roque

Le lobby agroalimentaire des Etats-Unis est en visite à Cuba. Un marché prometteur pour les céréales américaines, lorsque l'embargo sera levé.

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Les Etats-Unis lorgnent déjà le marché cubain des céréales. Ils sont une centaine de délégués de l'agro-industrie américaine à visiter Cuba jusqu'à mercredi. Les Etats-Unis sont le premier exportateur de céréales au monde, et Cuba est ultra-dépendant de l'étranger pour son alimentation. La Havane importe en particulier 1 million de tonnes de blé par an, mais aussi du riz, dont les Etats-Unis étaient le premier fournisseur avant l'avènement du régime castriste.

Mais depuis plus de cinquante ans, importer des céréales des Etats-Unis est un vrai casse-tête : Cuba est interdit de crédit bancaire et doit donc payer cash ses importations auprès de son grand voisin. Cela n'a pas empêché quelques expéditions de blé américain vers Cuba, consistantes même entre 2008 et 2011. Mais la plus grande partie des achats, La Havane les effectuaient auprès du Canada et surtout de l'Europe.

La France expédie tous les ans plusieurs centaines de milliers de tonnes de blé à Cuba. Qui les paie pour « un tiers en cash, à la commande, le reste étant réglé à 360 jours », explique un opérateur du secteur. « Ce crédit d'un an accordé à Cuba, ce sont les assurances à l'export type Coface, qui le financent en Europe », ce qui n'est évidemment pas possible aux Etats-Unis tant que dure l'embargo. Lorsqu'il sera levé, l'Europe risque donc de perdre le marché cubain. Le blé américain est à portée de main, les silos sont à 200 km des côtes cubaines et pas de l'autre côté de l'Atlantique, le transport ne coûtera rien.

Le lobby agricole américain se prépare donc dès maintenant, il s'est constitué en « Coalition de l'agriculture des Etats-Unis pour Cuba » dès le mois de janvier, quelques jours après l'annonce de Barack Obama. La présidente de cette coalition foule à présent le sol cubain, c'est une cadre dirigeante du géant américain des produits agricoles, Cargill. Dans la délégation également, deux anciens secrétaires d'Etat américains à l'agriculture, l'un démocrate, l'autre républicain. Leurs convictions respectives ne les empêchent pas de penser que la levée de l'embargo contre Cuba serait une aubaine pour l'agriculture américaine.

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