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Aujourd'hui l'économie

La Grèce soumise à une double injonction

Audio 03:39
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis.
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. REUTERS/Alkis Konstantinidis

La course contre la montre a commencé pour la Grèce. Le gouvernement Syriza doit mener simultanément plusieurs missions difficilement conciliables : réformer, rembourser les dettes et soulager la population.

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Avec des caisses vides, atteindre ces trois objectifs de front est intenable. Ce mois-ci, par exemple, Athènes doit rembourser au FMI une tranche de 1,5 milliard d'euros. Cela représente l'équivalent des dépenses mensuelles pour les salaires et les retraites des fonctionnaires. Selon le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, l'échéance sera tenue et les salaires versés.

Comment ? En puisant dans les caisses de retraite qui prêtent leurs noisettes à l'agence de la dette pour une courte durée, de 24 heures à quinze jours. Et aussi en repoussant le paiement des factures de l'Etat. Des expédients, en attendant les sept milliards promis par l'Union européenne. Bruxelles débloquera cet argent, au plus tard en avril, à condition que les réformes de Syriza convainquent la zone euro. Cette cavalerie financière pourrait bien durer toute l'année, tant qu'Athènes n'aura pas obtenu la renégociation de sa dette.

On parle déjà d'un troisième plan de sauvetage

Cette hypothèse circule de Bruxelles à Athènes. Selon un économiste grec, c'est un scénario presque inévitable. Pour sortir le pays du marasme, il faut l'alimenter d'argent que la Grèce n'a évidemment pas puisqu'elle vit sous assistance financière. La réforme fiscale promise peut changer la donne à moyen terme.

Pas forcément en touchant à l'Eglise, un tabou en Grèce, une institution qui joue un rôle d'amortisseur social depuis le début de la crise. Pas non plus en taxant les armateurs. Une fausse piste car 70 % de leur activité est domiciliée hors de Grèce. Mais en luttant déjà contre les trafics d'essence et de cigarettes qui privent le pays de ressources fiscales se chiffrant en milliards d'euros. Et surtout, en soumettant à l'impôt les ménages les plus riches. Ce qui n'a pas vraiment été le cas depuis les années 1980. Dans l'immédiat, l'aide extérieure est indispensable.

Les aides sociales soumises au vote du Parlement

Le projet de loi soumis hier aux députés grecs prévoit une aide alimentaire gratuite aux démunis, une allocation logement et la reconnection des foyers privés d'électricité. Un minimum qu'Alexis Tsipras doit bien à ses électeurs pour faire passer la pilule des réformes. Car les réformes, les Grecs n'en veulent pas. Elu sur le mot d'ordre de rejet de la troïka, Syriza doit pourtant absolument les mettre en oeuvre pour maintenir le robinet de l'aide extérieure.

Le gouvernement bénéficie toujours du soutien de la population, mais il pourrait bien perdre celui d'une partie de sa majorité parlementaire sur le programme de privatisation. Là encore, une nécessité pour trouver de l'argent frais pour financer l'économie. Pour sortir de cette impasse, un nouveau scrutin pourrait bien avoir lieu avant la fin de l'année. C'est l'avis des observateurs locaux. C'est peut-être le pari de tous ceux en Europe qui redoutent la contamination.


 

EN BREF DANS L’ECONOMIE :

 
Au Royaume-Uni, de grandes banques réduisent la voilure dans leurs activités de marchés

La Royal Bank of Scotland pourrait supprimer quatre emplois sur cinq sur ce segment qui est son activité essentielle. La banque de dépôt n'est en revanche pas affectée par cette restructuration. La Barclays envisage aussi de réduire son activité de marché si les résultats ne s'améliorent pas rapidement. La banque dite d'investissement a été pendant longtemps une machine à cash, et à bonus à la City, mais avec les nouvelles régulations, cette activité à haut risque est de moins en moins lucrative.

 

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