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Aujourd'hui l'économie

Les taux d’intérêt négatifs, dernière planche de salut pour l’Europe

Audio 04:01
Le siège de la BCE, à Francfort.
Le siège de la BCE, à Francfort. REUTERS/Ralph Orlowski

Prêter à certains Etats européens, voire à des entreprises, coûte désormais de l'argent. Les taux d'intérêt négatifs sont en train de se banaliser en Europe. Une situation inédite.

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Ce phénomène paradoxal a été observé pour la première fois en Allemagne. C'était en janvier 2012, l'emprunteur modèle de la zone euro bardé de son triple A, obtient alors un taux négatif pour une émission de dette à court terme. La zone euro est encore largement commotionnée par la crise de la dette et les investisseurs sont prêts à payer une prime pour mettre leurs avoirs à l'abri. Car la dette allemande est l'une des plus sûres au monde.

 
Trois ans plus tard, l'Allemagne émet toujours plus de dette à taux négatif mais cette fois sur 5 ans. Et ce n'est plus un privilège absolu. Un tiers des Etats européens, dont la France de temps à autre, sont dans ce cas. Même les entreprises en profitent. Les emprunts du groupe suisse Nestlé se revendent à des taux négatifs. Cette semaine GDF, le gazier français, a émis des coupons de dette à rendement 0 d'un montant de 500 millions d'euros. Ils ont immédiatement trouvé preneurs, ce qui veut dire qu'ils se revendront sur le marché secondaire à des taux négatifs.

C'est un phénomène incontrôlé ou au contraire voulu ?

Ce mouvement est entièrement orchestré par les banques centrales. Dans les pays comme la Suisse, le Danemark ou la Suède, l'objectif est de défendre la monnaie qui s'apprécie trop par rapport à l'euro. Les taux négatifs sont censés faire fuir les investisseurs. Dans la zone euro, l'objectif de la banque centrale européenne c'est d'encourager le crédit, pour ranimer la croissance et l'inflation.

Dans un premier temps, la BCE a abaissé régulièrement son taux directeur. Il est aujourd'hui de 0,05 %, difficile de faire moins. Cela n'a pas produit les effets attendus. En juin la BCE a augmenté la pression en pratiquant des taux négatifs sur l'argent déposé par les banques dans son giron. D'où cette vague de taux négatifs. Dans ce monde où les valeurs sont inversées, il devient préférable de consommer plutôt que d'épargner : les taux négatifs seraient donc un aiguillon et un passage obligé pour ramener la zone euro vers la croissance.

Comment expliquer que les investisseurs se ruent sur des titres qui leur font perdre de l'argent ?

D'abord parce que les grands investisseurs comme les compagnies d'assurance sont parfois obligés, pour des raisons règlementaires, d'avoir dans leur porte-feuille des titres très bien notés, et cela quelque soit leur rendement. Ils sont donc prêts à payer une prime à la qualité. Ensuite ces investisseurs ne sont pas complètement masochistes, de tels placements, quand ils sont avisés, se révèlent parfois juteux.

L'économiste américain Nouriel Roubini donne un exemple sur le marché suisse de la dette. Ceux qui avaient des obligations libellées en francs suisses avec un rendement négatif se sont frottés les mains à la mi-janvier quand la banque centrale a laissé flotter sa monnaie, car cette décision a fait exploser le franc suisse. Vendre à ce moment-là a pu leur procurer un rendement de 20 %.

Plus généralement, attention aux effets d'affichage. Le rendement réel d'une obligation prend en compte la fluctuation des prix. Quand ils grimpent, le rendement réel est inférieur au taux nominal, puisqu'il faut soustraire l'inflation. Et quand les prix baissent, le rendement réel peut largement dépasser le taux nominal négatif et donc revenir en territoire positif puisqu'on ajoute la déflation.
 


 
EN BREF DANS L’ECONOMIE :

En Russie, Poutine annonce une baisse de son salaire de président

-10 %. Même régime austère pour d'autres hauts responsables russes. Il faut aussi se souvenir que le salaire de Vladimir Poutine a triplé en avril dernier.
 

 

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