Revue de presse française

A la Une: chômage, la vieille recette des emplois aidés

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AFP

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C’est le journal Les Echos qui le révélait dans son édition d’hier. Le gouvernement s’apprête à débloquer une « nouvelle enveloppe de 170 M€ » en faveur du budget 2015 de l’emploi. Enveloppe qui sera dédiée aux « contrats aidés », dédiés pour l’essentiel, aux jeunes.

Et ce scoop du quotidien économique hier fait aujourd’hui bondir Le Parisien. Lequel dénonce en « une » la « grosse ficelle » des emplois aidés. Qu’ils prennent le nom de contrat d’avenir, contrat d’insertion dans la vie sociale ou de contrat de génération, ces emplois financées en tout ou partie par l’Etat ne sont pas, c’est le moins que l’on puisse dire, du goût du journal. « C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes », soupire dans sa soupière Le Parisien. Le traitement social du chômage ? C’est une arme bien connue de tous les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique. Arme qui présente l’immense l’avantage de « faire sortir » du nombre des chômeurs les bénéficiaires de ces emplois aidés, explique le quotidien.

Mais ces emplois aidés, est-ce la « bonne recette ? », demande-t-il. Certes, pour l’instant, on « limite la casse » en amortissant les effets de la crise. Mais on « déplace le problème dans le temps », regrette Le Parisien.

Il faut dire qu’au quatrième trimestre de l’an dernier, le taux de chômage en France, c’est officiel, a atteint la barre des 10 %. Et le journal La Croix s’en alarme en « une ». « Les 10 % de chômeurs nous interdisent de baisser les bras », sermonne le quotidien catholique.

Apartheid territorial : la carte et le territoire

Une préoccupation prioritaire qui sera au menu d’un comité interministériel aujourd’hui à Paris. Comité dédié à la citoyenneté comme à l’égalité, c’est son nom. Le Premier ministre doit y dévoiler un plan pour lutter contre ce que Manuel Valls, on s’en souvient, avait appelé il y a un mois et demi « l’apartheid territorial, social et ethnique » en France.

Mais, sans attendre, Libération prévient que ce plan « ne pourra pas susciter l’enthousiasme ». Car ce sont des « demi-mesures » qui seront annoncées aujourd’hui, anticipe-t-il sévèrement.

Car voulant éviter de creuser le déficit du budget de l’Etat, le gouvernement refuse de dégager des moyens « supplémentaires », regrette le journal. Résultat, le gouvernement va rater le « virage à gauche » que le confrère appelle de ses vœux.

Apartheid territorial : zones de non-droit

« L’apartheid territorial », justement. C’est dans les quartiers sensibles que, selon manuel Valls, il sévit.Ces quartiers qui « vivent en marge de la République », Le Figaro en fait l’inventaire ce matin.
Et le constat est sévère. Les zones de sécurité prioritaires demeurent « instables », souligne le journal. Il faut dire, explique le quotidien, que depuis l’après-guerre, la police française est, certes, une « bonne police de centre-ville » et que les palais nationaux sont « bien gardés », les transports en commun « plus sûrs ».

Seulement voilà, complète Le Figaro, depuis les émeutes des années 1980, le défi qui consiste à parfaire la sécurité des zones périphériques et de leurs grands ensembles déshumanisés a-t-il été relevé ? Poser la question, c’est, en l’occurrence, y répondre.

Exemple, le trafic de stupéfiants. Le journal souligne ce paradoxe : dans ces quartiers, l’économie souterraine de la drogue « fait vivre bien des familles ». Seulement voilà, mettre un terme « brutalement » à ce trafic « poserait d’autres problèmes… ». Commentaire du Figaro : « Le mal est profond. Il empire ». Et le journal de pourfendre une fois encore la politique pénale menée par la ministre de la Justice Christiane Taubira, qui, selon le confrère, donne un « sérieux coup de main » au Front national.

FN : beaucoup d’appelés, peu d’élus

Le Front national, justement. Ce parti d’extrême-droite a fait des prochaines élections départementales en France sa priorité. Et ça se voit sur le terrain. Aux élections départementales, le FN, c’est une première, est déjà « premier » en nombre de candidats, relève Libération. Le journal y voit un « tour de force » pour un parti qui, historiquement, a « toujours peiné à boucler ses listes ». En présentant en effet un binôme femme-homme dans 93 % des cantons concernés par cette élection à la fin de ce mois, le FN veut « faire le plein sur cette élection, observe Libé. Pour prouver sa force avant même le scrutin, en affichant sa capacité inédite à présenter seul des candidats partout ; mais aussi parce qu’il se pense capable d’être au second tour dans n’importe quel canton, même avec des candidats sans expérience », complète le quotidien.

Mais des candidats presque partout, cela ne veut pas dire des élus. Car malgré un score annoncé « fleuve » à l’issue du premier tour, assure Le Courrier Picard, le FN ne gagnera pas plus de départements que l’on compte de « doigts dans une main », anticipe le quotidien du centre-nord de la France.

Syrie : le blues de l’opposition
 
Une visite qui n’a pas fait grand bruit hier à l’Elysée, celle du syrien Khaled Khoja. Et Le Parisien le relève, comme pour, en effet, en souligner le caractère peu retentissant. Le nouveau président de la Coalition nationale syrienne a été reçu par François Hollande. Et l’entrevue est passée « complètement inaperçue », relève le quotidien. Il représente pourtant l’opposition sur laquelle les occidentaux misaient il y a quelque temps encore pour remplacer le maître de Damas, Bachar al-Assad. « Que représente cette opposition aujourd’hui ? Réponse : plus grand-chose », énonce Le Parisien.

Syrie : virus fantôme

A propos de Syrie, cette histoire de virus informatique, qui aurait été introduit dans un site gouvernemental syrien et qui pourrait porter une signature française. Cette histoire, c’est Libération qui la rapporte. Baptisé « Casper », ce logiciel espion pourrait avoir été créé par « les services secrets français », écrit le journal. Casper a été installé sur un « site lié au gouvernement syrien », ajoute-t-il. Il s’agit d’un programme « espion fantôme », d’où son nom, probablement – Casper, le fantôme, c’est bien connu – et ce virus qui récolterait « le plus discrètement possible » des informations sur ses cibles, sans jamais dévoiler sa présence, puis transmettrait son rapport, complète le journal.

Info ou intox ? Libération rapporte que Casper a été conçu par la même organisation qu’un autre virus espion, Babar, au pedigree aussi fameux que mystérieux. Et cette filiation supposée constituerait un faisceau d’indices qui « crédibilise la piste française ». Ce n’est pas sorcier.

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