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A la Une: Côte d’Ivoire, crise ouverte au FPI

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Rien ne va plus entre partisans, de l’ex-président de la République et fondateur du parti Laurent Gbagbo d’une part, et de l’ancien Premier ministre actuel président du Front populaire ivoirien Pascal Affi N’Guessan de l’autre.

De 15h à 18h, hier jeudi 5 mars, quelque part dans le quartier des II Plateaux, à Cocody, commune d’Abidjan, s’est tenu une session extraordinaire élargie au Comité de contrôle du Front populaire ivoirien. Cette réunion a été convoquée en vertu de « l’article 90.4 des statuts » du FPI et « à la demande des 2/3 des membres du Comité central du FPI », souligne le communiqué qui en est résulté, et que rapporte ce matin le quotidien Le Nouveau Courrier.

Résultat ? C’est Abou Drahamane Sangaré, figure historique du FPI et compagnon de route de toujours de Laurent Gbagbo qui a, par ce Comité central, été « désigné » président par intérim du FPI en remplacement de Pascal Affi N’Guessan. Lequel, à compter d’hier jeudi, a été suspendu « de toutes les activités du FPI sur toute l’étendue du territoire national et à l’international jusqu’au prochain Congrès du parti », complète le communiqué cité par le journal. Aussitôt désigné, Sangaré a constitué un secrétariat général, qui sera piloté par Alphonse Douati.

Et tandis que circulent déjà sur internet une « déclaration » de soutien à ces résolutions et de félicitation à Sangaré signée par les représentations du FPI en France, Angleterre, Italie, Suède, Suisse, Etats-Unis, Canada, Afrique du sud, Burkina, Sénégal et Maroc, en réponse, un communiqué du secrétariat général de Pascal Affi N’Guessan qualifie ces résolutions d’« illégales », affirmant qu’elles « n’engagent nullement le Front Populaire Ivoirien », complète Le Nouveau Courrier. Qui soupire ainsi : « les signes d’un FPI cassé en deux sont palpables. Hélas ! »

Bien entendu, cette crise fait la « une » de pratiquement toute la presse ivoirienne ce matin.

« Affi suspendu, Sangaré aux commandes », lance ainsi le journal Le Temps, proche de Laurent Gbagbo.

« Sangaré chasse Affi », rehausse de façon plus ramassée encore le quotidien Nord-Sud, réputé proche du président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, qui estime en pages intérieures que Sangaré a fait un « putsch » contre Affi.

« Affi débarqué, Sangaré prend le pouvoir », lance le quotidien indépendant Soir Info.

« Le camp Sangaré prend de grandes décisions », résonne en écho son confrère L’Inter.

Quand au quotidien Notre Voie, proche du FPI version Affi N’Gusessan, il dénonce ce qu’il appelle une « imposture » et une « forfaiture ».

Dans la même veine, et une fois encore, comme il l’avait fait pas plus tard que la semaine dernière, Fraternité Matin ouvre sa « une » à Pascal Affi N’Guessan. Lequel, en huit petits mots, y déclare : « Cette décision est nulle et de nul effet », sans plus ; et pas davantage de développements sur cette actualité de « une » dans les pages intérieures que le quotidien gouvernemental nous a fait parvenir cette nuit.

Burundi : la grande grève

Dans un style tout en euphémisme, Iwacu affirme que la grève générale a été « relativement bien suivie ». La journée d’hier avait « des allures de week-end », énonce le site d’informations sur Internet ; Bujumbura était « fantomatique », complète le confrère en ligne, qui, lui, n’a pas « fait grève » pour aller constater sur place, des parkings de bus aux écoles, en passant par les marchés, à quel point ce mouvement social avait été suivi.

Comme le souligne le site Bujumbura News, la « probable candidature » du président Nkurunziza à la prochaine présidentielle « divise l’UE et le Burundi ». Le moins que l’on puisse dire.

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