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Nouvelles technologies

Greffe de cerveau pour changer de corps

Audio 02:09
L’intervention consistant à greffer une tête humaine sur le corps d'un mort devrait mobiliser une centaine de personnes et coûterait... 10 millions de dollars.
L’intervention consistant à greffer une tête humaine sur le corps d'un mort devrait mobiliser une centaine de personnes et coûterait... 10 millions de dollars. Getty Images/Gallo Images/Danita Delimont

Greffer une tête humaine sur le corps d’un mort est désormais possible affirme le neurochirurgien italien Sergio Canavero. L’opération serait réalisée d’ici à 2 ans, grâce à de nouvelles techniques permettant de reconnecter les nerfs de la moelle épinière.

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Déjà de nombreux « technoscientifiques », apôtres du mouvement international appelé le « Transhumanisme » caressent l’idée de nous rendre immortels en téléchargeant notre psyché dans des machines. Mais inutile se torturer les méninges numériques, plus longtemps. Toutes les caboches humaines, même les plus dures, renferment une cervelle, qui est l’organe moteur de nos existences, de nos pensées et le siège de notre conscience. Quand un corps ne fonctionne plus correctement, il suffirait simplement de le remplacer par un tout neuf. Et c’est possible, affirme Sergio Canavero directeur d’un groupe de recherche en neurobiologie à Turin en Italie, précisant qu’il a mis au point une technique qui permet « enfin de reconnecter les nerfs de la moelle épinière » grâce à un mastic appelé polyéthylène glycol.

L’intervention, qui devrait mobiliser une centaine de personnes, coûterait 10 millions de dollars. Et voilà comment elle se déroule ! Une première équipe sectionne délicatement la tête à transplanter, qui est placée en hypothermie à 15°C, afin de limiter les dégâts du cerveau privé d’oxygène, pendant le transfert. Une seconde, réalise la même opération, mais sur le corps d’un donneur en état de mort cérébrale. Il ne reste plus alors qu’à tartiner les nerfs des colonnes vertébrales tranchées avec de la pâte à « fusionner » les tissus nerveux, et le tour est joué. Le patient est maintenu dans un coma artificiel pendant quatre semaines pour que la greffe prenne. Selon le chercheur, avec une bonne rééducation et un traitement antirejet, l’opéré devrait pouvoir gambader normalement au bout d’un an. Il annonce que des volontaires, écervelés sans doute, se sont déjà manifestés pour tenter l’expérience.

Faisable ou pas, ce projet inquiétant a soulevé de nombreuses questions, qui bénéficiera du procédé, sur quels critères, ses dérives possibles, comme le cas d’un milliardaire insatisfait de son corps qui en achèterait un nouveau. Comment seront choisis les donneurs ? En 1970, le neurochirurgien américain Robert White avait déjà expérimenté ce type de transplantation sur des singes. Incapables de contrôler leur corps, ils étaient morts aussitôt, les organismes donneurs avaient rejeté le cerveau des animaux greffés. Un problème d’incompatibilité vraiment « prise de tête », que notre bon docteur Frankenstein du XXIe siècle n’est pas prêt à dénouer. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr 

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