Chronique des matières premières

Areva licencie au Niger

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Le groupe nucléaire français Areva confirme les informations révélées par «Jeune Afrique», à savoir un plan social visant 180 des 220 salariés d'Imouraren SA, la filiale créée par Areva pour développer cette mine géante à ciel ouvert au Niger.
Le groupe nucléaire français Areva confirme les informations révélées par «Jeune Afrique», à savoir un plan social visant 180 des 220 salariés d'Imouraren SA, la filiale créée par Areva pour développer cette mine géante à ciel ouvert au Niger. Reuters/Philippe Wojazer

Areva confirme avoir lancé le mois dernier un plan social à Imouraren, sa filiale du Niger. Six mois après avoir gelé cet énorme projet minier dans le pays sahélien, et quelques jours après des résultats financiers désastreux. 

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Areva licencie au Niger. Le groupe nucléaire français confirme les informations révélées par Jeune Afrique, à savoir un plan social visant 180 des 220 salariés d'Imouraren SA, la filiale créée par Areva pour développer cette mine géante à ciel ouvert. Les 220 salariés contribuaient aux côtés des 1 100 salariés d'entreprises chinoises sous-traitantes, à l'immense chantier d'Imouraren, une mine étendue sur quelque 20 km2, à gros potentiel en tonnage, mais à faible teneur ; les travaux d'excavation nécessaires étaient donc énormes, on avait déjà creusé une trentaine de mètres d'épaisseur de terrain et des zones de rétention d'eau, construit des bâtiments de maintenance pour les engins, un aérodrome et une base-vie...

Mais il restait encore la moitié du 1,2 milliard d'euros d'investissements à réaliser. Areva ne peut plus continuer à dépenser à Imouraren. Ses derniers résultats ont révélé près de 5 milliards d'euros de pertes, creusées par les retards des projets industriels, les réacteurs de troisième génération EPR en Finlande et en France ; des pertes creusées également par les fiascos miniers tels que le rachat d’Uramin (le site centrafricain, sans intérêt, a été abandonné, le gisement namibien est mis sous cocon jusqu’à nouvel ordre).

Le groupe nucléaire français n'a pas non plus intérêt à verser une production supplémentaire d'uranium naturel sur le marché, alors que le prix du combustible est toujours en dessous des 40 dollars la livre. Seuls deux réacteurs sur cinquante ont repris au Japon depuis la catastrophe de Fukushima, l'archipel asiatique a d'énormes stocks d'uranium ; et une autre mine géante à teneur fabuleuse vient de démarrer : Cigar Lake, au Canada, où Areva est partenaire de son concurrent canadien Cameco.

La décision de lancer un plan social à Imouraren a été prise au mois d'août dernier, reconnaît Areva. Imouraren SA n'aura plus que 40 salariés pour mettre sous cocon les installations ; les sous-traitants conservent 280 salariés pour garder le site, qu'Areva ne veut pas abandonner aux Chinois, même si le groupe nucléaire français a longtemps cherché à les associer au capital de sa filiale nigérienne, sans succès - pas question pour la Chine d'entrer au capital d'une entreprise contrôlée à plus de 80% par l'Etat français... Areva promet de réembaucher à Imouraren, en priorité les salariés licenciés, dès que le marché de l'uranium le permettra. C'est-à-dire pas avant deux ou trois ans au bas mot.

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