Aujourd'hui l'économie

Air France toujours en convalescence

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A peine remise de la grève des pilotes qui a dévoré le bénéfice escompté en 2014, la compagnie nationale aérienne française Air France serre à nouveau les boulons à tous les étages.
A peine remise de la grève des pilotes qui a dévoré le bénéfice escompté en 2014, la compagnie nationale aérienne française Air France serre à nouveau les boulons à tous les étages. REUTERS/Jacky Naegelen

Air France fera à nouveau des bénéfices en 2015. C'est l'engagement pris par son PDG Alexandre de Juniac avant l'ouverture d'une nouvelle négociation pour réduire les coûts.

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Ce nouveau chantier sera mené tambour battant car sans nouvelles mesures d'économies, l'entreprise pourrait entrer dans une période de déclin, explique Alexandre de Juniac. A peine remise de la grève des pilotes qui a dévoré le bénéfice escompté en 2014, la compagnie nationale française serre à nouveau les boulons à tous les étages. C'est impératif pour rester dans la course, assure Alexandre de Juniac. D'après lui, le premier plan de réduction des coûts baptisé Transform a sauvé l'entreprise. Il faut maintenant financer la croissance avec le plan Perform. Les 100 000 salariés du groupe vont donc être amenés à consentir de nouveaux efforts. Les négociations commenceront la semaine prochaine et devraient s'achever en septembre.

Air France est pourtant toujours dans le peloton de tête des compagnies aériennes européennes

Air France-KLM est le numéro deux européen du transport aérien derrière la compagnie allemande Lufthansa. Mais avec des performances assez modestes: Ryanair, le trublion du secteur privé transporte autant de passagers qu'Air France. Air France embourbée dans la crise depuis des années a pris du retard par rapport au low cost et Transavia, sa filiale à bas coût, monte en puissance : + 30% prévus cet été, mais sans faire entrer de l'argent. Le groupe a préféré s'abstenir de fixer cette année des objectifs de résultat. La baisse du prix du kérosène ne suffira pas à compenser son manque de compétitivité, car par ailleurs le dollar s'est renforcé.

La société n'a pas encore terminé sa phase d'assainissement des finances. Les investissements à hauteur de 600 millions d'euros sur deux ans sont revus à la baisse. Et pendant que la compagnie française éponge ses dettes, panse ses plaies, IAG le groupe aérien numéro trois européen, né du rapprochement de British Airways et d'Iberia, continue à étendre son périmètre. Elle vient de faire une offre de reprise à l'irlandaise Aer Lingus.

La survie d'Air France comme compagnie nationale n'est pas garantie ?

Les jours des compagnies nationales sont comptés. La consolidation devient inéluctable en Europe. La comparaison avec le marché américain est éloquente: les quatre premières compagnies européennes détiennent la moitié des capacités du continent, tandis que les quatre premières américaines sont montées à 80 % des capacités des Etats-Unis au cours des cinq dernières années. Cela signifie qu'il y a une vague de concentration à venir en Europe. Des géants existent déjà en Asie, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis. L'Europe, elle n'a pas terminé sa mue, et le rôle joué par Air France dans cette recomposition est encore à définir.


♦ En bref dans l'actualité économique :

Pour la première fois depuis 2008 les prix de l'immobilier remontent en Espagne

+ 0,9% dans le neuf et un frémissement dans l'ancien, +0,1% sur l'année 2014. Depuis 2008, c'est-à-dire depuis l'éclatement de la bulle immobilière, les prix de la pierre ont reculé de 37% sur le marché espagnol.

L'Islande a retrouvé en 2014 un Produit intérieur brut équivalent à celui de 2008

Sa production annuelle de richesse est même légèrement supérieure au niveau d'avant la crise, mais ramené au nombre d'habitant, le niveau du PIB est moindre et les jeunes peinent toujours à décrocher des emplois bien payés. En 2015 le rattrapage continue avec une croissance espérée supérieure à 4%.
 

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