Chronique des matières premières

L'Afrique peine à relancer la culture du café

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Une plantation de café de la province de Ngozi, dans le nord du Burundi, considérée comme la région qui produit le meilleur café du pays.
Une plantation de café de la province de Ngozi, dans le nord du Burundi, considérée comme la région qui produit le meilleur café du pays. RFI/ Matthieu Millecamps

La production de café continue de régresser en Afrique. Ce qui pourrait priver le continent de revenus substantiels dans le futur.

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L'Afrique peine à relancer la culture du café. Pourtant étendue à 25 pays du continent, la production africaine de café décline d'année en année, souligne l’Organisation internationale du café (ICO). Avec 16,3 millions de sacs (en 2013-2014), l'Afrique ne représente plus que 11 % de la production mondiale, contre un quart au début des années 1990.

Le relais a été pris par l'Asie et l'Amérique latine. Le café africain se relève très mal de la fin des accords UE-ACP et des plans d'ajustement structurels. La forte chute des prix mondiaux à l'été 2011 a définitivement découragé certains producteurs. Ceux qui restent sont âgés de plus de 60 ans en moyenne, mal financés et peu formés, avec des rendements très faibles à l'hectare, qui exigent de cultiver d'autres produits.

Ce tableau n'est certes pas uniforme. A côté du véritable effondrement de la production de café en Angola, au Cameroun, en République démocratique du Congo, et du fort déclin du café ivoirien ou du café kényan, concurrencé par l'immobilier dans la région de Nairobi, il faut noter la grande réussite de l'Ethiopie, qui a doublé sa production d'arabica en 40 ans, mais aussi de l'Ouganda, devenu le premier exportateur africain de café. Autre belle surprise, la renaissance du café robusta en Guinée-Conakry.

L'amélioration des plants et la formation des agriculteurs ont fait des progrès, y compris en Afrique de l'Ouest, mais pas assez généralisés. Pour ne pas manquer le prochain pic des prix mondiaux, déjà bien plus confortables depuis l'an dernier, le Kenya a lancé une appellation d'origine pour son café, l'Angola relance sa filière caféière et la Banque africaine de développement encourage les 25 pays producteurs d'Afrique à financer un fond pour le café africain.

En attendant, c'est une multinationale qui déclare vouloir doper de 50 % la production africaine de café d'ici deux ans : Mondelez lance en Ethiopie un programme d'aide financière et technique aux caféiculteurs qui pourrait à terme concerner 1 million de cultivateurs de café, 10 % des producteurs africains !

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