Aujourd'hui l'économie

France: le secteur du livre résiste à la crise

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Dans une librairie de Bécherel (Bretagne), capitale du livre.
Dans une librairie de Bécherel (Bretagne), capitale du livre. Berthier Emmanuel / Getty images

Le Salon du livre ouvre ses portes aujourd'hui à Paris pour trois jours de rencontres entre lecteurs et écrivains. C'est l'occasion de faire le point sur l'industrie française du livre, un secteur qui a plutôt bien résisté à la crise.

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En France le chiffre des ventes de livres est en recul constant depuis quatre ans, des libraires continuent à mettre la clé sous la porte. Mais cette baisse de régime liée à la crise n'inquiète ni les éditeurs, ni les libraires. Car globalement leur chiffre d'affaires a moins baissé que celui de l'ensemble du commerce de détail. Ce qui les préoccupe davantage c'est l'évolution de leur métier. Et d'abord comment faire avec le numérique pour éviter d'être laminés comme l'ont été les éditeurs de musique ?

Quasiment toutes les nouveautés sont désormais numérisées, mais cela n'a pas encore entrainé de rupture dans leur activité. Le téléchargement ne représente que 2 % des ventes en France contre 13 % aux États-Unis, ou 11 % au Royaume-Uni. En revanche l'offre en streaming est encore très peu développée parce que les éditeurs freinent des quatre fers face à cette nouvelle façon de lire qui pourrait bien sonner leur glas. Ils ont refusé de participer à l'offre illimitée proposée en décembre par Amazon aux lecteurs de tablette kindle. Leur crainte : voir les gros lecteurs, ceux qui achètent le plus de livres, opter pour cette formule au détriment du livre papier.

L'industrie du livre peut-elle rester longtemps en marge du numérique ?

Avec l'introduction des tablettes dans les collèges à partir de la prochaine rentrée, les éditeurs vont devoir s'adapter s'ils ne veulent pas voir le marché des manuels scolaires rafler par les champions américains du secteur. Déjà une bonne part de l'édition technique, comme les dictionnaires ou les cartes est passée au numérique ou a été étranglée par de nouveaux services en ligne.

L'édition doit donc surveiller avec attention ce qui se profile à l'école. Parce que l'édition scolaire est une niche précieuse, mais aussi parce que c'est à l'école qu'on forme les lecteurs de demain. Et le plus grand défi pour le livre c'est bien de trouver un public... D'après un récent sondage, un Français sur trois déclare lire de moins en moins, seulement 18 % des personnes interrogées lisent de plus en plus. Cette désaffection est déjà sensible. Dans les allées du Salon du livre, la chasse au selfie est plus répandue que l'achat d'un livre. C'est pourquoi cette année plusieurs grandes maisons boudent la manifestation qui leur coûte souvent plus qu'elle ne leur rapporte.

Comment survivre quand l'engouement pour la lecture diminue ?

Pour amortir les pertes sur les titres peu vendeurs les éditeurs surfent sur les modes. Chez les enfants cette année ce sont les histoires du studio Disney, La Reine des neiges et Violetta qui ont fait fureur. Il y a eu chez les adultes un emballement pour les livres de cuisine aujourd'hui en grande partie retombé, il y en a un maintenant pour les livres de coloriage.

Aucun rapport avec la littérature, mais ça permet de tenir. La martingale c'est bien sûr le best-seller. Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler a été le succès de l'année 2014. Seulement voilà il n'y a pas tous les jours des confidences à imprimer, alors c'est l'inflation des titres : les éditeurs publient de plus en plus de livres, dans l'espoir que l'un d'entre eux se transforme en jackpot.

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