Chronique des matières premières

Le secteur français des fleurs face à la mondialisation

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La rose est emblématique de la mondialisation du marché de la fleur.
La rose est emblématique de la mondialisation du marché de la fleur. REUTERS/John Vizcaino

Avec le label Fleurs de France, le secteur horticole français lutte pour sa survie, face aux importations massives de fleurs coupées.

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Non le secteur des fleurs en France n'est pas périssable, et il réagit en lançant un label. Le logo Fleurs de France sera apposé sur tout bouquet composé au moins à 50 % de fleurs cultivées en France ou de fleurs dont la moitié de la durée de production aura été réalisée dans l'Hexagone. Une façon d'orienter le consommateur vers la production française avant qu'elle ne s'étiole complètement face aux importations.

Aujourd'hui, 85 % des fleurs achetées en France viennent de l'étranger. La rose est emblématique de la mondialisation de ce marché, elle voyage très bien en avion cargo, depuis la Colombie, l'Ethiopie ou le Kenya, et coûte moins cher que si elle était produite en France. Difficile pour les horticulteurs français de résister, d'autant que la consommation de fleurs est en déclin d'année en année en France, malgré la multiplication des fêtes des Mères, des grands mères et autre Saint-Valentin...

Pourtant la production de fleurs en France reste dynamique sur certaines variétés comme l'anémone, la renoncule, la pivoine, et les plantes en pots, chrysanthèmes, géranium et bégonias. Le mimosa du Sud-Est français a même connu une vraie renaissance depuis qu'il s'exporte vers l'Italie, la Belgique et l'Allemagne. Enfin la création de nouvelles variétés florales reste un créneau rentable.

Le secteur français des fleurs perd néanmoins 4 % de ses producteurs tous les ans, il reste moins de 5000 entreprises horticoles dans l'Hexagone. La distribution, fleuristes et réseaux, souffre elle aussi, notamment de la concurrence des supermarchés, et elle cherche à se démarquer dans la qualité des tiges et des boutons, dans le service, comme la livraison drive à partir d'Internet, tout en minimisant ses coûts.

Pour éliminer les intermédiaires, un des deux grands réseaux de fleuristes avec Interflora, Florajet, doit ainsi lancer en mai prochain la première centrale d'achat destinée aux fleuristes. Elle s'approvisionnera directement auprès du cadran de Hollande, qui reste le premier marché mondial de vente de fleurs, mais aussi directement auprès des producteurs de fleurs français et étrangers, via des contrats long terme.

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