Invité Afrique soir

Abdoul Karim Sangho: «le Burkinabè aspire à une société plus juste»

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Palais de justice de Ouagadougou, au Burkina Faso.
Palais de justice de Ouagadougou, au Burkina Faso. AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Cinq mois après la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso, les états généraux de la justice se sont ouverts à Ouagadougou. A l'ordre du jour, des questions aussi sensibles que l'indépendance des magistrats, ou celle de l'accès à la justice. Abdoul Karim Sangho a présidé la commission préparatoire à ces travaux.

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« La justice burkinabè est difficilement accessible pour la population, déjà la langue d’accès. Nous sommes dans un pays où la population est à 80 % analphabète et la justice est dite en français. La langue juridique est complexe. Deuxième niveau, l’appareil judiciaire manque cruellement de moyens. On note par exemple que les juges au tribunal de Ouagadougou, pour des bureaux conçus pour un magistrat s’y retrouvent à deux. Les greffiers, pour des bureaux conçus pour un ou deux, s’y retrouvent à trois, quatre, cinq. Autant de conditions qui ne permettent quand même pas d’exercer de façon sereine. Au tribunal de grande instance de Ouagadougou, même le téléphone simple n’existe pas. Les juges sont obligés d’utiliser leur téléphone portable. Enfin, le gros problème de la justice burkinabè, c’est que de façon globale on s’est rendu compte que la justice était véritablement corrompue. Et là il faut noter que la corruption dans le secteur de la justice concerne tous les acteurs. Depuis le juge en passant par les avocats, en passant par les notaires, en passant pas les huissiers, en passant les officiers de police judicaire, en passant par les gardes de sécurité pénitentiaire… La corruption irrigue tous les segments du secteur judiciaire. »

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