Chronique des matières premières

Le Havre expose 300 ans de négoce

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Affiche de l'exposition «Café, coton, chocolat - 300 ans de négoce au Havre».
Affiche de l'exposition «Café, coton, chocolat - 300 ans de négoce au Havre». lehavre.fr

Café, coton, chocolat, c’est une exposition qui retrace 300 ans de négoce au Havre, grand port du nord-ouest de la France. Une exposition qu’est allée visiter Claire Fages, et c'est le sujet de la chronique des matières premières.

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Le Havre expose 300 ans de négoce. Cette ville de Normandie dans le nord-ouest de la France fut de tout temps une grande ville portuaire, elle est même aujourd’hui le premier port de conteneurs d’Europe. Mais l’histoire de ses négociants reste largement méconnue.

L’exposition commence à l’abbaye de Graville, qui domine toute la ville et son port, et où des peintures de marine témoignent de l’essor commercial du Havre à partir du XVIIIème siècle. Elisabeth Leprêtre, conservateur du musée d’art et d’histoire : « Dans les années 1860, le port a pris un essor exceptionnel. L’entrée du Havre était très étroite, et donc il y avait énormément de casse et ce n’était plus possible de continuer comme ça. On avait découvert les cafés du Brésil, les bateaux allaient et venaient sans arrêt, c’était des importations monumentales. Avec la guerre de Sécession, le coton américain a du mal à rentrer donc on va vers les Indes, vers la Turquie, on a des volumes beaucoup plus importants qui entrent et il n’est plus possible de conserver ce port avec cette entrée de 17 mètres. Alors on décide de détruire cette tour, la tour François 1er. »

L’exposition se poursuit dans deux magnifiques demeures de négociants des XVIIIème et XIXème siècles, miraculeusement épargnées par les bombardements de la Libération. L’hôtel Dubocage de Bléville rassemble des photos surprenantes de l’activité cotonnière et caféière au Havre, des étoffes indiennes d’une grande rareté, et tout un tas d’objets les plus originaux ou précieux liés à l’activité caféière : des crocs de dockers aux moulins à café et cafetières. La Maison de l’Armateur, bijou d’architecture avec son puits de lumière, est meublée comme si la famille y habitait encore. Des lettres évoquent très clairement le commerce des esclaves. Un lourd héritage pour les descendants des négociants du Havre, qui continuent de léguer toujours plus de pièces aux musées de la ville.

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