Revue de presse française

A la Une: le mystère du crash de l’Airbus de la Germanwings

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AFP

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Pourquoi l’avion s’est-il écrasé ? Toujours aucune réponse 48 heures après le drame. Des informations ont filtré cette nuit sur le décryptage de l’enregistreur de vol qui a été retrouvé mais rien qui puisse vraiment accréditer telle ou telle explication.
« Pour esquisser un premier scénario, il faudra probablement plusieurs jours, estime Le Parisien. Erreur humaine, défaillance technique, acte délibéré, ou même attentat, le BEA, le Bureau d’enquêtes et d’analyses, ne ferme aucune hypothèse. Seule l’explosion de l’avion en plein vol, et donc la présence d’une bombe, semble écartée (en raison de la concentration des débris). A partir de l’analyse de cette boîte noire, et en attendant que la seconde, qui enregistre les données du vol, soit localisée, les enquêteurs vont tenter de répondre à trois questions qui continuent d’interpeller, pointe Le Parisien : pourquoi l’avion a-t-il opéré une descente ? Pourquoi les pilotes n’ont-ils pas répondu aux contrôleurs ? Pourquoi l’avion n’est-il pas sorti de sa trajectoire initiale ? »

D’après Le Figaro, on devrait connaître les conclusions des experts qui examinent l’enregistreur de vol dès ce jeudi. Et donc en savoir plus sur les raisons du crash.
En attendant, l’émotion est immense, notamment en Allemagne et en Espagne, d’où étaient originaires la majorité des passagers. « Vallée des larmes, s’exclame La Nouvelle République du Centre Ouest. François Hollande, Angela Merkel et Mariano Rajoy, debout et droits dans le vent glacé. (…) Hier, c’est l’Europe, cette famille trop souvent agitée et divisée, qui se retrouvait et se resserrait, solidaire, au pied des Alpes transformées en cimetière enneigé. »

« La catastrophe aérienne de mardi va nécessiter de longs mois d’enquête et de douleur, soupire La Presse de la Manche. Elle est, comme toujours, une interrogation et une plaie vive qui nécessitera beaucoup de temps avant de se refermer chez nos voisins espagnols et allemands. Et nous en conserverons longtemps la cicatrice. »

La reprise est là mais pas l’emploi…

A la Une également, le chômage qui a encore augmenté en février… « La reprise est là, pas encore l’emploi », constate La Croix. « Malgré un début de reprise économique, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi a cru en février dans toutes les catégories mesurées. Au total, il est en hausse de 0,4 % sur un mois, et de 5,5 % sur un an. »
Commentaire du quotidien catholique : « le niveau de croissance de la France, voisin de 1 %, n’est pas suffisant pour permettre une baisse importante du chômage. On peut tout de même se réjouir de la stabilisation progressive du marché du travail après de longues années de dégradation. Mais la question demeure : comment faire en sorte que l’économie française accroisse ses capacités de création d’emplois ? »

« Hollande au défi d’une reprise sans emplois », s’exclament Les Echos qui constatent que le gouvernement semble totalement désarmé : « la première des valeurs de la République, aujourd’hui, c’est le droit à l’emploi, affirme le quotidien économique. Le reste n’est que littérature politique. Manuel Valls aura beau se démultiplier sur les champs de batailles électorales, vociférer d’estrade en estrade, il ne risque pas, avec si peu de résultats visibles, de contenir la poussée des extrêmes. Il faudrait pour cela autre chose qu’un sabre de bois contre le chômage. Or il est de plus en plus patent que le gouvernement n’a rien d'autre dans sa besace que les emplois aidés, la timide loi Macron et… le passif espoir d’une maigre reprise venue d’ailleurs. »

Pour couronner le tout, pointe Sud-Ouest, « cette rechute intervient au plus mauvais moment, entre les deux tours des élections cantonales. (…) Le gouvernement essaie de mettre en avant les quelques bonnes nouvelles et c’est de bonne guerre. Mais cette communication peut s’avérer à double tranchant, en suscitant auprès des Français des espoirs toujours déçus ou d’amères embellies qui ne changent pas leur vie. »

En effet, relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « le gouvernement affirme que les deux premiers mois de l’année cumulés s’avèrent concluants. (…) On comprend la tentation, entre deux tours de scrutin, de positiver. La méthode reste grossière. Elle ne risque pas de profiter aux candidats socialistes déjà avertis, voire licenciés au premier tour. »

8e jour de grève à Radio France

La grève à Radio France se poursuit… Et Libération en fait sa Une, avec ce titre, « ondes de choc » France Inter, France Infos, France Musique, France Culture, pour ne citer que les principales chaînes du groupe public, sont en grève depuis maintenant 8 jours. « La Maison de la radio ne tourne plus rond », constate Libération qui relève que « le projet économique et social porté par le PDG, Mathieu Gallet, est à la fois rejeté par les salariés et désavoué par la ministre de la Culture. »

Libération rappelle « qu’il y a un an, la nomination de Mathieu Gallet avait été vendue comme un big-bang devant permettre à Radio France de faire sa révolution. Au final, le big-bang est interne, déplore le journal, avec une collision de dossiers explosifs : gestion d’une rénovation sans fin du bâtiment, restriction budgétaire, incendie social, stratégie numérique fluctuante, polémiques et bagarres avec l’Etat actionnaire et le CSA… »

Les Echos trouvent malgré tout des excuses au président de Radio France : « si Mathieu Gallet est attaqué et si les antennes de France Inter et France Info sont prises en otage par moins de 10% des salariés qui pénalisent des auditeurs ayant acquitté leur redevance, ce n’est pas parce qu’il a changé la moquette de son bureau, c’est parce qu’il cherche à faire ce que tous ses prédécesseurs ont par confort refusé de faire avec vigueur. »

De son côté, La Charente Libre renvoie l’Etat à ses responsabilités : « si Mathieu Gallet trinque pour ses boiseries en palissandre et ses devis boiteux, ses partenaires ne sauraient s’absoudre de grandes et de petites lâchetés. L’État se cache derrière le CSA pour réfuter toute idée d’intervention dans les affaires de Radio France. »
L’Etat qui depuis ces trois dernières années a baissé sa dotation au groupe public de 87 millions d’euros…

Les 70 ans de la Série Noire

« La vieille dame vous salue bien ! » : c’est la Une du Figaro littéraire et ce pourrait être le titre d’un roman policier… Et pour cause, la vieille dame, c’est la Série Noire, la collection mythique de polars créée par Marcel Duhamel chez Gallimard qui fête ce jeudi ses 70 ans…
Le Figaro Littéraire consacre deux pleines pages à l’événement. Avec d’abord, une sélection de 7 polars incontournables de la Série Noire. Un pour chaque décennie. Citons, La Dame du Lac de Raymond Chandler, en 1948 ; Vendredi 13 de David Goodis, publié en 55 ; ou encore Le Défoncé de Richard Stark en 1971.

Dans les années 80-90, la collection Série Noire publiera nombre d’auteurs français, comme Daeninckx, Pennac, Benacquista, ou encore Pouy. Et c’est encore deux auteurs français de la collection qui sont mis à l’honneur par Le Figaro pour leurs derniers romans qui viennent de paraître. D’abord, Dominique Manotti pour Or Noir, inspiré par l’histoire de la French Connection, et DOA pour Pukhtu primo, une fresque de presque 700 pages qui nous emmène en Afghanistan, miné par la guerre et le trafic de drogue, mais aussi en France et au Kosovo… Bon voyage et bonne lecture !

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