Revue de presse française

A la Une: les barbares du Bardo

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AFP

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Alors que dans quelques heures, les rues de Tunis appelleront à la résistance, 11 jours après le massacre dans le musée du Bardo, Le Nouvel Observateur donne la parole à ceux qui font la culture en Tunisie. Le conservateur du musée, encore choqué, a vu les corps des victimes, le « sang versé ». Pour lui, « ce n'est pas un hasard si les terroristes ont choisi de s'attaquer à ce symbole d'une culture ancestrale. Observez, dit il, cette fresque du 2ème siècle, lorsque la Tunisie était tournée vers l'autre. C'est celà qui contrarie les obscurantistes.»

« Le Bardo est le creuset de l'histoire nationale », poursuit un archéologue qui redoutait depuis de longs mois que le patrimoine tunisien ne soit visé. Car, rappelle l'hebdomadaire, cet attentat « s'enracine dans un terreau répandu depuis la chute de Ben Ali par la mouvance salafiste ». Il y a eu les attaques contre la chaîne privée Nessma TV, jugée coupable d'avoir diffusé et traduit le film Persepolis, qui raconte la funeste arrivée des mollahs en Iran, il y a eu les attaques contre le palais Abdellia, des oeuvres d'art détériorées, des étudiants tabassés dans une faculté, des mausolées soufis vandalisés ou incendiés.

Mais, explique Le Nouvel Obs, « la Tunisie, exception démocratique du monde arabe, est déterminée à ne pas se laisser faire ». La marche de ce dimanche sera donc un test en la matière.

Des scorpions contre les djihadistes

Eux traquent les islamistes, de la Mauritanie au Tchad en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger: « les scorpions français du désert », tels que les appelle le Figaro Magazine. Reportage, photos à l'appui, avec les soldats de la Légion étrangère. On voit un de ses hommes debout sur le fort de Madama, base de combat contre les groupes terroristes, aux côtés d'un soldat nigérien. Une zone d'opérations aussi vaste que l'Europe, immense étendue de sable, où il faut être « aussi mobile et endurant que l'ennemi ». La mission Kounama, qui veut dire scorpion en haoussa, doit servir de test face à des jihadistes « qui ne font aucun cas des frontières nationales ».

Touristes du terrorisme
 
« Le chemin de Daech passe par la Bulgarie »: c'est le titre de l'enquête publiée par Marianne. Elle nous conduit dans un ghetto rom à l'est de Sofia. Les services de sécurité bulgares y ont déjà arrêté plusieurs activistes, liés à l'organisation Etat Islamique. Au total, 13 imams et prédicateurs sont poursuivis dans le pays pour propagation du salafisme. Abou Bakr Al Baghdadi veut y déployer son drapeau, avant « d'envahir les Balkans à l'horizon 2020 ».

En attendant, la Bulgarie serait ainsi devenue la route terrestre préférée des candidats au Djihad. « Les touristes du terrorisme » auraient délaissé avions et aéroports, trop surveillés à leur goût, pour privilégier le transport en bus via l'Autriche, la Hongrie, la Bulgarie donc, puis la Turquie, ultime étape avant la frontière syrienne. La communauté rom serait particulièrement ciblée par ces discours, pas seulement dans leur pays d'origine, ceux également qui se sont expatriés en Allemagne, aux Pays-Bas et en France.

Finies les caravanes, on reste en France

Pour des Roms, un exemple d'intégration réussie en région parisienne: Marianne a rencontré une famille qui a quitté Timisoara en Roumanie, il y a 10 ans. Elle atterrit dans un bidonville au sud de Paris pour vivre de la brocante comme des dizaines d'autres familles. « Faire la manche, vendre des fleurs ou de la ferraille ». Mais la municipalité de Choisy-le-Roi ne s'est pas résignée, avec l'aide d'associations et de l'office HLM. Finies les caravanes, les Roms se voient proposer des appartements voire des maisons éparpillées sur la commune. Des logements qui étaient promis à la démolition. Alors ce n'est pas le grand luxe: la maison de Marcela et de sa famille est collée au cimetière, des vitres cassées ont été rafistolées avec du ruban adhésif, mais les enfants vont à l'école (c'était une condition). Marcela est agente de service dans un collège de la ville (contrat aidé à temps partiel). « Maintenant, on ne bouge plus, on reste en France », dit la jeune femme dans ce reportage.

Le jour le plus long

Les Français sont appelés aux urnes ce dimanche pour les élections départementales. Le Parisien Aujourd'hui en France est allé à la rencontre de certains des 8000 hommes et femmes qui attendent ce soir l'heure du verdict. « Après une campagne souvent épuisante, chacun son truc pour meubler ce dimanche long et stressant ». Il y a l'écolo qui va faire du vélo pour naturellement faire la tournée des bureaux de vote et se poser "1001 questions", un centriste qui va jouer au scrabble avec sa femme et va souvent regarder l'heure. Pour combattre l'anxiété, un candidat UMP nous parle du karaté, qu'il pratique depuis 40 ans. Il y a encore le représentant du Front National. Ce militaire de carrière ira à la messe "par tradition", et non pas, affirme-t-il, "pour implorer les cieux"

Après la boulette

Ce soir, ce sera élections ou alors football: France-Danemark en match amical. Le journal du dimanche donne la parole aux arbitres qui confessent leurs erreurs. L'article rebondit sur la fureur de Zlatan Ibrahimovic contre l'arbitre du récent Bordeaux-PSG. Témoignages de ces hommes en noir comme Sébastien Desiage qui a fait perdre un match de championnat aux joueurs de Caen face à Lille (penalty et carton rouge sanctionnant un tacle pourtant régulier). « Les images qui tournent en boucle dans la tête. Je n'en ai pas dormi de la nuit ». Freddy Fautrel, lui, a carrément accordé trois buts non valables à Monaco contre Lyon. Il reconnaît ses erreurs. Il se sent « comme un automobiliste qui n'aurait pas vu un piéton », vit avec l'angoisse des répercussions pour sa famille. Il a déjà reçu des menaces de mort à son domicile.

Le judo contre la mafia

L'Equipe Magazine nous emmène à Naples, dans un bastion de la mafia italienne, le quartier qui a inspiré le best-seller Gomorra, au coeur du trafic de drogue. Rencontre avec Gianni Maddaloni, l'un des meilleurs entraîneurs de judo du pays. Il déteste l'injustice. Il en a assez de voir la Scampia abandonnée: ce quartier bétonné, des barres d'immeubles construites dans les années 60. Des enfants descolarisés, pas de bibliothèque, pas de cinéma, pas de lieu de rencontre. Alors il aide les plus jeunes à prendre un autre chemin que la Camorra, la mafia locale. C'est le cas de Francesco, 14 ans, regard perçant. Son père et son frère sont allés en prison. Il dit que « par bonheur », il a croisé « le maestro ». Que grâce au judo, il sent qu'il a « des capacités, que sa vie a un sens. Plus tard, je saurai protéger ma famille.»

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