Aujourd'hui l'économie

Un euro faible, un plus pour la zone euro

Audio 03:06
REUTERS/Heinz-Peter Bader

L'euro continue à baisser face au dollar, c'est une tendance de fond qui devrait profiter à toute l'économie de la zone euro. La monnaie européenne pourrait bientôt arriver à la parité avec le billet vert.

Publicité

Ce matin les incertitudes sur l'avenir de la Grèce ont redonné de l'élan à cette glissade entamée depuis plusieurs mois déjà. Au-delà des facteurs conjoncturels, comme le risque d'un Grexit ou les tensions au Moyen-Orient, deux forces concomitantes aspirent le dollar vers le haut et renvoient par conséquent la monnaie européenne dans les cordes. Le ressort prépondérant c'est l'insolente reprise américaine qui attire les investisseurs. D'où la spectaculaire remontée du dollar, en quelques mois le billet vert a gagné 28 % face à l'euro. Les deux devises pourraient même parvenir à l'équilibre parfait, c'est-à-dire qu'un euro s'échangerait contre un dollar.

Prenant acte du rétablissement de l'économie américaine, Janet Yellen, la patronne de la Fed s'apprête à relever les taux d'intérêt, probablement en juin, voilà qui va encore plus aimanter les capitaux vers le Nouveau Monde. Pendant ce temps à Francfort, la Banque centrale européenne a mis le paquet pour faire baisser l'euro, dans le but de raviver et l'activité, et l'inflation. D'abord avec les taux négatifs, et depuis le mois de mars avec l'assouplissement quantitatif, le rachat massif de dettes publiques et privées.

Quelles sont les conséquences de cet effritement de l'euro pour l'économie européenne ?

Le prêt-à-porter italien, le champagne français ou la voiture espagnole sont de fait moins cher. C'est donc un bienfait pour toutes les industries exportatrices européennes. À condition que la glissade soit étalée dans le temps, si la baisse est trop rapide, les entreprises sont prises de court et ne peuvent pas faire repartir leurs usines pour honorer l'afflux de commande.

En contrepartie à cette baisse de l'euro, la facture des importations grimpe. Le contrecoup n'est pas trop sévère, car il a été finalement amorti par la chute du baril de pétrole intervenu quasiment en simultané. Autre conséquence sur le marché immobilier : le retour des Anglo-saxons. Dans le sud de la France par exemple, Britanniques et Américains sont à l'affût des bonnes affaires.

Est-ce que la réputation de la zone euro pâtit de cette dévalorisation de la devise ?

Une monnaie faible est souvent synonyme d'économie fragile. Et dans le cas de la zone euro, on peut effectivement parler d'une économie fatiguée où la reprise se fait désirer. Mais dans la mesure où le mouvement de baisse est voulu par la banque centrale européenne, ce n'est pas un problème en soi.

Rien à voir avec les pays aux abois comme la Russie ou le Venezuela qui ont assisté impuissant à l'effondrement de leur monnaie en raison d'une crise de confiance. Il y a d'ailleurs aujourd'hui une ligne de partage entre les pays maitres de leur monnaie, c'est le cas des États-Unis, de la zone euro, et ceux qui subissent les turbulences du marché des changes. Ceux-là sont contraints d'ajuster leur politique économique à leur accès au dollar ou à l'euro.


♦ En bref dans l'actualité économique :

Les employés de la banque centrale européenne sont menacés de surmenage

C'est ce que révèle une enquête commanditée par l'un des syndicats. Il réclame non pas de nouvelles embauches, mais l'élargissement des contrats à durée indéterminée. 45 % des employés n'ont pas de contrat fixe.

La Syrie se lance dans la fabrication des cigares

C'est dans le fief de Bachar el-Assad, à Lattaquié, que cette production est mise en route par la compagnie générale du tabac. Cette entreprise publique était prospère avant la guerre, elle souffre aujourd'hui des sanctions internationales. Si la culture du tabac résiste au conflit, en revanche l'agriculture syrienne est globalement affaiblie, la production a baissé de moitié en quatre ans.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail