Aujourd'hui l'économie

Le FMI alerte sur la croissance molle

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Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international.
Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international. REUTERS/Jonathan Ernst

Sans relance de l'investissement, la croissance restera poussive dans les économies avancées. C'est l'avertissement lancé hier par le Fonds monétaire international.

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Depuis la crise de 2008, la croissance reste malingre, avec une moyenne annuelle de 1,3% dans les pays occidentaux. Et cela va durer. Selon le FMI, la croissance ne sera que de 1,6% dans les 5 prochaines années. Très très loin des 2,5% qu'on a connus au début des années 2000. La crise financière ne suffit pas à expliquer cet accès de faiblesse, il doit beaucoup à l'évolution de nos sociétés, selon le FMI.

Le vieillissement d'une part, les nouvelles technologies d'autre part ont rétréci le périmètre de la population active, d'où une contraction de l'activité. Si l'on continue comme ça, nos sociétés sont vouées à une stagnation séculaire, c'est ce que dit le FMI en substance, et c'est la thèse défendue depuis plusieurs années par Larry Summers, ancien secrétaire américain au Trésor et éminent économiste.

Le FMI préconise une politique de relance pour y remédier

Car le recul de l'investissement est inquiétant. Les ménages acquièrent moins de logements, et les entreprises freinent leurs dépenses en équipement. C'est pourquoi le FMI appelle les gouvernants à une action d'envergure. La baisse de l'impôt encouragerait l'activité. Et la hausse des dépenses publiques apparaît indispensable pour financer l'éducation, la recherche et le développement, et les infrastructures. La publication de ces conclusions à un peu plus d'une semaine des assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale donne un avant-goût des débats qui vont animer les réunions des décideurs de la planète.

Le FMI recommande à l'Occident des recettes qu'il proscrit chez ses débiteurs

On croit rêver, mais c'est exactement ça. D'un côté le fonds, en tant que créancier, défend une vision orthodoxe de la politique économique, celle d'un prêteur en dernier ressort soucieux de récupérer les deniers engagés, de l'autre, il laisse libre cours à la créativité de ses têtes pensantes pour inventer les politiques de demain.

Le message distillé hier s'adresse en particulier aux pays qui ont accumulé de gigantesques surplus commerciaux, c'est-à-dire la Chine et l'Allemagne. Berlin a déjà promis de dépenser plus, notamment dans les infrastructures et le G20 a également fait de l'investissement une de ses priorités. À son niveau c'est ce que fait la France également avec les mesures annoncées ce matin en conseil des ministres pour aider les PME à investir plus et plus vite.
 


En bref dans l'actualité économique :

La Russie se tourne vers la Thaïlande pour se fournir en produits alimentaires


Privée de fruits, de viande par les sanctions occidentales, la Russie pourrait importer de Thaïlande du riz, du porc et des fruits frais. En visite à Bangkok, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a suggéré que son pays abaisse ses droits de douane pour faciliter les échanges. Dès l'an prochain, ces échanges pourraient doubler en valeur, passant de 5 à 10 milliards de dollars.

L'aide au développement est restée stable en 2014, selon l'OCDE

Son montant total : 135,2 milliards de dollars. Les pays occidentaux ont donc maintenu leur effort malgré la crise persistante. Pour le moment, seulement cinq d'entre eux, le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède, consacrent au moins 0,7 % de leur revenu à l'aide publique. Ce seuil est l'objectif fixé par les Nations unies.

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