Aujourd'hui l'économie

L'euphorie des Bourses malgé une fragilité économique qui persiste

Audio 03:15
La Banque centrale européenne, à Francfort.
La Banque centrale européenne, à Francfort. AFP/Daniel Roland

Ces derniers temps les Bourses baignent dans l'euphorie, y compris dans les pays émergents. Pourtant l'économie réelle est encore fragile dans plusieurs grandes régions du monde.

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C'est précisément parce que la reprise se fait attendre en Europe, ou au Japon par exemple, que les banques centrales mettent de la braise en quelque sort sur les bourses dans l’espoir de doper l'activité. En injectant des milliards de dollars sur les marchés, les grands argentiers font baisser le loyer de l'argent, c'est-à-dire le taux d'intérêt. Du coup, les placements en obligations d'État ou privé sont de moins en moins lucratifs, c'est pourquoi les investisseurs se ruent sur les bourses d'action.

En faisant remonter les bourses, les banques centrales cherchent à créer un climat de confiance. Cette opération a très bien marché aux États-Unis. Elle est toujours en cours au Japon avec un succès mitigé. Dans la zone euro, Mario Draghi a lancé à son tour un programme dit d'assouplissement quantitatif en mars, et c'est ce qui donne un nouvel élan aux bourses européennes. Paris, comme Francfort, a grimpé de 20 % depuis le début de l'année.

L'humeur des marchés est également radieuse dans les pays émergents

Là encore l'effervescence des bourses doit plus à la Réserve fédérale qu'aux performances économiques locales. En laissant entendre que la hausse des taux d'intérêt est repoussée à septembre aux États-Unis, sa patronne Janet Yellen a donné un répit aux boursicoteurs, ils ont donc repris leurs achats avec allégresse dans les pays émergents. La bonne santé de ces bourses doit aussi beaucoup à la situation particulière de la Chine.

Depuis quelques mois les épargnants chinois peuvent investir leurs économies aussi bien à la bourse de Shanghaï qu'à celle de Hong Kong, d'où une déferlante d'argent frais sur ces deux places financières. Shanghaï a doublé son volume d'échanges en un an et Hong Kong est devenue la première bourse mondiale. Là encore, ce succès est déconnecté du réel. Le rythme de l'économie chinoise donne plutôt des sueurs froides que des bouffées d'optimisme. On s'attend notamment à un nouveau ralentissement de la croissance au premier trimestre, le chiffre officiel sera annoncé demain mercredi. 

Une contre performance de l'économie chinoise peut-elle faire chuter la bourse ?

C'est un scénario plausible. Mais impossible à prévoir. Les investisseurs d'ailleurs ne s'en inquiètent pas vraiment. Ils pensent que le gouvernement chinois fera un nouveau plan de relance pour soutenir l'économie, ce qui va apporter une nouvelle vague d'argent frais sur ces marchés.

Les situations grecques ou ukrainiennes font partie des autres risques souvent cités comme potentiellement explosifs. Comme ils ont été déjà repérés, les bourses s'en accommodent et continuent à croitre. Et les bulles détectées sur les valeurs technologiques, notamment dans les biotechs, continuent à gonfler.
 


 
♦ En bref dans l'actualité économique :

L'Inde préfère négocier directement avec le gouvernement français pour de prochains achats de Rafale, a indiqué le ministre indien de la Défense

Le contrat géant de livraison de 126 appareils est donc abandonné après trois ans de vaine négociation. New Delhi souhaitait que les appareils soient construits en Inde, mais réalise aujourd'hui que la facture du « fait maison » est bien trop lourde, d'où cette annonce faite hier à la télévision. D'autres contrats de gouvernement à gouvernement pourraient suivre la commande de 36 Rafale annoncée la semaine dernière à Paris lors de la visite de Narendra Modi. Mais le nombre d'appareils ne sera sans doute pas aussi élevé que ce que laissait miroiter le contrat abandonné.

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