Accéder au contenu principal
Aujourd'hui l'économie

Migrants en Méditerranée, les mauvais calculs de l’Europe

Audio 03:24
Malgré la réduction du budget des opérations de sauvetage de l’UE, les migrants continuent d’affluer vers les côtes européennes. (Photo: dans le port sicilien de Trapani, le 17 avril 2015).
Malgré la réduction du budget des opérations de sauvetage de l’UE, les migrants continuent d’affluer vers les côtes européennes. (Photo: dans le port sicilien de Trapani, le 17 avril 2015). REUTERS/Guglielmo Mangiapane

Les drames répétés de l'immigration au large des côtes italiennes mettent l'Europe au pied du mur. Rogner sur le coût des opérations de sauvetage n'a pas stoppé la vague des migrants qui tentent leur chance en Méditerranée.

Publicité

Mare Nostrum coûtait 9 millions d'euros par mois à l'Italie. L'opération Triton coûte trois fois moins à l'Union européenne, Bruxelles a cru régler ainsi le problème. Comme si l'assurance d'une bouée de sauvetage était le moteur de cette vague record de candidats au départ. Les premiers gagnants de cette tragédie de l'immigration illégale, les trafiquants, expliquent au contraire que leurs affaires prospèrent parce que la demande est de plus en plus forte. La plupart des illégaux entrés en Italie depuis le début de l'année sont originaires de pays en crise depuis fort longtemps, comme l'Erythrée ou la Somalie ou depuis déjà quelques années la Syrie.

En confiant à Frontex la gestion du sauvetage, l'Europe s'est aussi défaussé un peu plus sur la flotte marchande déjà largement mise à contribution. L'année dernière, 700 bateaux ont été sommés par les autorités italiennes de fournir une aide. Entrainant pour les armateurs des surcoûts et des retards dans les livraisons. Avec Triton qui n'a pas les moyens d'aller en haute mer l'addition pourrait être encore plus salée, redoutent les transporteurs les plus fragiles. Certains modifient leur route pour éviter les zones où les naufrages sont les plus fréquents.

L'Europe tente d'éviter cette déferlante de migrants faute de moyens pour les accueillir

C'est vrai que la sinistre comparaison des coûts de Mare Nostrum et de Triton occulte l'essentiel : comment accueillir ces populations déshéritées avec des finances déjà mal en point ? En 2014, Rome a dépensé 117 millions d'euros pour Mare Nostrum et 2,287 milliards d'euros pour nourrir et loger les 170 000 étrangers arrivés sur son sol via la Méditerranée.

Les deux tiers s'évaporent très vite pour tenter leur chance dans un autre pays de l'Union, ont démontré les journalistes de l'hebdomadaire italien L'Espresso. Dans une enquête accablante, publiée en mars dernier, ils révèlent que ceux qui restent en sont réduits à la survie, faute de prise en charge digne de ce nom. La manne distribuée par l'Etat aux organismes privés chargés des centres d'accueil est plus souvent détournée à des fins d'enrichissement personnel que réellement investie dans l'intégration et le suivi des migrants. 

Les pays qui accompagnent les demandes d'asile gèrent visiblement mieux l'arrivée de ces populations

C'est le cas de l'Allemagne qui a reçu l'année dernière 200 000 demandes d'asile, un record. Deux fois plus qu'en 2013. Elle s'attend à en recevoir 230 000 en 2015. Et face à cet afflux, Berlin déploie les grands moyens. A la charge des länder. La Bavière consacre 1 % de son budget à cette aide, soit 1 milliard d'euros sur deux ans. Outre le logement, chaque adulte demandeur d’asile en Allemagne reçoit une allocation mensuelle de 130 euros. Et surtout une formation pour apprendre la langue, faire reconnaître son diplôme ou apprendre un nouveau métier.

C'est vrai que l'Allemagne est un pays riche, qui voit sa population décliner et qui doit donc faire face à un défi démographique. Elle n'est pas le seul pays européen confrontée au déclin de sa population. L'Europe ne pourra pas longtemps faire l'économie d'une politique migratoire, adaptée à sa situation et à la pression à ses portes.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.