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Aujourd'hui l'économie

L’Etat défend Renault, contre les actionnaires?

Audio 03:52
Carlos Ghosn, PDG du groupe Renault.
Carlos Ghosn, PDG du groupe Renault. Reuters

L'Etat français a confirmé ce matin sa montée en puissance dans le capital de Renault. Cette manœuvre boursière, destinée à préserver les intérêts français dans l'alliance formée avec Nissan, est incomprise au Japon où le grand patron Carlos Ghosn prépare sa riposte.

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C'est un bras de fer de plus en plus tendu entre, côté français, les ardents défenseurs du patriotisme économique et, côté japonais, les défenseurs de la logique de l'entreprise privée. Tout remonte à la loi dite Florange. Traumatisée par la fermeture du site lorrain par Arcelor Mittal, le Parlement a légiféré pour encadrer strictement ce genre de décisions. En prévoyant, entre autres, l'octroi de vote double aux actionnaires détenant un tiers du capital.

Cette disposition, finalement assez répandue dans les sociétés cotées en Europe, passe mal au Japon, et notamment chez Nissan. C'est pourquoi à l'assemblée générale des actionnaires de l'alliance, prévue le 30 avril, devait être votée une motion rétablissant le principe sacré d'une action une voix. C'est pour empêcher l'adoption de ce texte que l'Etat actionnaire a fait passer ses parts de 15 à 19,74 %, comme l'a annoncé ce matin l'agence des participations de l'Etat. A ce niveau, il dispose d'une minorité de blocage pour imposer son point de vue. L'Etat d'ailleurs a promis de revendre les actions une fois l'assemblée passée.

Les intérêts de Renault sont-ils menacés par son allié japonais ?

Sur le plan de l'actionnariat, Renault est en position de force. Le constructeur français détient 43 % des actions Nissan, ce dernier n'a que 15 % du français. Cette répartition bancale, décidée quand l'alliance a été formée en 1999 pour sauver le constructeur nippon, est aux yeux de Renault un équilibre qui assure la pérennité et le succès de cette co-entreprise. Pourtant, ce pacte d'actionnaires ne reflète plus du tout la réalité économique des deux groupes et surtout les liens qui les unissent.

C'est Nissan qui tient le volant maintenant. La marque japonaise a vendu 5,3 millions véhicules en 2014, Renault la moitié. C'est Nissan, présent sur tous les continents, qui a ouvert les portes de la Chine à Renault. Le français s'apprête à ouvrir une usine en utilisant les mêmes plateformes, les mêmes moteurs et les mêmes sous-traitants que son allié. Cette suprématie nippone est désormais inscrite dans la gouvernance de ce drôle de ménage. Juste en-dessous du tout-puissant Carlos Ghosn, trois des quatre hauts dirigeants sont issus des rangs de Nissan.

Si l'alliance profite maintenant à Renault, pourquoi cette intervention de l'Etat ?

L'Etat préfère ouvrir son parapluie pendant qu'il en a le pouvoir. C'est en quelque sorte bretelle et ceinturon pour protéger Renault, que son allié pourrait être tenté un jour d'absorber. L'alliance c'est le bébé de Carlos Ghosn. Cette stratégie a été une réussite complète pour les deux marques qui détiennent ensemble 10 % du marché mondial de l'automobile.

Comment ce ménage atypique survivra à l'après Carlos Ghosn ? La question n'est pas d'actualité mais le fait qu'elle reste sans réponse met en relief les failles du contrat. Renault, c'est encore 45 000 emplois en France et c'est un industriel qui embauche à nouveau. 1 000 CDI seront recrutés cette année, une première après dix ans de fonte des effectifs.


 
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