Chronique des matières premières

En Israël, la «jachère religieuse» a un coût

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Production de pois chiche en Galilée, près du Mont Thabor.
Production de pois chiche en Galilée, près du Mont Thabor. Eitan F/ Wikimedia Commons

La chronique des matières premières nous emmène en Israël. On est en pleine période de production de fruits et légumes mais cette année il y en a moins que d’habitude. Les agriculteurs israéliens sont en effet tenus, pour des raisons religieuses, de mettre leurs terres en jachère.

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En hébreu, on l’appelle la shmita, la jachère. Tous les 7 ans en Israël, les agriculteurs sont tenus de mettre au repos leurs terres, pour respecter un précepte religieux. Dans la tradition juive, les humains ne travaillent pas le septième jour de la semaine, la terre se repose la septième année. La dernière jachère a commencé l’automne dernier et elle doit durer jusqu’à l’automne prochain. Cela veut dire ne pas cultiver et donc ne pas vendre des fruits et légumes, des céréales, des plantes durant une année.

En réalité, la majorité des agriculteurs israéliens s’arrangent avec la religion pour continuer à faire travailler leurs terres. Comme la jachère ne s’applique qu’aux Juifs, la plupart transmettent durant un an leur acte de propriété à des non-Juifs. D’autres transforment leur production en cultures hors champ. L’important, selon la religion, étant que leurs plantations ne touchent pas le sol. Finalement, seule une petite partie des agriculteurs israéliens laissent réellement leurs terres au repos.

Mais tout cela a évidemment un coût. La production baisserait de 10 à 15 % durant ces années de mise en jachère, selon le Plants Production Board, un organisme de promotion de l’agriculture israélienne. Cela se traduit par une réduction des revenus des agriculteurs, que le gouvernement israélien compense. Il a débloqué une enveloppe de 100 millions de shekels, 24 millions d’euros pour cette période de jachère 2014-2015.

Autre conséquence : il faut importer des produits pour nourrir les consommateurs israéliens. Des fruits et légumes sont par exemple achetés en Jordanie, mais aussi dans les territoires palestiniens. Le mois dernier, des fraises en provenance de la bande de Gaza sont même arrivées sur les étales des marchés israéliens, une première en 7 ans. Il s’agissait d’alléger le blocus imposé à l’enclave palestinienne mais aussi de compenser la baisse de production des agriculteurs israéliens durant cette fameuse jachère religieuse.

 

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