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Nouvelles technologies

Un programme anti-trolls en ligne

Audio 02:05
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Le troll désigne un internaute qui a la détestable habitude de polluer en permanence les conversations en ligne sur les réseaux sociaux et les forums de discutions. Des chercheurs américains ont mis au point un programme informatique anti-troll capable de détecter préventivement les futurs harceleurs du web, en analysant simplement leurs cinq premiers messages.

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Le péril « troll » menace la Toile, cette créature malfaisante qui tire son nom des légendes scandinaves, passe son temps à « faire du foin », en publiant tout et n’importe quoi, et veut perpétuellement avoir le dernier mot sur les réseaux sociaux et les forums de discussions. Généralement, le cyber harceleur abuse de son pouvoir bien caché derrière un pseudo, et ses proies de prédilection sont des personnalités politiques ou du spectacle. Malgré le durcissement des lois anti « trolling » et des sanctions de plus en plus lourdes, ce fléau mondial qui empoisonne la Toile ne faiblit pas. Trois chercheurs américains des universités de Cornell et Stanford ont étudié le phénomène pendant 18 mois, en passant au crible 35 millions de messages publiés par 2 millions d’utilisateurs s’exprimant sur les forums de la presse en ligne. Verdict : 50 000 internautes présentaient toutes les caractéristiques de futurs trolls !

Des signes qui ne trompent pas, selon les chercheurs, ces monstres en devenir passeraient en moyenne beaucoup plus de temps que les autres membres d’une communauté en ligne à bavasser sur le Web. Par ailleurs, le style rédactionnel de leurs messages laisserait à désirer, avec une écriture laborieuse, difficile à déchiffrer, qui est par conséquent impossible de comprendre. Cette étude a permis aux chercheurs de mettre en place un modèle prédictif et un piège à troll informatisé qui détecte les signaux faibles des futurs harceleurs à partir des cinq premiers messages qu’ils ont postés. Le programme qui serait fiable à 80%, intéresse déjà les grands médias américains comme système de modération automatique des discussions sur leurs sites Web et la cyber-police étatsunienne pour identifier les acharnés du « trolling ».

Toutefois, les scientifiques mettent en garde contre les dérives possibles du système, particulièrement sur les risques d’une censure en ligne automatique au moindre écart de langage dans un tweet, par exemple. « Prendre des mesures extrêmes contre de petites infractions peut exacerber les comportements asociaux sur le Net. Il conviendrait plutôt de laisser aux contrevenants une chance de se racheter », concluent les chercheurs. Surveiller, bannir du Web les internautes désagréables et maintenant les rééduquer risque pourtant d’agacer et de réveiller le troll qui sommeille en chacun de nous. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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