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Revue de presse française

Trois ministres à la Une

Audio 06:04
AFP

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Ségolène Royal dans Libération, Christiane Taubira dans Le Figaro, Emmanuel Macron, dans Le Monde. Chacun sa Une pour des éditions du week-end très politiques.

Dans l’ordre protocolaire, les « combats à la Royal » dans Libération. Un dossier sur la ministre de l’Ecologie qui manifeste une indépendance à tout instant, et ça fait des étincelles. « Si je voulais partir, on me demanderait de rester » a-t-elle osé récemment.

« Elle est capable d’accueillir le pape François sur le sol français au nom de François Hollande. De s’opposer au Premier ministre sur la construction d’une portion d’autoroute traversant ‘son’ marais poitevin. Ségolène Royal continue à faire ce qu’elle fait de mieux : mettre les pieds dans le plat pour faire avancer ses dossiers » écrit Libération, qui énumère une série de duels.

Royal face à Fabius pour le pilotage de la Conférence sur le climat, la COP21, en décembre ; Royal face à Macron et aux « rentiers » des sociétés d’autoroute dont elle a obtenu un gel des tarifs en « trompe l’œil » nous dit le journal ; Royal face à Anne Hidalgo, la maire de Paris, la question de la circulation alternée en période de pollution a donné lieu à un échange d’amabilités entre les deux femmes jusque sur les réseaux sociaux ; et Royal face aux écolos, à l’ambitieuse Cécile Duflot, qui l’accusent de ne pas assez en faire ; Royal enfin face au patron de la SNCF, pour tancer la décision d’augmenter les prix des billets de train, pourtant avalisée par son ministère…

« Royal est une fonceuse, écrit l’éditorialiste Laurent Joffrin, elle échappe aux clichés qui apparaissent si souvent quand on évoque des hommes ou des femmes politiques. On les dit prudents, calculateurs, Royal a le sens du concret et choisit le plus souvent l'action, bonne ou mauvaise. On les dit coupés du peuple. Royal est l'une des rares qui a un sens très sûr de l'opinion populaire » juge le patron de Libération. « Personne n’est parfait. Mais à choisir, souvent ses défauts valent mieux que les qualités des autres » conclut Laurent Joffrin

Royal la fonceuse, Taubira la singulière

Une autre femme forte du gouvernement est à la Une du Figaro, Christiane Taubira. Sans surprise, la ministre de la Justice n’a pas le droit à une couronne de lauriers de la part du quotidien conservateur.

Mais tout de même, un brevet de « singularité » : « Taubira s’écarte de la ligne, certes. Mais reste dans le droit chemin. En répétant qu’elle est « solidaire » du gouvernement, elle permet à Valls et à Matignon de sauver la face. »

Epouvantail pour la droite, elle est jugée à l’aune de sa politique carcérale. « La baisse du nombre de détenus s’accélère » écrit Le Figaro, alors que la « police pointe les incohérences de la justice » face à une « délinquance plus violente » : « Vider les prisons, quand la menace terroriste n’a jamais été aussi forte et que la délinquance violente fait de la résistance ? La police française a beau avoir l’esprit large, elle peine toujours à adhérer aux inflexions de la politique pénale depuis l’arrivée de Christiane Taubira au ministère de la Justice. »

Sans surprise, pas d’adhésion non plus de la part de l’éditorialiste Paul-Henri du Limbert : « Voilà une courbe qui s'inverse, ce qui n'est pas si fréquent sous la présidence de François Hollande », raille-t-il… « Mais de cette inversion-là on se serait bien passés […] À l'heure où la délinquance violente progresse, la baisse de la population carcérale ne manquera pas d'intriguer l'opinion publique (...) Si le premier ministre souhaite enrayer l'engouement électoral dont fait l'objet Marine Le Pen, il devrait commencer par se séparer de Christiane Taubira, cette ministre qui dit ce qu'elle fait et qui, hélas, fait ce qu'elle dit... »

Le plaidoyer d’Emmanuel Macron pour « une transformation profonde de l’industrie française »

A un peu plus d’un mois du congrès du PS, dont il n’est plus membre, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron défend la ligne économique du gouvernement. Dans une longue tribune publiée dans Le Monde, qui ne manquera pas de prendre certains socialistes à rebrousse-poil, il appelle à « renouveler l’esprit industriel du capitalisme […] grâce à une nouvelle démocratie actionnariale ». « Nous avons les moyens de façonner un capitalisme à l'image de nos ambitions » veut croire le jeune premier du gouvernement.

« La France est entrée dans une ère de capitalisme naïf qui a conduit à privilégier les intérêts d'actionnaires aux stratégies de court terme, dénonce Emmanuel Macron, nous devons façonner un capitalisme à l'image de nos ambitions : construire un environnement économique et financier propice, retrouver le sens du long terme, financer l'économie réelle, réindustrialiser notre pays. Il faut pour cela être volontaire, et donc accepter que l'économie de marché est un rapport de forces sur lequel nous avons les moyens de peser » argumente le ministre. Qui ne manque toutefois pas de marquer sa différence : « C'est ce que mon expérience dans le privé m'a appris, et c'est le sens de mon action aujourd'hui. »

Les valeurs de l’Europe coulent avec les migrants

Les drames de l’immigration en Méditerranée et le sommet européen de jeudi suscitent toujours de nombreux commentaires.
« Sur les bancs de l'école, nous avons appris la traite des Noirs », attaque Le Courrier de l’Ouest… « Et voilà que, de nouveau, l'esclavage de masse vient frapper à nos portes. »

« Il est peu de dire que le sommet extraordinaire de Bruxelles n'a pas été à la hauteur des enjeux de la crise humanitaire » juge La Charente Libre. « Aujourd'hui quand un bateau de migrants coule en Méditerranée, c'est l'Europe politique qui fait naufrage avec toutes les valeurs de liberté, d'humanité et solidarité qu'elle prétend incarner. »

« Les décisions annoncées, sont, bien sûr, décevantes » renchérit Le Monde. « Rien qui ressemble là à un sursaut à la mesure du drame humanitaire en cours (...) L'opinion se trompe en mettant en cause l'Europe. Dans cette affaire, les institutions européennes sont impuissantes pour une bonne raison : l'essentiel des questions migratoires ne fait pas partie du domaine communautaire. Aucun des 28 ne veut mettre assez d'argent (...) Les 28 ne veulent pas décider d'une politique de droit d'asile communautaire (...) les 28 ne sont pas d'accord sur la question d'une répartition des immigrants (...) Ce n'est pas l'UE qui échoue lamentablement dans cette affaire. Ce sont les nations européennes, gouvernants et électeurs. »

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