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Aujourd'hui l'économie

Quelle sera la politique monétaire de la Fed?

Audio 03:28
La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen.
La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen. REUTERS/Gary Cameron/Files
Par : Patricia Lecompte
7 mn

La Réserve fédérale américaine tient son comité de politique monétaire mensuel. Les marchés attendent de connaître ce soir la décision que prendra sa présidente Janet Yellen. Elle pourrait décider de relever le taux directeur dès le mois de juin, mais certains analystes tablent plutôt sur septembre.

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Après cinq années de taux historiquement bas - actuellement son principal taux est à 0,25 - la Fed devrait maintenant changer de braquet. Depuis la crise de 2008, l'institution a fortement abaissé ses taux d'intérêt pour faire circuler l'argent dans l'économie, ce qui lui a permis de se redresser. Cet argent bon marché a également largement bénéficié à la Bourse, où les investisseurs ont pu réaliser des opérations lucratives. En revanche, la faible rentabilité liée aux taux d'intérêt proche de zéro a appauvri les banques centrales, qui ont vu leurs réserves diminuer. Il n'est donc pas souhaitable que cette situation s'installe.

Lors de sa réunion du mois de mars, la Réserve fédérale avait en filigrane exprimé son intention de relever son principal taux directeur au mois de juin. Mais les derniers indicateurs économiques s'avèrent décevants. Les chiffres confirment que le premier trimestre sera relativement médiocre, ce qui pourrait contraindre Janet Yellen à encore un peu de patience, mot qu'elle avait pourtant décidé de rayer de son vocabulaire, le 18 mars dernier.

Dans le jeu des vases communicants, il y a les gagnants et il y a les perdants. Les perdants, ce sont les entreprises américaines qui font triste mine, alors que les européennes, elles, retrouvent le sourire. En cause, la baisse de l'euro face au dollar qui joue en faveur des exportations européennes, mais en défaveur des entreprises et de l'économie américaine. Les produits importés aux Etats-Unis coûtent moins chers, donc pèsent sur l'inflation qui reste faible. En mars elle n'était que de 0,2 %, loin, très loin de l'objectif de la banque centrale, fixé à 2 %.

Le billet vert est au cœur des préoccupations de la Fed

La montée du dollar a surpris plusieurs membres de la Réserve fédérale, qui ne cachent plus leur inquiétude. La flambée de la monnaie américaine, qui a grimpé de 25 % en un an face à l'euro et de presque 20 % face aux autres devises, pourrait coûter jusqu'à 0,6 point à la croissance annuelle. De plus, la baisse des prix du pétrole est restée sans conséquences sur la consommation des ménages qui est le moteur principal de la croissance américaine. Les Américains ont préféré épargner les économies réalisées grâce à la baisse de leur facture d'énergie, plutôt que de les dépenser, augmentant ainsi leur taux d'épargne de 0,8 %.

En revanche, l'effondrement des cours du pétrole a conduit à des suppressions d'emplois et à des coupes dans les investissements des entreprises du secteur. Les créations d'emplois en mars ont été décevantes, tombant à leur plus bas niveau depuis plus d'un an tandis que le taux de chômage est resté stable à 5,5 %. Face à un redémarrage fragile, le moral des ménages est en berne.

Il va être difficile pour la Fed de modifier sa politique monétaire

La mollesse de l'économie a probablement réduit les chances d'une première hausse des taux pour juin. Même si les investisseurs attendent une Réserve fédérale prudente, il faut malgré tout se méfier. Janet Yellen pourrait créer la surprise en décidant de revaloriser les taux. Certains analystes l'expliquent par le fait qu'elle retrouverait une marge de manœuvre et se redonnerait du mou en vue d'une éventuelle prochaine crise. Malgré un premier trimestre en demi-teinte, la Fed peut considérer que le socle est suffisamment solide pour remonter lentement ses taux et sortir progressivement de son statu quo monétaire.
 

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