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Aujourd'hui l'économie

Le Népal ne pourra pas assumer seul sa reconstruction

Audio 03:24
Bhaktapur, Népal, le 30 avril 2015
Bhaktapur, Népal, le 30 avril 2015 REUTERS

Cinq jours après le séisme, les opérations de secours se poursuivent difficilement. L'aide internationale afflue. Une fois l’urgence humanitaire passée, il faudra penser à la reconstruction. Elle s’annonce titanesque dans un pays où l'économie est déjà fragile.

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Le Népal a retrouvé la paix en 2006, après dix ans de guerre contre les rebelles maoïstes. C’est l'un des pays les plus pauvres au monde. Un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le pays est en constante insécurité alimentaire. L'agriculture népalaise ne parvient pas à subvenir aux besoins de la population. Le secteur emploie pourtant les deux tiers des habitants et pèse pour 36 % du produit intérieur brut népalais, mais les réserves suffisent à peine pour les mois d'hiver.

Une économie dépendante des importations, sous perfusion internationale

Cette année sera évidemment plus difficile encore, le séisme est intervenu juste avant la saison de la mousson au moment où les Népalais préparent les cultures. Il faudra donc importer. Le Népal est d'ailleurs  économiquement très dépendant des importations. L'Inde et la Chine voisines sont ses principaux fournisseurs. D'énergie (gaz et pétrole), de matières premières agricoles pour combler les manques de la production nationale, de textiles, de fer, d'acier, d'or et de produits électriques. Une dépendance qui rend le Népal très vulnérable aux tensions économiques extérieures.

La monnaie népalaise est indexée sur la roupie indienne, chaque hausse renchérit les produits importés et limite encore le pouvoir d'achat des Népalais. Le pays importe beaucoup mais exporte peu et essentiellement vers l'Inde. Des tapis, des laines Pashmina, du textile.

Le tourisme et l'eau : des ressources insuffisamment exploitées

Avec ses rivières issues des glaciers, la production d'énergie hydroélectrique pourrait être un trésor si elle était mieux exploitée. Il faudrait pour cela attirer les investisseurs étrangers, jusqu'à présent dissuadés par le manque d'infrastructures. Après le séisme, tout est à reconstruire. Le tremblement de terre a détruit la moitié des routes, des bâtiments et des outils de communication du pays.

Quant au tourisme, c'est l’un des moteurs de l'économie népalaise. Des centaines de milliers d'amateurs de « treks » et de nature se rendent au Népal chaque année, mais les fruits récoltés sont en deçà de ce que le Népal pourrait espérer.  Problème d'infrastructures toujours, manque d'hébergement, peu de liaisons aériennes... L'instabilité politique et la corruption neutralisent bon nombre d'efforts pour développer ce secteur.

Exode des travailleurs népalais

Le Népal a toujours été un pays de migrants mais depuis quelques années, il se vide littéralement de sa population. Le chômage touche 50 % de la population, et pour trouver un emploi, il faut se résigner à aller travailler ailleurs, au Moyen-Orient, au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït, en Malaisie, en Corée du Sud… Ceux qui partent viennent pour la plupart des campagnes. Ils sont sans qualification, parfois illettrés.
Avant le séisme, plus de 1 000 Népalais s'envolaient chaque jour de l'aéroport de Katmandou dans l'espoir de trouver le travail qui leur permettrait d'envoyer de l'argent à leurs familles et de garantir une meilleure vie à leurs enfants, quitte à ne pas les voir grandir pendant leurs années d'exil.

Les contrats sont signés à la va-vite : un pays et un salaire, ce sont les deux seules informations que les candidats au départ retiennent. Les agences de recrutement en ont fait un vrai business et bénéficient de soutiens, politiques notamment. Au Népal, l'argent envoyé par les migrants fait vivre plus de la moitié de la population. Six milliards de dollars par an, soit 26 % du produit intérieur brut népalais.  

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