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Revue de presse française

A la Une: des sous pour l’armée!

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AFP

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La décision était attendue, nous l’évoquions déjà hier, le ministère de la Défense a obtenu une rallonge budgétaire. Les armées bénéficieront de 3,8 milliards supplémentaires entre 2016 et 2019 pour s’adapter à la nouvelle situation sécuritaire. Avalanche de réactions ce matin dans les journaux. « François Hollande l’a rappelé hier, il est le “chef des armées” et à ce titre il a tranché en leur faveur, s’exclame La Voix du Nord. Le ministre des Finances et ses comptables de Bercy sont priés de chercher des économies ailleurs que chez la Grande Muette. Alors que la France est “en guerre” contre le terrorisme islamiste, et pas seulement au Mali comme on a pu le vérifier depuis janvier et encore tout récemment à Villejuif, ce n’est pas le moment de baisser la garde. Le ministre de la Défense a donc obtenu à peu près tout ce qu’il voulait. Près de 4 milliards en plus et 18 500 postes préservés, par les temps qui courent, c’est le soleil d’Austerlitz pour le Breton têtu Le Drian ! »

« Nécessité fait loi, relève Le Journal de la Haute-Marne. La sanctuarisation du budget militaire et la rallonge de 3,8 milliards d’euros sur quatre ans étaient devenues inéluctables. La menace du terrorisme a pesé plus lourd que la rigueur budgétaire dans la balance de l’arbitrage présidentiel. Nos forces armées sont de plus en plus sollicitées tant sur les théâtres extérieurs que dans des opérations de sécurité intérieure. Il n’était donc pas question de tailler dans les dépenses et dans les effectifs. »

Sur le plan politique, « ce choix est évidemment lourd de sens, pointent Les Echos. Car François Hollande fête moins ses trois ans à l’Elysée ce 6 mai prochain qu’il ne lance le compte à rebours des deux ans avant l’élection présidentielle de 2017. Le chef de l’Etat est déjà tout entier tourné vers sa réélection et il se choisit la seule posture que lui aient jamais reconnue les Français dans les sondages. Celle de chef de guerre, version actualisée du père de la Nation au temps du terrorisme, plutôt que celle de père la rigueur. »

Et l’Europe ?

Sur le plan économique, cette rallonge aux armées va peser sur le budget… Et « une fois encore, déplore L’Opinion, Paris expliquera à Bruxelles combien la France est, malgré ses engagements, digne de foi et mérite l’indulgence, le répit. Mais une fois encore, notre endettement va progresser, et avec lui la dépendance dans laquelle nous sommes vis-à-vis de nos créanciers. Jusqu’à cette situation absurde : la France est prête à perdre un peu plus de sa souveraineté budgétaire et financière au nom de sa souveraineté militaire. »

Justement, remarque La Courrier Picard, « le gouvernement pourrait exiger de la commission européenne de sortir de son budget les coûts des opérations extérieures, au nom de la sécurité collective. » En effet, « seule garante en Europe d’une capacité d’intervention militaire et d’une dissuasion digne de ce nom à l’extérieur – la Grande-Bretagne étant une filiale des USA – la France assume des coûts militaires supérieurs à ses voisins. Ce qui arrange chacun… Certains nouveaux modes de calcul de la richesse nationale intègrent bien le chiffre d’affaires estimé du trafic de drogue… Pas très moral, conclut Le Courrier Picard, mais notre déficit national et notre filière militaro-industrielle s’en porteraient bien mieux. »

Soldats violeurs ?

Au moment même où François Hollande annonçait cette rallonge budgétaire aux armées hier, on apprenait que des soldats français étaient accusés de viols sur des enfants en Centrafrique… Les journaux restent très prudents sur cette affaire, car l’enquête est toujours en cours et rien n’est avéré. A l’origine de l’affaire, relève Libération, un rapport confidentiel des Nations unies qui aurait été remis à la presse britannique et aux autorités françaises par un cadre suédois de l’ONU. « Selon les témoignages recueillis, précise Libération, de jeunes garçons ont accusé des soldats français de les avoir violés et d’avoir abusé d’eux “en échange de nourriture” ou d’argent. Les faits auraient eu lieu fin 2013 début 2014, avant et après la mise en place de la Minusca, la mission des Nations unies dans le pays. Le rapport avait été commandé par le bureau du haut commissaire de l’Onu pour les droits de l’homme, à la suite de rumeurs d’abus dans le camp de M’Poko. »

« L’armée française au cœur d’un scandale », titre Le Parisien en première page. Le Parisien qui précise qu’en France, « une enquête préliminaire a été ouverte. Treize militaires seraient visés, sans que tous soient suspectés d’être les auteurs des viols. “Le document transmis évoquait le témoignage de six enfants, explique un proche du dossier. Quatre d’entre eux ont rapporté avoir été directement victimes de sévices par des militaires. Les deux autres ont affirmé avoir eu connaissance d’agissements similaires”. Toujours selon nos informations, poursuit Le Parisien, les jeunes victimes ignorent les noms de leurs agresseurs supposés et n’ont été en mesure d’indiquer que des prénoms ou des surnoms, voire des détails physiques trop vagues pour désigner formellement les militaires suspectés. »

Triste palmarès

On revient à Libération qui consacre son dossier du jour à la peine de mort dans le monde… « Pour que la peine capitule », s’exclame Libération. « Le sort en suspens du Français Serge Atlaoui en Indonésie remet en lumière les centaines d’exécutions pratiquées chaque année dans le monde », relève le journal.Les pays qui exécutent le plus, selon Amnesty International : l’Iran (289 exécutions en 2014), l’Irak, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. « Mais de nombreux pays, où les données sur la peine de mort relèvent du secret d’Etat, sont absents du rapport d’Amnesty, note Libération. Notamment la Chine et la Corée du Nord, ces deux derniers pays se plaçant, selon les estimations, en tête du classement des pays qui exécutent le plus. »

Dans son éditorial, Libération lance un appel en direction du président indonésien : « on pourrait lui expliquer que l’abolition de la peine de mort est un pas indispensable dans la construction d’une société démocratique, que la civilisation et ses lois proscrivent aux Etats de mettre à mort quiconque, serait-il le plus endurci des criminels, que la peine capitale ne joue aucun rôle dissuasif, que les pays où elle a été abolie ne sont pas plus frappés que les autres par l’insécurité et que dans le cas d’une erreur judiciaire – cela arrive –, on tue de surcroît des innocents. A cet élu hors norme qui cultive une image de modernité, poursuit Libération, on pourrait aussi faire remarquer que, sur le long terme, les nations du monde abandonnent l’une après l’autre cette pratique inhumaine, qu’elles remplacent par des peines de prison longues et incompressibles. Mais c’est sans doute inutile : seule une pression politique vigoureuse et la menace de sanctions diplomatiques et économiques pourra faire reculer ce pouvoir archaïque et sauver Serge Atlaoui. »

 

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