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Revue de presse française

A la Une: le scandale des viols présumés, par des soldats français en Centrafrique

Audio 06:14
AFP
Par : François-Xavier Freland
13 mn

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Sangaris : une ombre au tableau

« J'ai ressenti du dégoût, une forme de trahison par rapport à la mission confiée », s'exclame le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian dans un long entretien accordé au Journal du Dimanche, à propos du scandale des viols présumés d'enfants par des soldats français, entre autres, en Centrafrique.

Le ministre, heureux pourtant d'avoir obtenu une rallonge pour son budget de la défense de près de 4 milliards d'euros cette semaine, est très en colère contre ceux qui auraient « sali le drapeau » comme il dit. « De nombreux soldats français ont fait preuve de courage, rappelle-t-il, trois d'entre eux y ont laissé leur vie, et d'abnégation au service de ce pays, la Centrafrique, qui autrement aurait sombré dans le chaos et les massacres de masse », interpelle Jean-Yves Le Drian...

Le JDD fait des révélations sur ces viols, à travers la copie du rapport de l'ONU qu'il s'est procurée, où l'on retrouve les témoignages de six enfants. Ils racontent les fellations à des soldats français « blancs et noirs » en échange de biscuits. D'autres enfants parlent de sodomies pratiquées par des soldats tchadiens et de Guinée équatoriale. Tous sont précis, donnent les surnoms, les indices sur la peau comme des tatouages.

Attention néanmoins, prévient-on au ministère de la Défense, la Centrafrique est le pays des rumeurs. Il faut attendre les résultats définitifs de l'enquête interne.

Entre Lorient et L'Orient

« Entre Lorient et l’Orient, le courant passe », s'amuse Le Parisien qui nous livre les dessous de la vente de 24 Rafale au Qatar. Lorient, c'est la ville bretonne d'où est originaire Jean-Yves Le Drian encore lui, et l'Orient, c'est la région géographique du Qatar.

Le Parisien raconte cette anecdote digne d'un film des années 60. Le ministre de la Défense décidément sur tous les fronts Jean-Yves Le Drian, reçoit -à son invitation- son homologue qatarien en France. C'est un général, un ancien des forces spéciales qatariennes. On les retrouve d'ailleurs en photo, Le Drian avec un faux air de Louis de Funès, et le général qatarien donc, grosse moustache sous le nez engoncé dans un uniforme trop serré qui déborde de médailles. Et « le Breton » , comme le surnomme Le Parisien lui réserve une surprise de taille : il le conduit sur ses terres bretonnes en Falcon. « Dans les hublots, de part et d’autre du petit avion de la République apparaissent soudain les silhouettes de deux Rafale qui l’escorte, le temps de cet étonnant Paris-Brest. Le ministre de la Défense du Qatar est réservé. Mais la marque d’attention ne le laisse pas indifférent. Quelques jours plus tard, à son tour, il convie en toute discrétion Le Drian à Doha ». Et là, c'est la totale. Le courant passe si bien entre les deux hommes qu'ils parlent de foot et du club des Merlus [le club de foot de Lorient NDLR] en mangeant du chamelon rôti, le petit du chameau, à l'abri du soleil sous une tente en plein désert. Tant et si bien qu'au moment de la digestion, le ministre qatarien s'exclame : « On va prendre tes avions ». Résultat, un contrat à 6,3 milliards d’euros. Il paraît qu'au Moyen-Orient la relation personnelle compte beaucoup en affaires.

Boko Haram : terreur et champs de ruines

Le Monde nous emmène dans son édition du jour à Gwoza, ville récemment libérée par l'armée nigériane. Partout, dès qu'ils récupèrent une ville ou un village à Boko Haram, c'est le même paysage d'apocalypse que les soldats nigérians découvrent, à en croire l'envoyé spécial du Monde à Gwoza au nord du pays. « Depuis la banque locale jusqu’au moindre magasin, en passant par des quartiers entiers, tout est incendié, saccagé. Et dans les ruines, une poignée d’habitants se terre. Des soldats tentent à grand-peine de restaurer un peu de confiance ». Gwoza comptait des chrétiens, des musulmans, un émir, des bergers, tout un commerce avec le Cameroun voisin, par-delà la chaîne des monts Mandara. Tout cela semble détruit à jamais. A la sortie de la ville, devant l’abattoir municipal, se trouve un des ossuaires. « Les soldats se bouchent le nez, se taisent. Des cadavres ont été jetés pêle-mêle dans un fossé. Plus de 600 personnes y auraient été exécutées par Boko Haram », selon Le Monde.

Le cauchemar climatisé

Dans Le Figaro Magazine, une photo retient l'attention. C'est un paysage pris du ciel. On y voit des lotissements bien quadrillés et entourés de murs qui longent une route toute droite. Dans chaque jardin de ces grandes villas, un peu de luxuriance, une pelouse bien verte, quelques palmiers, et surtout des piscines, plus ou moins grandes. Tout autour de ces ghettos riches, le désert, la sécheresse, pas une goutte d'eau, pas de vie, tout juste quelques arbustes. Nous sommes à Palm Springs, au sud de la Californie aux États-Unis, la région vit depuis quatre ans, la pire sécheresse de son histoire. L'Etat a fait voter toute une série de sanctions contre les gaspilleurs d'eau, dont une amende de 10 000 dollars. « Ce qui a d'étonnant, lit-on en légende sous la photo dans Le Figaro, ce n'est pas l'étendue du désert, il a toujours été là, c'est l'obstination avec laquelle les habitants continuent à remplir leurs piscines et à arroser leurs jardins ».

Les « forçats du bitume »

L'Equipe Magazine est allé enquêter sur ces coureurs africains qui participent à tous les marathons en France. Des chasseurs de primes parfois dérisoires. Alors on retrouve en photo Tura Kumbia, coureur éthiopien, par terre sur son matelas dans sa micro-chambre de 6 m2 au foyer des Ulis en banlieue parisienne, envahie de coupes et de médailles. Il s'entraîne seul, deux fois par jours autour d'un champ à quelques pas. Il a gagné à la mi-octobre le Marathon du Val de Mareuil, en s'imposant en 2h16, six minutes au dessus des minima fédéraux. Il vise à 35 ans les jeux Olympiques avec la France en 2016.

Un autre exemple de cette vie de galérien marathonien, celle de Paul Omuya, Kenyan de 30 ans. Il a fui son pays, où des villageois lui avaient coupé deux doigts pour un vol de vaches. C'est « la course ou la machette » titre l'Equipe Magazine. Ce père de deux enfants devenu 2ème du championnat de France de Cross en mars, attend toujours la réponse à sa demande d'asile. La plupart de ces athlètes économisent un peu d'argent pour rentrer chez eux ou aider les leurs. C'est le cas d'une coureuse burundaise Francine Nionizigiye, 26 ans, qui renvoie quasiment tout l'argent qu'elle gagne dans les courses pour ses frères et sœurs au pays, afin d'assurer les frais scolaires. Des athlètes qui se sacrifient littéralement pour leurs familles, en vivant la plupart du temps dans des taudis et de manière extrêmement modeste en France. On est loin du rêve européen.

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