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Revue de presse Afrique

A la Une: la réconciliation en Centrafrique

Audio 04:27
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Le Forum inter-centrafricain de la réconciliation est en train de prendre son dernier virage, relève le site de Radio Ndeke Luka. Les recommandations des ateliers thématiques ont été rendues publiques, notamment celles des ateliers Gouvernance et Développement économique et social. Onze délibérations à inclure dans la future Constitution centrafricaine ont été proposées par la commission Gouvernance. On peut noter entre autres l’insistance sur le caractère laïc de l’Etat centrafricain ; la consultation à la base sur les grandes questions de société et, la mise en place d’une haute autorité de bonne gouvernance. »

Et puis, « trois propositions fortes ont été formulées par les participants, note encore Radio Ndeke Luka : le report des prochaines élections, la saisine de la conférence des chefs d’États de la CEEAC[1] pour la prolongation de la transition et le maintien des hautes autorités de la transition jusqu’aux élections. »

Respiration…

Alors la presse ouest-africaine s’interroge, à l’instar du Pays au Burkina : « va-t-on vers une transition sans fin en Centrafrique ? C’est la question que bien des observateurs se posent, au lendemain de l’annonce de la prolongation du mandat de dame Catherine Samba-Panza. » Le quotidien ouagalais est très critique envers la présidente centrafricaine : « arrivée dans un contexte de crise, celle qui a succédé à Michel Djotodia s’est très vite illustrée négativement par une gestion népotique du pouvoir, brisant ainsi le capital de sympathie dont elle bénéficiait auprès de bien des acteurs de la crise. Et dès lors, Catherine Samba-Panza ne faisait plus l’unanimité parce que décriée par une partie de la classe politique et de la société civile. […] En tout cas, conclut Le Pays, on espère que cette nouvelle prolongation du mandat de Catherine Samba-Panza, si elle est entérinée par les chefs d’Etat de la CEEAC, sera la dernière. Car de prolongation en prolongation, on finira par exaspérer tout le monde. »

D’autres médias se félicitent des résultats de ce Forum centrafricain pour la paix, comme le site d’information Guinée Conakry Infos : « désarmement et réinsertion sont les maitres-mots de l’accord que les frères ennemis des Seleka et anti-balaka ont officiellement signé hier, constate Guinée Conakry Infos, comme pour mettre fin à toutes les velléités guerrières, à toutes les offensives armées, à toutes les attaques fratricides qui ont fini par épuiser et les populations et leurs auteurs eux-mêmes. La République centrafricaine est aujourd’hui exsangue, par la bêtise de ses hommes politiques qui ont fanatisé leurs militants et ethnicisé les comportements sociaux. Cette signature intervient donc comme une respiration attendue de tous, pour reprendre des forces. Non pas pour détruire, mais pour élaguer les pistes nouvelles d’un pays qui veut se réconcilier avec lui-même. »

Franchise ?

Le site Ledjely.com, toujours en Guinée, se veut optimiste : « après deux ans de tergiversations et d’errements sur fonds de violences et d’atrocités en tous genres, les Centrafricains semblent vouloir donner un second souffle à la transition qu’ils vivent depuis le départ Michel Djotodia. A l’occasion du forum dit de Bangui qui s’est achevé hier, un nouveau cap a été fixé et de nouveaux engagements ont été pris. Si les nobles intentions ne manquent pas, il reste cependant à savoir, tempère Ledjely.com, si les parties prenantes, refrénant ambitions personnelles et égos démesurés, sauront honorer les promesses. »

Enfin, L’Observateur Paalga au Burkina reste prudent : « voilà une batterie de mesures qui inscrivent a priori la Centrafrique dans une dynamique de paix. Mais entre ces belles professions de foi et la réalité du terrain, il y a souvent un gouffre. Et il faudrait se garder de prendre pour paroles d’évangile les propos de gens qui sont loin d’être des enfants de chœur. Bien au contraire. […] On aurait tort peut-être de penser que les résolutions prises de concert par les groupes armés sont franches, quand on a vu l’incroyable irresponsabilité dont ils ont fait montre jusque-là. Cela dit, pointe L’Observateur Paalga, les conclusions de ce “Forum de la dernière chance” sont censées être un nouveau départ pour ce pays qui a tant souffert des turpitudes des ses fils ; elles sont censées sceller le pacte de la refondation de la Centrafrique. Osons donc y croire et croisons les doigts pour qu’enfin le soleil se lève à Bangui. »


[1] La Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC)

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