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Réfugiés en RCA : «La sécurité est notre principal souci» pour B.Botto

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Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition lors de la clôture du Forum de Bangui, le 11 mai.
Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition lors de la clôture du Forum de Bangui, le 11 mai. AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

La cérémonie de clôture du Forum de réconciliation de Bangui a eu lieu hier, lundi 11 mai, après une semaine de travaux. Des représentants de toute la Centrafrique sont venus présenter les préoccupations et les doléances de leur région. Les déplacés, ceux qui ont été chassés de chez eux par les violences et qui ont dû s’installer dans des camps avaient aussi leurs délégués. Notre invité ce matin représentait les déplacés du site de Mpoko, le principal camp de Bangui. Bertin Botto est au micro de notre envoyé spécial.

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RFI : Comment réagissez-vous à ce qui s’est passé au moment où, au sein de l’hémicycle une chaîne de l’unité et de la paix était en train de se constituer, ces tirs qui ont retenti ?

Bertin Botto : Quand on était dans l’hémicycle, le CNT, on écoutait des retentissements des tirs de canons hors de l’hémicycle, ce n’est pas un bon symbole. Là, je vous le dis ouvertement, ce n’est pas un bon symbole. Ces détonations, ça me rappelle maintenant le 5 décembre 2013, où on avait entendu les détonations d’armes venant de partout ! On ne savait pas de quoi il s’agissait. Il y a eu des déchirements et ça c’est vraiment un mauvais souvenir pour moi. On cherche à aller vers la paix et on veut nous unir pour pouvoir faire un pas en avant.

Quel était le message que vous êtes venu porter au Forum de Bangui au nom des déplacés ?

Nous voulons qu’il y ait désarmement, désarmement forcé, assurer la sécurité des déplacés. Nous demandons à ce qu’on nous rétablisse, le fait de nous donner un peu de moyens d’accompagnement. Nous avons perdu énormément ! Les maisons incendiées, les maisons pillées, les biens, les opérateurs économiques ont beaucoup perdu. Il faut mettre à leur disposition un moyen pour pouvoir les aider à rentrer chez eux. Il faudrait assainir nos arrondissements. Ils ont enterré des cadavres un peu partout. Ils ont jeté des cadavres dans les puits, ils ont jeté des cadavres dans les latrines. Donc ça pose d’énormes problèmes parce que là, présentement, c’est la saison pluvieuse. Il faudrait donner un peu de moyens d’accompagnement. Et c’est comme ça que les déplacés vont peut-être quitter leurs sites pour pouvoir regagner leurs domiciles.

Est-ce que vous avez le sentiment que ce message, ces revendications, ont été entendus lors du Forum ?

Tout à fait. Pour la simple raison qu’aujourd’hui nos suggestions, nos revendications sont sorties dans le rapport final du Forum de Bangui. Ce que je retiens le plus, c’est la sécurité. Parce que la présidente de la République dans son discours a mis un accent particulier sur le désarmement dans le troisième et une partie du cinquième arrondissement de Bangui, même dans les seize préfectures de Centrafrique.

Est-ce que les déplacés du camp de Mpoko ont été attentifs à ce qui s’est passé au sein du Forum de Bangui ? Est-ce qu’ils ont écouté à la radio ce qui se disait ?

Effectivement, ces déplacés suivaient de bout en bout ce qui se disait sur les ondes de la radio au sein de l’hémicycle du CNT. Mais ces déplacés sont vraiment très contents. Ça crée de l’espoir. Nous voulons que l’on applique tout ce qui a été dit.

Est-ce qu’en tant que déplacé vous accordez une importance à la démarche du forum sur la justice et la réconciliation ?

Effectivement, moi qui suis devant vous, j’ai perdu tout. Nous voulons qu’il y ait une justice. Il faut que la justice soit faite ! Il faut que soient jugés les bourreaux. Et après la justice, c’est à ce moment-là qu’il y aura le pardon. Nous demandons à ce qu’on nous dédommage, tous ceux qui ont perdu leurs biens. Et comme ça, la justice sera faite. S’il n’y a pas de dédommagement, que sera notre sort ? Les déplacés vont souffrir.

Le Forum de Bangui préconise une prolongation de la transition. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Nous sommes en phase de transition. Il faut aller aux élections. Nous tenons à ce que l’élection ait lieu. Ça changera beaucoup de choses parce que les déplacés vont voter pour la personne qu’ils veulent voir assumer la magistrature suprême. Ça marquera la fin de la crise pour eux. Quelle que soit la date nous voulons rentrer chez nous avant les élections. On ne peut pas rester sur le site et faire les élections. C’est inadmissible. Nous ne pouvons plus rester sur le site. Vous savez que le site est invivable ! C’est invivable !

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