Revue de presse Afrique

A la Une : l’un s’accroche, l’autre revient…

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Le premier : Pierre Nkurunziza. « Deux semaines viennent de s’écouler et le bras de fer entre le peuple burundais et son président ne connaît pas de répit, soupire le site d’information de l’hebdomadaire Iwacu. On compte à l’heure qu’il est une vingtaine de morts, des dizaines de blessés et d’innombrables personnes incarcérées en dehors de toute règlementation juridique. Face à une telle situation, Pierre Nkurunziza reste sourd à toutes les sollicitations pour le retrait de sa candidature vers un troisième mandat. Pire, son pouvoir renforce la répression et surtout s’active à diviser la nation entre les 'bons' et les 'mauvais' citoyens selon qu’on soutient ou non ce mandat présidentiel de tous les dangers. »

« La contestation contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza ne faiblit pas au Burundi, constate pour sa part le quotidien Le Pays au Burkina. Bien au contraire, on a le sentiment que le mouvement va s’amplifiant, avec de plus en plus de voix qui s’élèvent pour dénoncer sans fioritures la forfaiture du président burundais. Hier encore, des jeunes sont descendus dans la rue, beaucoup plus nombreux, malgré l’ultimatum du Conseil national de sécurité pour l’arrêt du mouvement 'insurrectionnel'. Avant eux, ce sont des femmes qui avaient bravé l’interdiction, dimanche, pour se prononcer contre ce troisième mandat et demander l’arrêt des tueries de leurs enfants et de leurs maris. »

Qui plus est, note encore Le Pays, « après l’Oncle Sam qui n’a pas porté de gants pour lui signifier sa forfaiture, et l’Union africaine qui le lui a aussi signifié, la Belgique vient d’annoncer la suspension de son soutien au processus électoral burundais et son aide à la coopération policière, en raison des violences meurtrières (…). Deux mesures fortes qui visent à faire entendre raison au maître de Bujumbura. »

La Belgique suspend donc son aide au Burundi, mais aussi les Pays-Bas et la Suisse : « force est de constater que Nkurunziza va finir par s’isoler, pointe Fasozine. En tout cas, sa marge de manœuvre se réduit de plus en plus. Et il faut espérer que la communauté internationale finira par lui faire entendre raison. C’est du moins tout le mal que l’on peut souhaiter aux Burundais. »

Quelle mouche a piqué Dadis ?

Celui qui revient à présent, c’est… Dadis Camara ! « Dadis Camara, le revenant », s’exclame le site d’information Guinée Conakry Infos. L’ex-chef de la junte guinéenne entend bien se présenter à la prochaine élection présidentielle sous la bannière de son parti, les Forces patriotiques pour la démocratie et le développement. Guinée Conakry estime que ses chances sont plutôt minces… « C’est avec intérêt qu’il sera accueilli dans certains milieux. Mais, quant à sa chance de remporter cette élection, et plus loin, la pérennité de sa carrière politique, il s’avérerait impérieux que les inconditionnels de Moussa Dadis Camara y réfléchissent davantage. (…) L’ancien chef de la junte risque de tomber plus bas que ne le soupçonnent ses supporters. Sans oublier l’épée de Damoclès que représente le dossier des massacres du stade du 28 septembre, où la justice n’a pas encore dit son dernier mot. »

Ledjely.com, autre site guinéen, ne croit guère à ce retour en politique de Dadis Camara : « est-il réaliste de sa part de vouloir diriger un parti politique et mieux encore, faire son retour en Guinée ? Ce n’est pas très évident. (…) Pour autant, il peut, avec ces agitations réclamer et obtenir un meilleur traitement et une garantie de ne pas être remis entre les mains de la justice internationale. C’est le meilleur résultat qu’il peut obtenir de la savante mise en scène à laquelle il se livre actuellement. »

« Quelle mouche a piqué l’ubuesque 'Amin Dada' de N’Zérékoré ? », s’interroge pour sa part le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « On a du mal à comprendre les raisons qui l’ont poussé à sortir de son silence ? Est-il fatigué ou blasé de la vie de privilégié qu’il mène depuis 5 ans dans la capitale burkinabè ? (…) Le président Condé lui aurait-il coupé les vivres ? Ou alors, veut-il se 'carapacer' contre d’éventuelles poursuites judiciaires ? (…) L’ex-reître qui s’est offert en spectacle durant les Dady show cathodiques n’ignore pas en effet qu’après le carnage à huis clos du Stade du 28 septembre, en 2009, tant que la vérité et la justice n’auront pas en cours, il n’est point d’échappatoire pour lui. Pour tout dire, conclut Aujourd’hui, si c’est une fuite en avant, c’est mal parti car on voit mal comment les 157 victimes et les 109 femmes et filles violées accepteraient de compter pour du beurre et laisser Dadis Camara venir encore prétendre concourir pour la présidence. Il doit d’abord répondre de ses actes. »

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