Revue de presse Afrique

A la Une: un si long chemin vers la paix au Mali

Audio 04:08
© AFP/Pius Utomi Ekpei

Publicité

Beaucoup de scepticisme dans les journaux africains à quelques heures de la signature de l'accord de paix et de réconciliation au Mali. « Le pays s'apprête à vivre une journée historique, un tournant majeur dans son existence », estime l'Essor, quotidien de Bamako. « Les Maliens fondent beaucoup d'espoir sur cet accord », l'aboutissement d'un « véritable marathon », « un si long chemin », dont le journal détaille toutes les étapes, et surtout les entorses au processus de paix entre les groupes armés et le gouvernement. « Certains estiment que l'accord d'Alger menace l'unité du Mali ».

Mauvaise fortune bon coeur

L'éditorial de malijet.com ne dit guère autre chose. « Elu avec tous les espoirs d’un peuple, le Président IBK fait, apparemment, ce qu’il peut. Mais que peut-il face à des barbares qui ne connaissent que le seul langage des armes et ont peu de souci des souffrances des populations ? C’est vrai que la guerre nourrit et c’est là tout le problème ». Et l'article poursuit: « Ceux qui refuseront de désarmer et d’inscrire leurs revendications dans un processus démocratique, doivent être considérés comme des ennemis de la paix et combattus pour ce qu’ils sont ». Référence à la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui a finalement accepté de parapher l'accord. « Contre mauvaise fortune bon cœur », estime Le Pays. Le quotidien du Burkina Faso se demande « si l’on ne va pas finalement vers une paix armée où les protagonistes attendront la moindre occasion pour reprendre les hostilités ».

Nkurunziza indemne et renforcé?

La crise au Burundi est toujours à la Une des journaux africains, mais on dispose de très peu d'informations en provenance de la presse de ce pays. Il n'y a qu'à voir le message sur la page d'accueil du site Iwacu, qui ces derniers jours ne cessait déjà d'alarmer sur les atteintes à la liberté d'informer: « pour des raisons de sécurité, le Groupe de Presse Iwacu n’est pas en mesure de travailler librement. Iwacu est donc contraint d’arrêter provisoirement ses publications ».

Pour des commentaires sur les plus récents événements et l'échec du coup d'Etat, on se tourne volontiers vers la presse étrangère, avec ce titre à la Une de Ledjely.com: « Nkurunziza sauvé par son armée ». « Il faut avoir le courage de l’admettre », écrit le site d'info guinéen, « la tentative de coup d’Etat a fatalement échoué. Le président Nkurunziza, après quelques heures de frayeur et de sueurs froides, sort donc indemne de cette épreuve. Logiquement, on pourrait dire qu’il en sort également renforcé ».

Chasse aux sorcières?

Et Ledjely s'interroge sur les putschistes. « Auraient-ils surestimé leurs forces ? Auraient-ils minimisé le degré de loyauté de la grande muette à l’endroit du président burundais? » Trop tôt bien sûr pour le dire. En tous cas le site envisage déjà l'avenir sous forme de questions: « que fera Pierre Nkurunziza de cette victoire? Cédera-t-il au légitime désir de vengeance pour nous servir une implacable chasse aux sorcières ? Ce n’est pas exclu ». Pierre Nkurunziza, explique l'article, « devrait plutôt s’inspirer de ce coup de semonce pour faire valoir une certaine sagesse ». Autrement dit, renoncer à un troisième mandat.

« La société civile et l’opposition doivent reprendre la main », c'est le conseil formulé par Le Pays. Le quotidien burkinabé ne veut pas que cette crise devienne une « affaire militaro-militaire ». Et le journal de s'interroger aussi sur l'attitude des pays occidentaux. « Eux qui ont déjà prouvé leur solidarité avec le peuple burundais doivent accompagner ces efforts pour écarter définitivement le président Nkurunziza, s’impliquer pleinement dans le retour à l’ordre constitutionnel normal ». 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail