Chronique des matières premières

En Mongolie, Rio Tinto relance l'extraction du cuivre

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Site de la mine Oyu Tolgoi, en Mongolie.
Site de la mine Oyu Tolgoi, en Mongolie. Brücke-Osteuropa/ Wikimedia Public Domain

Signe précurseur d'un rebond des prix du cuivre ? Le groupe minier Rio Tinto signe la deuxième tranche de travaux de la mine géante d'Oyu Tolgoi en Mongolie. Un grand soulagement pour le gouvernement d'Oulan Bator.

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En Mongolie, les travaux vont reprendre dans la mine géante de cuivre et d'or d'Oyu Tolgoi. Les autorités d'Oulan Bator s'en félicitent. Oyu Tolgoi, la « colline turquoise », est une vraie pépite pour le pays, potentiellement un tiers de ses ressources économiques. Mais jusqu'à présent, seuls 20 % du gisement, la mine à ciel ouvert, étaient entrés en production, il y a deux ans. Restait à lancer le très coûteux aménagement souterrain du site, un puits aussi profond que la Manche.

Mais les négociations traînaient depuis deux ans, entre l'opérateur minier, le géant australien Rio Tinto et la Mongolie, qui avait fait monter les enchères en 2013, en pleine période électorale. Depuis, les prix des métaux ont perdu de leur superbe, et avec eux les prétentions des autorités d'Oulan Bator, qui ont fini par accorder des ristournes fiscales à Rio Tinto.

L'accord qui vient d'être signé entre le groupe minier et l'Etat mongol, actionnaire pour un tiers du capital, est qualifié d'exemplaire par le Premier ministre mongol. Il espère qu'il marquera le retour des investissements étrangers, largement évaporés depuis deux ans. Cet accord est aussi le signe que Rio Tinto croit au rebond des cours du cuivre, utilisé dans la construction et les câblages électriques. Si les prix du métal rouge ont perdu près de la moitié de leur valeur en quatre ans, ils se redressent depuis la fin du mois de janvier, pour s'approcher de 6 400 dollars la tonne.

C'est un des métaux dont l'offre est la moins excédentaire. La teneur en cuivre baisse dans les gisements, l'approvisionnement ne devrait progresser que de 2 % en 2015, soit le bilan le plus tendu par rapport à la demande depuis le pic des prix de 2011 (10 000 dollars la tonne). La production des tréfonds de la « colline turquoise » devrait arriver sur le marché à la fin de la décennie, au bon moment pour fournir autant de cuivre que toute la Zambie aujourd'hui.
 

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