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Aujourd'hui l'économie

Les sponsors de la Fifa veulent un grand ménage

Audio 03:30
Des agents du FBI perquisitionnent les locaux de la Confédération américaine de football (Concacaf) à Miami, le 27 mai 2015.
Des agents du FBI perquisitionnent les locaux de la Confédération américaine de football (Concacaf) à Miami, le 27 mai 2015. REUTERS/Javier Galeano

La corruption endémique à la Fifa, révélée par la spectaculaire opération de la justice américaine, fait réagir les sponsors. Impliqués ou non dans le scandale, ils demandent à l'organisation mondiale du foot de faire le ménage.

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Visa, l'un des plus gros sponsors de la Fifa, est le plus menaçant. Le groupe américain déclare qu'il reverra son parrainage faute d'un nettoyage rapide au sein de l'organisation mondiale du football. La majorité des autres grands sponsors, de McDonald's à Coca Cola en passant par le brasseur belgo-brésilien AB Inbev et le sud-coréen Hyunday, font part de leur émotion. Ils soulignent que ce n'est pas la première fois qu'ils demandent à la Fifa de revoir son fonctionnement.

Adidas, son pilier le plus ancien, est plus laconique. L'équipementier l'encourage à améliorer la transparence sans remettre en cause son partenariat. La marque allemande se réjouit sans doute de voir son concurrent américain Nike mouillé dans le scandale. L'américain fait profil bas et déclare coopérer à l'enquête, où il n'est pas explicitement cité mais fortement soupçonné.

Nike a payé officiellement 160 millions de dollars pour devenir partenaire exclusif de la fédération brésilienne, avec en ligne de mire la Coupe du monde de 2014 organisée par Rio. La marque aurait versé en cadeau 40 millions de dollars dans les poches de deux dirigeants, l'un membre de la Fifa, l'autre de la fédération brésilienne.

Les sponsors sont-ils victimes ou acteurs de la corruption ?

Les multinationales sont très soucieuses de leur image, c'est pour que cette image rayonne à travers le monde qu'elles deviennent sponsors. Elles souffrent donc quand leur nom est associé à une organisation entachée par une affaire de corruption. Dans tout contrat de parrainage, il y a des clauses morales qui libèrent le sponsor s'il estime que l'organisation, ou les sportifs, ont un comportement déviant. Les affaires de dopage dans le cyclisme avaient fait fuir les entreprises.

Mais si certaines désertent, d'autres sont trop heureuses de participer à la fête, pourquoi pas en acceptant les arrangements exigés par les membres de la Fifa. Nike par exemple qui dit « croire en l'éthique et au fair play aussi bien en affaires que dans le sport », selon les termes du communiqué officiel, sait bien que sa générosité a été largement récompensée. Totalement absente du football il y a dix ans, la marque dégage aujourd'hui plus de recettes grâce au ballon rond que grâce au basket.

La Fifa pourrait-elle pâtir de la désaffection des marques ?
 
Le football rapporterait plus que les Jeux olympiques en retombées médiatiques. Difficile de s'en passer quand on a un marché mondial. En mettant en cause publiquement le fonctionnement de la Fifa, et en menaçant de se retirer, les entreprises peuvent pousser la Fifa à la réforme. Elles espèrent aussi sans doute négocier à la baisse le renouvellement de leur contrat.

Quant aux groupes qui ont récemment mis fin à leur partenariat, leur exigence éthique est souvent le paravent vertueux d'intérêts plus terre à terre. Sony et Emirates ont quitté le navire en novembre dernier, d'autres poids moyens, Continental et Castrol, ont suivi en début d'année. En partie pour des raisons éthiques en partie parce que les prochaines coupes, en Russie et au Qatar, présentent un potentiel commercial plus limité ou plus difficile à exploiter. La relève n'a pas tardé : Gazprom est devenu sponsor il y a deux ans, Qatar Air et Samsung sont aujourd’hui sur les rangs.

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