Chronique des matières premières

Boeuf: la France tourne la page de la crise de la vache folle

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La viande bovine française pourra bientôt être exportée à nouveau.
La viande bovine française pourra bientôt être exportée à nouveau. Photo : Laurent Berthault

Samedi, la France sera officiellement classée dans les pays à risque négligeable d'ESB, la maladie de la vache folle. La viande bovine française prépare son retour à l'export.

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La France tourne la page de la crise de la vache folle. Il n'y a pas eu de cas d'encéphalopathie spongiforme bovine chez un ruminant depuis 2004. C'est un retour à la normale, vingt ans après une crise très dure pour la première filière bovine d'Europe, résume l'expert Jean-Paul Simier. Les éleveurs français se rappellent encore, après la transmission à l'homme de la maladie bovine (220 cas de Creutzfeldt Jakob en Europe) : personne ne voulait plus de leurs bêtes quand bien même ils les auraient données !

L'Europe avait alors imposé le système le plus strict au monde de surveillance des bovins, de prélèvement et de destruction des matériaux à risque, os et abats. Les farines animales, sources de la maladie bovine, avaient été exclues pour les ruminants et le sont toujours. Aujourd'hui, le classement de la France dans les pays indemnes par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) va accélérer la réouverture des marchés d'exportation, fermés depuis vingt ans.

Les éleveurs en difficulté cette année espèrent beaucoup de ces nouveaux débouchés. L'an dernier, les Etats-Unis ont levé leur embargo et l'Arabie saoudite partiellement, c'était le seul pays du Moyen-Orient fermé au boeuf français, avec le Qatar, l'Irak et la Syrie. L'Afrique du Sud devrait suivre. Sur ce continent, le Mali, l'Ouganda et le Botswana sont toujours fermés. La réouverture du Brésil est également attendue. Paradoxalement, le géant sud-américain de la viande pourrait acheter du boeuf français moyen et haut de gamme plus maigre, à griller.

Mais c'est le marché asiatique en pleine croissance que convoite la France. Et pour l'instant, seuls le Japon et tout récemment le Vietnam ont rouvert les frontières, et seulement à quelques produits. Le Vietnam importe plus qu'il ne consomme de boeuf, la différence part en Chine. Pékin ne devrait donc pas tarder à lever l'embargo à son tour. La Chine est encore un petit marché haut de gamme mais un gros marché de co-produits, comme les abats ou les morceaux avant. Des abats qui devraient aussi faire leur retour dans les assiettes des Européens, après l'approbation de Bruxelles. La fraise de veau est attendue à l'automne.
 

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