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Aujourd'hui l'économie

Reprise des négociations sur le climat à Bonn

Audio 02:59
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, lors des négociations sur le climat, le 1er juin à Bonn en Allemagne.
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, lors des négociations sur le climat, le 1er juin à Bonn en Allemagne. AFP PHOTO/Patrik Stollarz

Les négociations sur le climat reprennent ce lundi à Bonn en Allemagne. A six mois de la conférence de Paris, les 195 pays doivent mettre les bouchées doubles pour s'entendre sur un texte commun.

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Il y a encore du pain sur la planche. Pour éviter l'écueil de Copenhague, où les chefs d'État s'étaient retrouvés avec un texte incompréhensible contenant encore plus de 2 000 points de désaccord, leurs sherpas doivent au plus vite digérer, simplifier, alléger le texte de 200 pages sur lequel ils se sont mis d'accord lors de leur précédente réunion, sans perdre un gramme de substance.

La bonne nouvelle c'est que les participants sont tous sur la même ligne : ils veulent bien réduire les émissions de carbone, trouver un financement pour les pays en développement, et un instrument pour mesurer et contrôler le respect des engagements pris. C'est dans les détails que cela se complique, car à partir de ce canevas consensuel et surtout truffé d'options à choix multiples, chaque représentant va maintenant s'employer à défendre les intérêts de son État.

Quels sont les grands blocs en présence ?

Les plus pollueurs seront naturellement les moins enthousiastes à s'engager. Les pays du Sud qui subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique et qui émettent peu de carbone sont aujourd'hui mieux disposés que par le passé. À condition que les financements promis soient réellement assurés pour les aider à se développer sans devenir à leur tour des émetteurs de gaz à effet de serre. L'Europe, avec des objectifs chiffrés, fait partie des bons élèves de la classe climat. Mais ces lignes de fractures sont encore très mouvantes, car seulement 37 pays, la plupart européens, ont fait part de leur stratégie pour remplir les obligations contenues dans la déclaration commune.

L'expert Pierre Radanne fait la distinction entre les pays dits vides qui ont une faible densité humaine, comme les États-Unis, le Canada, la Russie ou l'Australie, et beaucoup de ressources naturelles. Pour ces pays il n'y a pas d'urgence à agir. En revanche les pays dits pleins, c'est-à-dire à forte densité démographique et peu de richesses naturelles comme le Japon ou les pays Européens, ils ont tout intérêt à décarboner au plus vite leur économie parce qu'ils sont pauvres en énergie fossile et en matières premières en général.

La Chine et les États-Unis ont pris des engagements communs en novembre dernier

C'est vrai que les deux premiers pollueurs de la planète, à eux deux, ils représentent 42 % des émissions de CO2, font preuve de volontarisme, mais leurs objectifs sont encore bien en deçà des efforts qu'ils devraient fournir au regard de leurs émissions. Les États-Unis ont transmis leur feuille de route aux Nations unies, elles sont conformes à ce qui avait été annoncé à Pékin, on attend la feuille de route de la Chine. On attend aussi la contribution du Japon, de l'Australie.

Tokyo plutôt pro climat doit aujourd'hui gérer l'après Fukushima et une situation économique encore compliquée. Quant à l'Australie, qui elle aussi n'a toujours pas communiqué ses intentions, elle est dirigée par les conservateurs acquis à la cause du lobby minier. À Bonn les négociateurs vont donc travailler d'arrache-pied pour obtenir un bon texte juridique, mais c'est bien une fois que les contributions de tous les pays seront connues qu'on mesurera les ambitions réelles de la COP 21.

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