Revue de presse française

A la Une : les Républicains

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AFP

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C’est désormais la nouvelle appellation de l’UMP et c’est officiel depuis le congrès du parti samedi. Les militants ont donc tranché. Et désormais, cap sur 2017. « Les Républicains lancent la bataille de l’alternance », titre Le Figaro en première page. « Le congrès fondateur des Républicains aura permis de dessiner le cadre de la future bataille présidentielle, commente le quotidien d’opposition. La République exigeante contre la République accommodante. Les Républicains contre les socialistes. À droite, chacun fera selon sa sensibilité. Le débat est légitime. Nicolas Sarkozy proclamera qu’on ne négocie pas avec les valeurs de la République et Alain Juppé défendra probablement une vision plus souple des lois et des usages. (…) À la fin des fins, les électeurs de l’opposition trancheront. Ils ne comprendraient pas que la compétition se réduise à une querelle de personnes ou à une bataille d’écuries. Le seul enjeu, conclut Le Figaro, est de sortir du socialisme. Dans les discours, bien sûr. Mais dans les actes, surtout. »

Pour Ouest-France, l’ancien président est désormais dans les starting-blocks : « Nicolas Sarkozy est en train de tourner la page de l’UMP. Il assied son autorité et sa légitimité sur la nouvelle formation. Il en contrôle tous les mécanismes et joue habilement du rassemblement au point que toute critique interne pourrait être qualifiée de tentative de division. Maître du parti, organisateur de la primaire, il a toutes les chances de l’emporter, estime Ouest France, grâce à un électorat militant qui lui est acquis. Il faudrait une très forte mobilisation des centristes pour qu’Alain Juppé, voire Bruno Le Maire, dont le tempérament n’est pas d’aller au clash, ait une chance de l’emporter. »

Le Républicain lorrain n’est pas d’accord : « Nicolas Sarkozy ne sort pas en triomphateur d’un congrès fondateur moins enthousiaste qu’annoncé, et perturbé par des huées inconvenantes. L’adhésion dont il bénéficie parmi les Républicains est loin d’égaler celle dont il faisait l’objet avant et pendant la campagne présidentielle de 2007. Ce n’est plus 'moi et les autres'. Désormais les autres ont un visage, un discours et une ambition qu’ils n’ont pas l’intention de brader. La place de champion de la droite pour 2017 est toujours à prendre. »

Et parmi ces « autres » : Alain Juppé… « Au lendemain d’une grand’messe ratée à la Villette, celui qui s’en sort avec panache, c’est Juppé, estime Le Courrier Picard. Dès hier matin, il commentait en parlant de Sarkozy : 'Il a le parti ; j’ai l'opinion'. Il enfonçait le clou : 'Le vocabulaire excessif, ce n’est pas mon genre'. Juppé a traversé le désert pendant un long, très long moment. Il a, comme Chaban autrefois, retrouvé ses forces sur ses bases, pour mieux revenir à la charge. Bordeaux l’adule. La France n’en finit plus de le découvrir. »

« Le rouleau-compresseur Sarkozy va-t-il écrabouiller le petit caillou Juppé qui se glisse sous ses talonnettes ? », s’interroge Le Midi libre. « Le Congrès vient d’en faire la démonstration : si les Républicains ont chassé l’UMP de leur mémoire et glorifié leurs nouveaux statuts, les rivalités entre l’ex-Président et l’ex-Premier ministre restent, elles, aussi violentes que d’actualité. Car passé l’entente cordiale de façade, oublié la poignée de main célébratrice et digéré tant bien que mal les huées téléguidées, le marathon de la présidentielle 2017 promet un duel sans merci. »

Simplifiez !

A la Une également, la simplification… Simplification de la vie des entreprises tout d’abord. « Le gouvernement va annoncer ce lundi une nouvelle vague de mesures de simplification, la quatrième depuis 2012. Elle concerne plus particulièrement les industriels, pointent Les Echos. De nombreuses déclarations vont être unifiées ou allégées et des procédures simplifiées, notamment pour les sites à risque. Et il sera désormais possible à une entreprise de faire trancher un même litige par une seule juridiction. »

Alors, c’est bien, estime le quotidien économique, mais ça n’est pas assez… « Les deux dernières années n’ont fait que montrer combien la montagne est haute et qu’il faudrait en réalité passer la surmultipliée, ce qui n’est pas le cas. Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat à la simplification, raconte lui-même qu’un préfet recevait 10.000 pages d’instructions par an il y a quinze ans et que ce chiffre est désormais de 80.000. A constater le chemin de croix que constitue la simplification de la feuille de paie, on devine que celle du Code du travail et du droit fiscal n’est pas non plus pour demain. »

En tout cas, cette simplification va toucher également les particuliers. Ce qui va se traduire par « encore moins de paperasse », se félicite Le Parisien. Les principales mesures qui seront dévoilées ce lundi toucheront, croit savoir Le Parisien, des secteurs aussi différents que les logements sociaux, les bulletins de paye des fonctionnaires, les congés payés, ou encore les déclarations d’arrêt maladie.

Commentaire du journal : « asphyxiés par cette paperasse que notre administration a depuis toujours presque sanctifiée, on ne boudera pas cette bonne nouvelle : la simplification administrative nous donne enfin un peu d’air. Moins de formulaires à remplir ; moins de temps perdu à faire la queue d’un bureau à l’autre, le ticket à la main, avec cet étrange et extraordinaire sentiment d’impuissance qui saisit n’importe quel citoyen face au fonctionnaire. (…) Alors, cette réforme, on l’applaudit bien fort. »

Le nouveau Libé

Ravalement de façade ce lundi pour LibérationLibération propose à ses lecteurs une nouvelle formule : nouvelle mise en page, nouvelle police de caractère pour les titres, nouvelles rubriques, des articles courts ou alors des enquêtes ou reportages sur la longueur. Cette « nouvelle formule, écrit Libé, entend défendre, avec des outils réinventés, les valeurs d’un journalisme libre, critique et impertinent, et qui repense radicalement les liens entre le quotidien papier et le site Libération.fr. »

Pour le premier numéro « nouvelle formule », Libération a choisi d’ouvrir sur un film-phénomène : La Loi du marché de Stéphane Brizé, dont l’acteur principal, Vincent Lindon a été primé à Cannes et qui cartonne dans les salles.

« Le chômage superstar », titre Libé, un brin provocateur. En effet, explique-t-il, « le succès de ce film éclaire le malaise d’une société qui culpabilise ses chômeurs en leur demandant de justifier leur condition de démunis. »

Commentaire du journal : « le travail est un droit. Dans les faits, il est devenu dans plusieurs pays une sorte de privilège. Pire : l’individualisme contemporain impute désormais la responsabilité du sous-emploi non aux failles de la politique économique ou à la dureté des règles du marché, mais aux chômeurs eux-mêmes. De plus en plus, en ces temps de compétitivité obsessionnelle, celui qui est rejeté pense qu’il est fautif, qu’il présente mal, qu’il n’est pas adapté, qu’il ne fait pas assez d’efforts. (…) Pourtant, les remèdes existent, hors des carcans idéologiques, estime Libération. Soutien européen à l’activité, investissements collectifs, réforme - sociale - du marché de l’emploi : on dit qu’on a tout essayé alors qu’on n’a rien tenté à fond et que les orthodoxies et les conservatismes le plus souvent triomphent. »

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