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Aujourd'hui l'économie

L’Espagne veut plus d’Europe

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Le roi d'Espagne Felipe VI et sa femme Letizia sur le perron de l'Élysée avec le président François Hollande et la ministre de l'Écologie Ségolène Royal, le 2 juin 2015.
Le roi d'Espagne Felipe VI et sa femme Letizia sur le perron de l'Élysée avec le président François Hollande et la ministre de l'Écologie Ségolène Royal, le 2 juin 2015. REUTERS/Philippe Wojazer

Le roi d'Espagne revient en France pour une visite d'État qu'il avait dû annuler à cause de la catastrophe de la German Wings. C'est une Espagne dans une dynamique de croissance confirmée que le souverain entend incarner et promouvoir à Paris, une Espagne qui attend plus d’Europe pour avancer.

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Les indicateurs économiques sont décoiffant en Espagne : la croissance est solide, estimée au premier trimestre à + 2,7 % en moyenne annuelle. La consommation repart. En témoigne le marché automobile, les ventes de véhicules se sont envolées au mois de mai, + 14 %. Le chômage, la plaie de l'économie ibérique, reflue pour le quatrième mois consécutif, a-t-on appris ce matin. Ce pays désintégré par la crise immobilière est donc bien en train de relever la tête. Mais le chemin sera encore long avant que population ne retrouve l'insouciance du début du millénaire.

L'Espagne peu endettée avant la crise s'est brutalement, considérablement appauvrie, si tout va bien, si elle conserve le même élan, elle retrouvera son niveau de vie de 2008... en 2017. Et les séquelles de la crise resteront hélas bien visibles. D'après l'Organisation internationale du travail, le chômage sera encore de 20 % dans 5 ans. Quant à la dette publique, elle continue à grimper, elle représentera cette année l'équivalent du produit intérieur brut.

Cela veut dire que tous les efforts demandés aux Espagnols n’ont pas suffi ?

La cure d'austérité a ses limites. En comprimant les salaires et les dépenses publiques, en rendant le marché du travail plus flexible, Madrid a fait de la dévaluation interne. Les investisseurs étrangers ont apprécié. L'Espagne est devenue un peu l'atelier de l'Europe. Difficile d'aller plus loin dans cette voie. Les Espagnols n'en veulent plus, ils l'ont dit lors des élections régionales en votant pour les nouveaux partis. Et économiquement c'est un calcul risqué.

Les bas salaires impliquent une demande faible, or l'Espagne a besoin du moteur de l'investissement et de la consommation pour résorber son chômage endémique. Faute de politique alternative au niveau national Madrid qui a donné beaucoup de gages à la ligne de l'orthodoxie budgétaire chère à Angela Merkel, milite maintenant pour plus d'intégration européenne, c'est-à-dire plus de solidarité.

Le gouvernement espagnol souhaite une refonte complète de la politique économique de l'Union européenne

Le gouvernement Rajoy a pris sa plume pour formaliser ses propositions dans un document envoyé la semaine dernière aux institutions européennes. Avec des propositions en faveur d’un budget commun, des euro-obligations, plus de liberté de circulation pour les travailleurs : c'est du concret que l'équipe de Mariano Rajoy appelle de ses voeux. Le gouvernement espagnol souhaite aussi que la Banque centrale européenne se soucie à l'avenir de la croissance plutôt que de la seule inflation. Le document prône une plus grande convergence en matière de balance commerciale et de coûts salariaux. Ce courrier révélé par El Pais n'a pas provoqué beaucoup de commentaires à Bruxelles.

Voilà qui en dit long sur l'influence espagnole dans les instances européennes. Madrid a donc besoin de trouver des porte-voix pour mieux se faire entendre. La France pourrait être l'alliée de l'Espagne vers une plus grande intégration européenne. Avec deux grandes figures politiques nées en Espagne, la maire de Paris Anne Hidalgo et le premier ministre Manuel Valls, deux personnalités que le roi rencontre aujourd'hui, le courant devrait passer. Mais face à Berlin, Paris a peut-être adopté une autre stratégie. Ce week-end le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a plaidé en faveur d'une Europe à deux vitesses.

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