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Aujourd'hui l'économie

La Fifa, de la petite association au géant du foot business

Audio 03:24
Sepp Blatter a démissionné de son poste de président de la Fifa le 2 juin 2015.
Sepp Blatter a démissionné de son poste de président de la Fifa le 2 juin 2015. REUTERS/Ruben Sprich
Par : Patricia Lecompte
8 mn

Eclaboussé par des révélations et des scandales de corruption, le président de la Fifa Sepp Blatter a jeté l'éponge mardi 2 juin 2015. Il démissionne de son mandat à la tête de la fédération internationale de football. La Fifa, une petite association qui a grossi comme un ballon de baudruche et conduit au foot business.

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À l'origine la Fifa était une petite association au service du football. Ironie de l'histoire, de par son statut, c'est une association à but non lucratif... qui aujourd'hui est devenue une multinationale ! Plus qu'un succès économique c'est la fulgurance de cette réussite financière qui étonne. Une ascension qui s'explique par l'habilité du maître du football mondial Joseph Sepp Blatter. Preuve de la puissance de celui qui règne sur la planète foot depuis 17 ans. Dès que Sepp Blatter arrive quelque part c'est tapis rouge et réception digne d'un chef d'État.

Des sommes brassées de manière colossale

Puissante et riche, la Fifa regorge d'argent et brasse des milliards de dollars. Son bas de laine c'est la coupe du monde de football et ses sponsors. La Fifa tire 85 % de sa richesse de l'organisation du mondial. Pour la dernière édition au Brésil, la Fédération internationale de football a récolté près de 5 milliards de dollars ! Une somme colossale, au regard de ce qu'elle percevait il y a 10 ans. Le gain a augmenté de 60 %. On comprend mieux que les caisses de la Fifa soient de plus en plus fournies.

Du siège de Zurich, l'homme que l'on dit rusé et habile a fait du grand rendez-vous cathodique planétaire une grande messe mondiale. Et de Coupe du Monde en Coupe du Monde, les droits de retransmissions télé enflent au point de devenir des enchères. Ce sont les télévisions du monde entier qui abondent au pot et c'est la ressource la plus lucrative, loin devant les autres. Le deuxième financement vient des sponsors. Les grandes multinationales sont prêtes à payer très cher pour apparaitre sur les écrans lors du déroulement des matchs. Loin derrière viennent la vente des billets et le merchandising à savoir tous les produits dérivés estampillés Fifa. La dernière Coupe du Monde au Brésil a été une bonne affaire : près de 5 milliards de recettes contre 2,2 milliards de dépenses.

Les conditions d'attribution du mondial pointées du doigt

Des accusations de corruption planent sérieusement autour des dirigeants ; or son fonctionnement est légal, et c'est la ligne de défense de la Fifa dont l'activité est transparente. Ses comptes ne présentent pas d'irrégularité. Là où le bât blesse, c'est sur les conditions d'attribution du mondial aux pays en compétition. Obtenir l'organisation du mondial pour un pays c'est l'assurance de retombées économiques importantes, même si cela nécessite des dépenses élevées. C'est aussi l'occasion de lancer de grands chantiers publics générateurs d'emplois. C'est pourquoi les pays demandeurs sont prêts à accorder des largesses à la puissante Fifa.

Tous les quatre ans, la fédération négocie les conditions d'attribution et ce sont ces dernières qui aujourd'hui font l'objet de toutes les attentions. Les prétendants sont nombreux et les critères pour les départager pourraient s'avérer opaques... Certains dirigeants de la Fifa peu scrupuleux auraient pu se laisser « graisser la patte » par des intermédiaires en vue de leur accorder le Graal. Ce sont ces soupçons de dessous de table, de pression et de corruption qui ont conduit le FBI a lancé une enquête à l'encontre de certains dirigeants de la Fifa. 

Une tempête sur la planète football

Certains sponsors soucieux de leur image menacent de quitter la compétition, pas de quoi inquiéter la Fifa. En bonne gestionnaire, la fédération est loin d'être démunie. Il est peu probable que ces secousses ébranlent ses finances, d'autant qu'elle dispose de réserves suffisantes. Dans ses coffres repose un milliard et demi de dollars, de quoi faire face aux turbulences à venir. Pour autant, c'est tout de même une vraie tempête qui souffle sur la planète football... La Bourse de Doha a chuté à l'ouverture ce matin de 3 %. Les investisseurs s'inquiètent de la remise en question de l'organisation du prochain mondial au Qatar.

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