Les mots de l'actualité

AUSPICES - 16/06/2015

Audio 03:07
Par : Yvan Amar
7 mn

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Un salon du Bourget sous les meilleurs auspices ! (Lire l'article)

Voilà un titre de RFI qui s’explique comme suit : la croissance du secteur aérien est soutenue, et le carnet de commandes des constructeurs bien rempli. Une bonne raison d’être de bonne humeur ; enfin une humeur commerciale. Quant à savoir à quoi serviront les matériels commandés et vendus, c’est autre chose.

Mais enfin cette fête de ce qu’on appelle « le plus lourd que l’air » s’ouvre sous de bons auspices. C'est-à-dire  en fait que c’est bien parti pourrait-on dire de façon plus familière. Le salon s’ouvre sous de bons présages : c’est à peu près la même chose.

Si l’on essaie de dire à l’avance – c'est-à-dire de prédire – ce que sera cette rencontre, les prédictions sont bonnes : tout laisse penser que cette édition sera positive.

En fait c’est simplement que les circonstances, la conjoncture comme on dit, sont favorables. De la déduction, un rien d’intuition peut-être, mais rien de magique là-dedans !

Alors on dit parfois, même si la formule témoigne d’un langage recherché, que telle réunion a commencé sous de bons auspices, sous les meilleurs auspices ou sous de bons augures. Qu’est-ce que c’est que les augures ? Dans la Rome antique, c’était des prêtres qui se vantaient de connaitre l’avenir grâce à un savoir divinatoire, dont ils avaient le secret. Un secret jalousement gardé en général, transmis par initiation, de maître à élève, et de génération en génération. Mais quand même, on en sait un peu sur ces stratagèmes : ce qu’on appelle les augures avaient des techniques.
Et ce mot augure désigne aujourd’hui en français non seulement les personnes chargées de ces offices – à l’époque très anciennes de la Rome antique – mais désigne aussi le présage lui-même qu’on tire de l’observation. On peut donc dire en français d’aujourd’hui que tel ou tel détail est de bon ou de mauvais augure. « Des nuages ce soir : c’est de bon augure pour demain ! Si le ciel est couvert aujourd’hui, il sera bleu demain. »
C’est de bon augure, c'est-à-dire, presque mot à mot : c’est bon signe. Ce sont en effet des signes qu’on interprète. Et les auspices ont un peu la même fonction.

Toute cette science augurale tournait largement les yeux vers le ciel : l’origine du tonnerre et des éclairs, situés à l’est ou à l’ouest, étaient interprétée d’une certaine façon. De même les vents, leur force et leur orientation, etc.

Mais c’est surtout les oiseaux qui intéressaient nos augures. L’augure traçait dans le ciel un cercle imaginaire. Selon que les premiers volatiles à s’y risquer arrivaient de droite ou de gauche, les présages étaient bons ou mauvais. Et c’était surtout juste avant d’engager une bataille qu’on se livrait à ces observations. Mais tout autant pouvait-on regarder à terre : on examinait également les entrailles des bêtes sacrifiées pour déterminer si les dieux soutenaient ou pas l’entreprise qu’on était sur le point de commencer.


Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du réseau CANOPÉ.
http://www.reseau-canope.fr/

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