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L'Épopée des musiques noires

Montréal honore les gardiens du temps

Audio 46:00
Hommage à B.B. King.
Hommage à B.B. King. Montréal Jazz Festival

Depuis la disparition du «Roi du Blues», B.B King, le 14 mai 2015, l'impérieuse nécessité d'écouter les anciens devient une mission patrimoniale d'envergure. Transmettre un savoir, des connaissances, un héritage culturel, suppose l'intérêt de la jeune génération et la générosité de créateurs aguerris dont le discours nourrit notre présent. Chaque année, les différents festivals planétaires se font un devoir d'inviter quelques figures légendaires pour magnifier leurs affiches et donner aux publics les clés d'une aventure artistique instructive et palpitante.

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James Cotton.
James Cotton. © John McCabe

Le Festival International de Jazz de Montréal a accueilli, cette année, d'éminentes personnalités qui, chacune dans leur discipline, ont écrit des chapitres entiers de «L'épopée des Musiques Noires». Malgré l'absence du vétéran, Taj Mahal, la soirée du 27 juin 2015 fut l'occasion de célébrer la vigueur de la culture noire américaine incarnée par l'harmoniciste James Cotton (80 ans) et la force expressive d'un ambassadeur du blues européen, John Mayall (81 ans). Preuve que l'expérience des aînés peut aisément rivaliser avec la fougue des jeunes pousses.  

Oliver Jones.
Oliver Jones. Montréal Jazz Festival

Quel bonheur d'applaudir également le pianiste Harold Mabern (79 ans), pilier de l'histoire du jazz qui partagea la scène avec les héros d'antan, Miles Davis, Lionel Hampton, Wes Montgomery, Sarah Vaughan ou Joe Williams, et qui se plaît à raconter son histoire en musique sans se soucier de son âge ou de son image flétrie. C'est justement grâce à l'un de ses anciens élèves, le saxophoniste Eric Alexander, que le fringant septuagénaire a conservé le goût pour la scène, l'envie de se confronter à la jeune génération, sans renier ses origines et son parcours tumultueux.
 

Harold Mabern.
Harold Mabern. Montréal Jazz Festival

Et que dire de Wayne Shorter (81 ans), ancien partenaire de Miles Davis, créateur avec Joe Zawinul du groupe Weather Report, virtuose absolu d'un jazz libre et en constante évolution ? Comment ignorer le pianiste Abdullah Ibrahim (80 ans) dont le jeu subtil semble apaiser les soubresauts d'une vie rythmée par les horreurs de l'Apartheid ? Et Ron Carter (78 ans) ? Et Oliver Jones (80 ans) ? Ces vaillants représentants d'une époque glorieuse et toujours vivace sont les gardiens de notre mémoire. Ils portent un message musical qui résiste à l'érosion du temps et nourrit notre quotidien.
 

Leurs héritiers ou disciples ont également un rôle essentiel à jouer… Ils entretiendront la flamme et pérenniseront la musicalité de leurs aînés. La chanteuse canadienne Molly Johnson en est parfaitement conscience. Lors de sa prestation à Montréal, le 28 juin, elle interpréta avec révérence et délicatesse les œuvres de sa marraine de cœur, l’illustre Billie Holiday dont on célèbre le centenaire en 2015. Une autre façon de choyer un répertoire précieux finalement intemporel.

www.montrealjazzfest.com

 

Montréal Jazz Festival

 

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