Revue de presse Afrique

A la Une: la mort de Mohamed Ali ag Wadoussène

Audio 04:39
© AFP/Pius Utomi Ekpei

Publicité

Son visage allongé au nez pointu fait la Une de la presse malienne. « Le narcoterroriste et non moins sous traitant d’Aqmi, Mohamed Ali ag Wadoussène, relâché le 9 décembre 2014 en échange de la libération de l’otage français Serge Lazarevic, a été tué dimanche dernier lors d’un raid mené par Barkhane dans le massif du Teghargar », annonce L’Indépendant. Deux de ses acolytes ont pu être capturés. « Wadoussène paie enfin son crime ! », s’exclame Le Reporter, qui rappelle que « le terroriste s’était évadé de la prison centrale de Bamako en juin 2014 et avait tué de sang froid le gardien de prison, Kola Sofara ».

« Personne ne pleurera ce criminel qui a kidnappé, vendu, assassiné lui-même et fait assassiner », renchérit Le Républicain. Toutefois, s’interroge le journal, « comment Wadoussène a-t-il pu succomber là où ses deux acolytes ont eu la vie sauve ? Peut-être était-il de ces durs à cuire qui ne se font pas prendre vivant et dont la mort protège pas mal de personnes. » En tout cas, pointe Le Républicain, « vivant, le bandit de grand chemin aurait pu éclairer plusieurs lanternes. Notamment celle des sécuritaires et des juges. Son témoignage aurait sans aucun doute aidé à mieux connaître la nébuleuse qui l’employait, les hommes, les logiques et les plans. Nous aurions pu savoir un peu plus sur ce qui s’est passé réellement le 24 novembre 2011 à Hombori où il choppa les " géologues " Verdon et Lazarevic, en vérité, estime le journal, pas plus géologues qu’il n’y a d’harmattan en Alaska. »

Double justice

Pour le quotidien burkinabé Aujourd’hui , la mort de Wadoussène « est une double justice, pour le gardien de la prison de Bamako, mais aussi, pour nos deux confrères de RFI, puisque l’oncle de Wadoussène, Sedane ag Hita, membre d’Aqmi, est cité comme l’un des commanditaires de l’enlèvement et de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux reporters de RFI, le 2 novembre 2013 à Kidal. (…) Lentement, sûrement et implacablement, pointeAujourd’hui, Barkhane est en train de débarrasser les dunes du sable malien des coupe-jarrets drapés sous les oripeaux des fous d’Allah. Une à une, les têtes des Katiba tombent : après Abdelkrim al-Targui, à la mi-mai, c’est donc au tour d’une grande tête couronnée du terrorisme du Sahel de mordre le sable. Sale temps pour ces terroristes qui ensanglantent la bande sahélo-saharienne. »

Le Pays, toujours au Burkina, adresse un satisfecit aux soldats français : « Bravo à l’armée française qui ne cesse de traquer les jihadistes tapis dans le septentrion malien. En tuant ce responsable d’Aqmi, la France se débarrasse d’un ennemi redoutable. Elle enlève, du même coup, une grosse épine du pied du président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Car, faut-il le souligner, depuis la signature de l’accord d’Alger par les groupes rebelles du Nord-Mali, on assiste à une recrudescence des attaques terroristes perpétrées par Aqmi et ses alliés contre le Mali, dont les dernières en date auront coûté la vie à cinq Casques bleus burkinabè. »

Pas de triomphalisme !

Attention toutefois, prévient L’Observateur Paalga, « lorsque l’une des têtes (de l’hydre terroriste) est coupée, d’autres repoussent invariablement pour venger celle qui vient de rouler dans le sable. Un éternel recommencement qui rend plus que jamais nécessaire la présence sur place et de manière durable, des forces onusiennes et françaises pour assurer le service après-vente des accords d’Alger fraîchement signés. »

En effet, renchérit le site d’information guinéenLedejely.com, « attention au triomphalisme ! (…) La disparition de Wadoussène ne doit pas être perçue comme une victoire sur le terrorisme, en tant que telle. La menace demeure et continue d’essaimer. Contrairement à ce que de pseudo-spécialistes voudraient faire croire, le terrorisme sahélien n’est pas un serpent dont on peut se débarrasser tout simplement en lui coupant la tête. Il s’agit plutôt d’une menace qui se décompose en plusieurs groupuscules plus ou moins autonomes les uns vis-à-vis des autres. (…) Les stratèges du phénomène terroriste s’appuient de plus en plus sur de jeunes combattants, recrutés et endoctrinés sur le tas. Mettant à profit la misère et la précarité qui tenaillent très souvent les jeunes désœuvrés, ils n’ont aucun mal à leur bourrer le cerveau de manière à en faire des bombes humaines prêtes à répandre le plus de sang possible. (…) Dans le contexte d’une telle évolution, conclut Lejely.com, la mort de Wadoussène ne peut être qu’une victoire symbolique. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail